Regroupement familial palestinien : Le vote encore reporté, sur fond de discorde
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Regroupement familial palestinien : Le vote encore reporté, sur fond de discorde

Les députés de l'opposition ont provoqué un esclandre lors de la réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, après que le projet de loi a été retiré de l'ordre du jour

La députée Idit Silman (2e à gauche), présidente de la commission des arrangements de la Knesset, dirige une réunion de la commission à la Knesset à Jérusalem, le 23 juin 2021. (C'rédit : Yonatan Sindel/ Flash90)
La députée Idit Silman (2e à gauche), présidente de la commission des arrangements de la Knesset, dirige une réunion de la commission à la Knesset à Jérusalem, le 23 juin 2021. (C'rédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le projet de loi prorogeant une loi interdisant le regroupement familial des Palestiniens a de nouveau été retiré de l’ordre du jour d’une réunion de la commission de la Knesset dimanche, en raison d’un différend qui compromet son adoption.

La disposition, qui a été renouvelée chaque année depuis 2003, bloque l’octroi automatique de la citoyenneté aux Palestiniens qui épousent des citoyens israéliens. Le nouveau gouvernement diverge sur la question, et si la plupart des députés de l’opposition soutiennent la loi en principe, ils ont refusé d’intervenir pour la soutenir dans l’espoir de mettre à mal le nouveau gouvernement. La législation actuelle expire le 6 juillet.

Lors d’une réunion de la commission des Arrangements de la Knesset dimanche, la présidente de la commission, Idit Silman (Yamina), a reporté un vote sur l’avancement du projet de loi à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, lorsqu’il est devenu évident qu’il n’y avait pas de majorité pour le faire. Les membres de l’opposition ont commencé à crier en réponse : « Lâches, lâches, lâches ! »

Le député du Parti sioniste religieux Itamar Ben Gvir a été expulsé de force de l’audience de la commission car il refusait d’arrêter de crier.

Les membres de l’opposition avaient initialement l’intention de boycotter les débats de la commission, affirmant qu’il était injuste de les organiser le 17 Tamouz, jour de jeûne dans le calendrier juif. Les députés ont fini par y assister, car ils ont été informés qu’un vote sur la loi de réunification serait organisé, avant d’être furieux lorsque celle-ci a été retirée de l’ordre du jour.

« C’est un comportement inadmissible », a proclamé le député du Likud Miki Zohar. « Vous vous ridiculisez en nous faisant venir ici un jour de jeûne et en nous disant ensuite que l’ordre du jour a changé. »

Le député du Parti sioniste religieux Itamar Ben Gvir hurle lors d’un événement intitulé « 54 ans après : de l’Occupation à l’Apartheid », organisé à la Knesset le 22 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

La députée du Likud May Golan a également été expulsée de l’audience de la commission pour comportement indiscipliné, tout comme la députée du Parti sioniste religieux Orit Strock.

Golan a traité la députée Meretz Gaby Lasky de « haineuse d’Israël » et a déclaré que Lasky, une avocate des droits de l’homme, « représentait des meurtriers terroristes avec du sang sur les mains ». Strock a ensuite interpellé le député Yamina Nir Orbach au sujet de l’éventuelle évacuation prochaine de l’avant-poste d’Evyatar en Cisjordanie.

« La présidente de la commission piétine toutes les règles qui existent », a déclaré Michael Malchieli, élu du parti Shas, sur la radio de l’armée après l’audience. « Chaque membre de l’opposition qui s’exprime est mis à la porte. »

Avant d’être exclu de la commission, Ben Gvir a échangé des insultes avec le député Raam Walid Taha. Ben-Gvir a traité Taha de « partisan du terrorisme » qui « est favorable au fait de nuire aux soldats de Tsahal ». Taha a qualifié Ben Gvir de « déchet » qui est « inapte » à siéger à la Knesset, ainsi que de « dictateur, terroriste ».

Taha, membre de la coalition, a déclaré qu’il voterait contre l’extension de la loi sur le regroupement familial palestinien. Plusieurs législateurs du Meretz, ainsi que la députée travailliste Ibtisam Maraana, ont indiqué qu’ils ne soutiendraient pas la législation à moins qu’elle ne soit modifiée.

Walid Taha, député de Raam, à une réunion de la commission des Arrangements de la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pour le nouveau gouvernement, qui a une majorité très mince contre l’opposition à la Knesset, l’opposition d’un seul député de la coalition pourrait suffire à bloquer le projet de loi.

Cela signifie que le gouvernement pourrait avoir besoin des partis d’opposition de droite pour l’aider à faire passer le projet de loi. Selon un reportage télévisé diffusé vendredi, des représentants du gouvernement se sont efforcés de négocier avec le parti islamiste Raam afin de trouver une solution permettant à la législation d’avancer.

Selon la proposition de compromis, la « loi sur le regroupement familial » ne sera pas modifiée et des centaines de Palestiniens qui ont épousé des Israéliens avant que la législation ne soit approuvée en 2003 recevront la résidence mais pas la citoyenneté, selon la Douzième chaîne.

La chaîne a déclaré que Raam préférerait s’abstenir plutôt que de voter pour l’extension de la loi.

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