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Refonte judiciaire : Réunion d’urgence de cinq heures à la Histadrout

Pressé par les adversaires du projet qui lui demandent de lancer une grève générale, le chef du syndicat a indiqué que "de nouvelles initiatives" pourraient être annoncées dimanche à 16h

Le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David, annonçant une grève générale pour protester contre la refonte judiciaire, lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 27 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David, annonçant une grève générale pour protester contre la refonte judiciaire, lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 27 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La Histadrout, le plus puissant syndicat d’Israël, a organisé une « réunion d’urgence » de cinq heures, samedi soir, pour discuter des éventuelles initiatives à prendre alors que la coalition est déterminée à faire adopter son tout premier projet de loi dans le cadre du plan de refonte du système israélien de la justice – un projet qui fait face à une opposition publique massive. La Histadrout a annoncé que si aucun compromis n’était trouvé dimanche à 16 heures, elle pourrait annoncer la tenue d’une grève nationale des travailleurs.

Le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David, fait face à des pressions intenses de la part des opposants au projet de refonte judiciaire, qui lui demandent de lancer une grève générale pour stopper l’avancée au parlement du projet de loi qui prévoit de limiter les capacités des juges à réexaminer les décisions gouvernementales.

Une rencontre qui a compris d’autres responsables de la Histadrout et Dov Amitaï, chef de la Israeli Presidency of Business Organizations. Selon des informations qui ont été communiquées vendredi, Bar-David et Amitaï ont récemment rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour tenter de trouver un accord de compromis.

Dans un communiqué émis après deux heures du matin, Bar-David et Amitaï ont émis une déclaration conjointe qui a été reprise par les médias israéliens et qui disait qu’ils avaient soumis une proposition à Netanyahu – et aux leaders de l’opposition – concernant l’ébauche d’un compromis portant sur le projet de loi sur la « raisonnabilité » et qu’ils étaient actuellement engagés dans des négociations avec les deux parties.

« Si les deux parties ne trouvent pas une solution mutuellement acceptée et conforme à notre proposition, nous nous réunirons dimanche à 16 heures pour prendre des décisions concernant d’autres initiatives », ont-ils fait savoir.

Ce sont des dizaines de chefs d’entreprises qui ont aussi appelé le gouvernement de Netanyahu à stopper l’avancée, à la Knesset, du projet de loi visant à limiter l’influence du système judiciaire qui, en Israël, est un contre-pouvoir déterminant face à la Knesset et face au gouvernement. Aussi Israël n’a pas de constitution et il est relativement facile de modifier des Lois dites fondamentales, qui ont une valeur quasi-constitutionnelle.

Le Business Forum a organisé une rencontre à Tel Aviv, dimanche soir, pour débattre de sa stratégie de soutien au mouvement.

Une partie essentielle de la discussion qui a eu lieu entre les 70 personnalités du monde de l’entreprise – propriétaires de banques, de centres commerciaux ou de chaînes de prêt à porter – a été de déterminer le niveau de soutien qu’ils étaient prêts à offrir aux manifestants qui s’opposent au projet de refonte du système de la justice et qui ont organisé des manifestations massives contre le gouvernement, depuis le mois de janvier.

Dans un communiqué, le groupe d’entrepreneurs a sommé le gouvernement « de stopper l’avancée de la législation unilatérale et d’empêcher les dégâts irréversibles commis à l’économie israélienne en raison de la fracture qui divise la nation et en raison de la perte de confiance des investisseurs dans l’économie israélienne ».

Il a également noté qu’ « après l’arrêt de la législation, nous appelons la coalition et l’opposition à revenir immédiatement à la table des négociations, ce qui permettra de trouver un accord ».

Le chef de HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, arrive pour une réunion avec les propriétaires des plus grandes entreprises israéliennes consacrée au projet de refonte radicale du système judiciaire israélien à Tel Aviv, le 16 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

A la fin du mois de mars, le syndicat s’était joint à une grève générale d’une journée qui avait été entraînée par la décision prise par Netanyahu de limoger son ministre de la Défense, Yoav Gallant, qu’il avait ensuite réintégré à ses fonctions. Gallant avait appelé à mettre en pause le plan de refonte controversé dans un contexte de troubles croissants. La grève avait été interrompue dans la même journée, après que Netanyahu a accepté de suspendre le projet de refonte du système judiciaire israélien pour ouvrir la porte à des négociations avec l’opposition.

Mais des mois de négociations avaient échoué à entraîner un accord et la coalition de droite, d’extrême-droite et religieuse de Netanyahu a récemment décidé de relancer son projet controversé qui bouleverserait radicalement le système de la justice de manière unilatérale.

Elle souhaite aujourd’hui faire adopter en deuxième lecture et en troisième lecture un texte de loi qui interdirait aux juges de réexaminer les décisions prises par le cabinet et par les ministres à l’aune de la « raisonnabilité ».

Ces dernières semaines, Bar-David a rejeté les appels le sommant de brandir la menace de la grève, précisant que ce genre d’outil n’était pas à prendre à la légère.

La chaîne Kan a annoncé, il y a quelques jours, que Bar-David avait déclaré lors d’une rencontre des leaders de la Histadrout qu’il n’appellerait pas à la grève en signe de protestation contre la loi sur la « raisonnabilité. »

Il a toutefois vivement recommandé à Netanyahu « de mettre un terme au chaos », disant que la Histadrout pourrait passer à l’acte en cas d’escalade.

Lors d’une conférence à Tel Aviv, au début du mois, Bar-David en a appelé directement à Netanyahu dans un discours public : « Mettez un terme à ce chaos dément au sein de la société israélienne aussi vite que possible. Quand la situation atteindra un extrême et que toutes les autres voies auront été explorées, alors nous interviendrons et nous utiliserons notre pouvoir ».

Le porte-parole de la Histadrout, Peter Lerner, a indiqué au New York Times que « l’option de la grève générale est sur la table ».

« Nous assumons des responsabilités à l’égard des droits des travailleurs », a ajouté Lerner. « Nous assumons des responsabilités à l’égard de la société israélienne. Nous avons appelé le Premier ministre à mettre un terme au chaos et à négocier avec les acteurs concernés et c’est ce que nous attendons. si ce n’est pas le cas, nous avons le pouvoir de lancer une grève ».

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