Rivlin : Gaza sur le point de s’effondrer, une épidémie à l’horizon
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Rivlin : Gaza sur le point de s’effondrer, une épidémie à l’horizon

Après avoir visité la zone frontalière, le président a appelé la communauté internationale à faire pression pour que le Hamas prenne ses responsabilités

Le chef d'Etat-major et le président Reuven Rivlin durant une visite de la zone frontalière de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : Mark Neiman / GPO)
Le chef d'Etat-major et le président Reuven Rivlin durant une visite de la zone frontalière de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : Mark Neiman / GPO)

La bande de Gaza est proche de l’effondrement humanitaire et Israël est le seul pays fournissant à ses habitants les produits essentiels de base, a déclaré le président Reuven Rivlin dimanche après avoir visité la zone qui entoure l’enclave côtière.

« Gaza est sur le point de s’effondrer », a-t-il averti. « Le moment approche où les infrastructures à Gaza vont s’effondrer, laissant de nombreux civils dans la détresse, sans conditions sanitaires, exposés à la pollution, à l’eau non-potable et aux épidémies ».

« Le monde entier doit savoir et comprendre que ceux qui empêchent toute réhabilitation, c’est le Hamas. Israël est le seul pays dans la région qui, quelle que soit la situation, transfère des produits de base aux résidents de Gaza de façon à ce qu’ils puissent nourrir leur corps et leur esprit », a ajouté Rivlin.

« Nous ne tolérerons pas d’être blâmé. J’appelle pour ma part toutes les nations du monde, toutes celles qui peuvent avoir et qui ont de l’influence, à faire pression sur ceux qui gouvernent Gaza, à faire pression sur le Hamas pour qu’il prenne ses responsabilités face à ses actions et à la vie de sa population ».

Des enfants palestiniens transportent des bidons d’eau dans le camp de réfugiés d’al-Shati dans la ville de Gaza le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED)

Au moins quatre Gazaouis sur dix sont au chômage, contre deux sur dix en Cisjordanie (le taux de chômage en Israël s’élève approximativement à 4,3 %).

La croissance démographique de la bande de Gaza connait une telle expansion qu’en 2030, les territoires palestiniens auront besoin d’un million de nouveaux emplois simplement pour maintenir le taux de chômage à son niveau actuel, a fait savoir une étude récente des Nations unies.

« Nous sommes sur une spirale descendante en particulier à Gaza et les choses ne cessent d’empirer », a déclaré Anders Thomsen, directeur du fonds de la population dans les territoires palestiniens de l’ONU lorsque le rapport a été publié. « Si cela continue, on peut bien sûr imaginer que se développera un environnement propice à la radicalisation et aux conflits – et je pense donc qu’il faut l’éviter ».

Les foyers gazaouis ne bénéficient que de six heures d’électricité par jour et ils sont obligés de boire de l’eau en bouteille, les infrastructures chargées de la purification de l’eau étant dans un état de délabrement avancé.

Les salaires mensuels pour ceux qui travaillent sont bas en moyenne – 1 600 shekels (un peu plus de 400 dollars) – contre 2 000 shekels en Cisjordanie. La pauvreté est omniprésente.

Malgré le manque de services, les habitants de Gaza sont obligés de payer de multiples impôts sur les biens – une taxe revient à l’Autorité palestinienne et une autre est versée à la trésorerie du Hamas.

Les Palestiniens passent du temps sur une plage, à côté des eaux polluées, à Gaza, le 3 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo/Mahmud Hams)

Il y a seulement une semaine, les perspectives des Palestiniens se sont encore assombries lorsque les Etats-Unis ont décidé de bloquer la somme de 65 millions de dollars qui devait être versée à l’agence de secours pour les Palestiniens des Nations unies (UNRWA), affirmant que l’organisation avait besoin d’un « réexamen fondamental ». Vendredi, Washington a annoncé qu’une somme supplémentaire de 45 millions de dollars ne serait pas non plus débloquée, un montant qui devait servir à l’aide alimentaire dans le cadre de l’Appel Cisjordanie/Gaza lancé par l’UNRWA le mois dernier.

Expliquant la décision de ne pas verser cet argent, la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert a déclaré jeudi que les 45 millions de dollars n’avaient pas été garantis.

« Nous ne les fournirons pas aujourd’hui, mais cela ne signifie pas – que ce soit bien clair – cela ne signifie pas qu’ils ne seront pas versés à l’avenir », a dit Nauert.

« L’argent qui rentre de la part des autres pays doit continuer à augmenter et ils doivent également continuer à payer pour tous ces réfugiés », a-t-elle dit, ajoutant que l’agence de l’ONU devait être réformée.

Mercredi, le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a déclaré que la décision américaine de geler ce financement avait pour objectif d’anéantir la question globale des réfugiés palestiniens.

« Cette décision touche l’éducation et la santé des Palestiniens et vise à éradiquer la question des réfugiés », a dit Gheit lors d’une conférence au Caire consacrée à Jérusalem.

Washington est le contributeur le plus important de l’agence de l’ONU.

Alors qu’on évoquait devant lui le travail effectué par les militaires pour empêcher le Hamas de creuser des tunnels, Rivlin a accusé les gouvernants de l’enclave de négliger le bien-être des Gazaouis, de refuser de reconnaître le droit à l’existence d’Israël et d’utiliser des tentatives de réconciliation, jusque-là manquées, avec l’Autorité palestinienne en Cisjordanie pour simplement réaliser encore « un pas vers l’avancée de la guerre ».

L’Etat juif construit une barrière souterraine massive de 65 kilomètres qui entourera la bande de Gaza pour mettre un terme à la menace que représentent les tunnels d’attaque souterrains. Elle devrait être terminée avant la fin de l’année 2019.

« Nous ne prendrons pas de repos jusqu’à ce que le calme soit revenu, jusqu’à ce que nous ayons construit une barrière de fer, un mur de fer, qui avec le Dôme de fer [le système de défense anti-aérien d’Israël, utilisé pour contrer les roquettes lancées depuis l’enclave] défendra les résidents de ceux qui leur veulent du mal », a dit Rivlin. « Le jour viendra où ils comprendront que nous sommes là, que nous y resterons et que nous nous épanouirons ».

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