La vente russe de S-300 à la Syrie, une « grave escalade » pour Washington
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La vente russe de S-300 à la Syrie, une « grave escalade » pour Washington

Ignorant les protestations israéliennes contre la livraison de batteries de missiles à Damas, Moscou a indiqué avoir terminé leur acheminement vers la Syrie

La porte-parole du département d'Etat Heather Nauert s'exprime pendant un point-presse au département d'Etat américain de Washington, le 9 août 2017 (Crédit : AP/Alex Brandon)
La porte-parole du département d'Etat Heather Nauert s'exprime pendant un point-presse au département d'Etat américain de Washington, le 9 août 2017 (Crédit : AP/Alex Brandon)

Le département d’Etat américain a indiqué mardi ne pas être en mesure de confirmer si la Russie avait livré les systèmes de défenses antiaériens S-300 vers la Syrie, ajoutant que ce serait une « inquiétude » si Moscou devait l’avoir fait.

« J’espère que ce n’est pas le cas », a commenté la porte-parole du département d’Etat américain Heather Nauert aux journalistes réunis à Washington lorsqu’elle a été interrogée sur l’annonce du ministère de la Défense russe affirmant que la délivrance des S-300 au régime de Damas était terminée.

« Cela pourrait être une grave escalade », a dit Nauert.

La Russie a annoncé la semaine dernière qu’elle renforcerait les mesures de sécurité en Syrie suite à l’abattage accidentel d’un avion militaire russe par un S-200, un incident attribué par Moscou à la présence d’appareils israéliens qui volaient à proximité.

Mardi, le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu a indiqué au président Vladimir Poutine dans des propos diffusés à la télévision que quatre lanceurs de S-300, ainsi que des radars et des véhicules de soutien, ont bien été acheminés sur le territoire syrien et confiés aux forces armées.

Le président russe Vladimir Poutine, à droite, et le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu visitent le parc des patriotes de Kubinka, près de Moscou, le 19 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SPUTNIK / Alexey NIKOLSKY)

Israël et les Etats-Unis ont tous deux protesté contre la décision de fournir le système S-300 à la Syrie, qui pourrait grandement compliquer les efforts israéliens en cours visant à empêcher l’Iran de consolider sa présence militaire sur le territoire et à déjouer le transfert d’armes au Hezbollah sur le territoire syrien.

L’Etat juif a mené des centaines de frappes contre des cibles syriennes et iraniennes en Syrie au cours des dernières années, avec des avions-chasseurs qui n’ont rencontré presque aucune opposition de la part des défenses aériennes du pays – même si un F-16 a été abattu par un missile anti-aérien syrien au mois de février dans ce que l’armée a estimé être une erreur professionnelle des pilotes.

Un haut responsable israélien a déclaré samedi que la possession du système S-300 par la Syrie constituait un « défi complexe » pour l’État juif, mais qu’Israël cherchait des solutions afin d’empêcher que la situation devienne une menace majeure pour la sécurité du pays.

« Nous traitons la [décision] de différentes manières, pas nécessairement en empêchant l’expédition [du système anti-aérien] », a indiqué le responsable.

Il a ajouté que, selon lui, le président russe Vladimir Poutine comprenait que, même si Moscou « avait fait un pas, les règles du jeu étaient très vastes », indiquant qu’Israël se réservait le droit de se protéger et qu’il restait soutenu par les États-Unis.

Sur cette photo prise le 27 août 2013, un système de défense antiaérienne S-300 est présenté à l’ouverture du spectacle aérien MAKS à Zhukovsky, aux abords de Moscou, en Russie, le 27 août 2013 (Crédit :AP Photo/Ivan Sekretarev)

Le système, qui est considéré comme l’un des plus avancés du monde, a un rayon de 200 kilomètres environ, ce qui signifie qu’une batterie placée à proximité de Damas pourrait couvrir une grande partie de l’Etat juif.

Vendredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé « irresponsable » la décision de la Russie de fournir à la Syrie le système de défense et a déclaré qu’Israël restait déterminé à poursuivre le processus de déconfliction avec Moscou concernant ses opérations militaires dans la région.

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