Rencontre entre Netanyahu et Poutine sur la coordination en Syrie
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Rencontre entre Netanyahu et Poutine sur la coordination en Syrie

Le Premier ministre a déclaré au cabinet qu'il s'est entretenu avec le président russe, qu'il rencontrera prochainement dans un contexte de crise des systèmes de missiles

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu  lors de la rencontre hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 7 octobre 2018 (Crédit :  AFP / POOL / ABIR SULTAN)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la rencontre hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 7 octobre 2018 (Crédit : AFP / POOL / ABIR SULTAN)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche qu’il rencontrerait en personne le président russe Vladimir Poutine pour aborder la question de la coordination de leur engagement en Syrie, sur fond de tensions après l’affaire de l’avion militaire russe abattu.

Cette annonce de Netanyahu a eu lieu tandis que les liens avec Moscou se sont tendus en raison de la livraison récente par la Russie de son système de défense antiaérien avancé S-300 en Syrie. L’Etat juif et les Etats-Unis s’inquiètent que la présence de ce système ne complique les efforts israéliens en cours visant à empêcher l’Iran d’ancrer davantage son implantation militaire en Syrie et de transférer des armes au Hezbollah.

Netanyahu, qui s’exprimait en ouverture du conseil des ministres, a déclaré : « Je me suis entretenu avec le président Poutine il y a un instant ».

« Nous avons convenu de nous prochainement afin de continuer l’importante coordination sécuritaire » entre les deux armées, a-t-il ajouté. « Israël agira à chaque fois que cela sera nécessaire pour empêcher l’Iran d’établir une présence militaire en Syrie et pour déjouer le transfert d’armes létales au Hezbollah, au Liban ».

Les deux hommes s’étaient rencontrés pour la dernière fois au mois de juillet à Moscou, évoquant également la situation en Syrie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), rencontre le président russe Vladimir Poutine à Moscou, le 11 juillet 2018. (Ministère israélien des Affaires étrangères)

Selon un communiqué du Kremlin, Netanyahu a appelé le président russe à l’occasion de son anniversaire.

La rencontre entre Netanyahu et Poutine serait la première depuis qu’un avion militaire russe a été abattu par erreur par la défense antiaérienne syrienne, après un raid israélien en Syrie, le 17 septembre.

Les deux dirigeants se sont parlés trois fois au téléphone depuis cet incident dans lequel 15 militaires russes ont été tués et les relations entre les deux pays se sont rapidement détériorées.

Même si Poutine a évoqué dans un premier temps auprès des journalistes un « enchaînement de circonstances tragiques », l’armée russe a accusé les pilotes israéliens de s’être servis de l’avion russe comme couverture pour échapper aux tirs syriens après avoir mené leur raid en Syrie, ce qu’a nié l’Etat hébreu.

Selon Israël, l’avion russe a été atteint quand ses appareils avaient déjà regagné l’espace israélien.

La Russie a depuis annoncé de nouvelles mesures de sécurité visant à protéger son armée engagée en Syrie, dont le renforcement de la défense antiaérienne du régime, avec des batteries S-300 et le brouillage des communications d’avions se trouvant à proximité.

Cela fait des années qu’Israël et ses alliés font pression sur la Russie pour que cette dernière ne fournisse pas le système avancé S-300 à la Syrie et à d’autres acteurs régionaux, affirmant qu’il limiterait la capacité d’Israël à neutraliser les menaces, émanant notamment du groupe du Hezbollah, basé au Liban.

Capture d’écran d’une vidéo montrant la livraison de missiles de défense antiaérienne S-300 à la Syrie (Capture d’écran : YouTube)

Le système S-300, considéré comme l’un des plus avancé dans le monde, a un rayon de 200 kilomètres environ, ce qui signifie qu’une batterie placée à proximité de Damas couvrirait une grande partie de l’Etat juif.

La Russie est engagée depuis fin 2015 au coté du régime syrien dans son combat contre rebelles et jihadistes, tout comme l’Iran et le Hezbollah, qui sont deux ennemis d’Israël.

Israël a déclaré de manière répétée que le pays ne permettra pas à l’Iran ou à ses groupes mandataires chiites d’établir une présence permanente dans la Syrie d’après-guerre, lançant de nombreuses attaques sur des cibles qui, selon l’armée, sont une menace pour sa sécurité.

La Russie, qui est l’un des principaux soutiens du président syrien Bashar Assad, a mis en place un mécanisme de « déconfliction » afin d’éviter les accrochages entre les deux armées en Syrie.

Jeudi dernier, le général américain Joseph Votel, qui dirige le commandement central aux Etats-Unis, a qualifié le déploiement russe de S-300 en Syrie « d’escalade inutile ».

Moscou aurait œuvré à ouvrir des canaux de communication entre Jérusalem et Téhéran pour réduire les tensions et les frictions en Syrie. Citant un haut-responsable russe, le quotidien arabe Asharq Al-Awsat, basé à Londres, a fait savoir que cette tentative aurait suivi la décision prise par Moscou de fournir les S-300 au régime d’Assad.

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