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Renforcement de la barrière de sécurité en Cisjordanie par un mur de 9 mètres

Le ministère de la Défense a indiqué que le mur de béton, qui s'étire sur 45 kilomètres depuis Bat Hefer, avait vocation à remplacer une clôture installée il y a plus de 20 ans

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Début des travaux de modernisation d'une section de la barrière de sécurité avec la Cisjordanie, le 21 juin 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)
Début des travaux de modernisation d'une section de la barrière de sécurité avec la Cisjordanie, le 21 juin 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)

Les travaux de construction ont commencé mardi pour renforcer une section de la barrière de sécurité avec la Cisjordanie, quelques mois après une série d’attentats terroristes meurtriers commis par des Palestiniens entrés illégalement en Israël, ont déclaré des responsables de la Défense.

Le ministère de la Défense a précisé que le mur de béton, haut de 9 mètres remplacerait la clôture déployée sur 45 kilomètres depuis une zone du nord de la Cisjordanie jusqu’à la région israélienne de Bat Hefer. Il s’agit de l’une des premières sections de la barrière construite il y a environ 20 ans.

300 millions de shekels ont été alloués au programme en avril dernier.

En avril toujours, les travaux destinés à réparer les brèches de la clôture avaient commencé, suite aux mêmes attentats, perpétrés pour certains par des terroristes originaires du nord de la Cisjordanie, entrés en Israël à la faveur de grands trous dans la clôture.

Le 7 avril, un tireur palestinien, entré en Israël par une brèche dans la clôture, a abattu trois personnes à Tel Aviv. Une semaine plus tôt, un Palestinien qui avait également franchi illégalement la barrière au volant d’un véhicule avait abattu cinq personnes à Bnei Brak. Et le 5 mai à Elad, deux Palestiniens entrés illégalement en Israël ont tué trois personnes dans une attaque à la hache.

« Nous poursuivons nos efforts défensifs dans le nord en renforçant la barrière de sécurité de Judée-Samarie et en fournissant des solutions pour le front intérieur israélien », a déclaré le ministre de la Défense Benny Gantz, dans un communiqué publié mercredi par son cabinet.

Début des travaux de construction pour moderniser une section de la barrière de sécurité de la Cisjordanie, le 21 juin 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)

« Ces mesures font partie intégrante de notre activité opérationnelle. Parallèlement à cela, nous continuerons à intervenir contre toutes les menaces auxquelles nous sommes confrontés afin d’assurer la sécurité des civils israéliens », a-t-il ajouté.

Ces dernières années, des milliers de Palestiniens ont pu entrer pour travailler en Israël, quotidiennement, grâce aux brèches de la clôture.

Mais ces derniers mois, Tsahal a déployé des milliers de soldats dans la zone de contact – une bande de terre cisjordanienne du côté israélien de la barrière – pour empêcher les Palestiniens de traverser illégalement.

La barrière de sécurité avec la Cisjordanie est issue d’une proposition faite dans les années 1990 par le Premier ministre de l’époque, Yitzhak Rabin, qui y voyait un moyen de séparer Israël des Palestiniens. Mais le projet ne s’est alors pas concrétisé, en raison d’une opposition interne.

Ce n’est que durant la deuxième Intifada, confronté à des vagues d’attentats-suicides et d’autres attaques terroristes originaires de Cisjordanie, qu’Israël a ravivé et mis en œuvre le projet.

Il ne manque pas de voix pour attribuer à la barrière le mérite d’avoir contribué à mettre fin au soulèvement, qui a duré de 2000 à 2005, bien que 62 % seulement des 708 km de travaux initialement prévus aient été achevés.

Des membres des forces de l’ordre s’activent pour réparer les trous dans la barrière de sécurité avec la Cisjordanie, le 13 avril 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)

La question de la barrière de sécurité n’est pas sans susciter de controverse : elle a déclenché des manifestations locales et une condamnation internationale, du fait de son tracé, qui passe en Cisjordanie à travers des champs palestiniens réquisitionnés, privant parfois les agriculteurs de leurs terres.

Environ 85 % de la barrière se trouve en Cisjordanie, les 15 % restants longeant la Ligne verte – la ligne de cessez-le-feu d’avant 1967 qui sépare Israël de la Cisjordanie – et l’intérieur du territoire israélien. Le Centre de recherche et d’information de la Knesset estime que la barrière aurait coûté au pays 9 milliards de shekels.

Sur la majeure partie de son tracé, la barrière se compose d’une clôture métallique équipée de caméras de surveillance et de capteurs, protégée par des barbelés et une zone d’exclusion de 60 mètres de large. Dans les zones plus urbaines – par exemple autour de Jérusalem et de Bethléem – il ne s’agit pas d’une clôture, mais d’un mur de béton de huit à neuf mètres de haut.

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