Renseignements américains : Pollard pourrait encore causer des dégâts
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Renseignements américains : Pollard pourrait encore causer des dégâts

L'ancien espion israélien détiendrait peut-être encore des informations pouvant nuire aux Etats-Unis

Jonathan Pollard quitte un tribunal new-yorkais après sa libération de prison, le 30 novembre 2015. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)
Jonathan Pollard quitte un tribunal new-yorkais après sa libération de prison, le 30 novembre 2015. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

La communauté du renseignement américain est en faveur d’une poursuite des restrictions subies par Jonathan Pollard, affirmant que l’ancien espion israélien pourrait encore faire du tort aux intérêts américains en révélant des méthodes et en identifiant des caractéristiques d’atouts américains.

« Les sources et les méthodes [de la communauté du renseignement] doivent être protégées de la divulgation dans chaque situation où un intérêt, une capacité ou une technique de renseignement, s’il venait à être découvert, permettrait à nos adversaires de prendre des contre-mesures réduisant à néant leur efficacité », a déclaré Jennifer Hudson, directrice de la gestion des renseignements pour le bureau du directeur du Renseignement national, dans une déposition du 17 juin.

La déposition, divulguée mardi par le Daily Beast, est la réponse à une demande adressée par les avocats de Pollard à un tribunal fédéral de Manhattan pour assouplir les restrictions de sa liberté conditionnelle. Ses avocats ont avancé les arguments que Pollard, un ancien analyste de la Marine américaine, libéré sous condition de sa peine de prison à vie en novembre dernier, avait été envoyé en prison il y a 30 ans et qu’il ne possédait plus de renseignements pertinents.

Hudson a déclaré que Pollard avait eu accès à des renseignements qui pourraient toujours faire du tort s’ils venaient à être publiés.

« Même si les ressources humaines ne sont pas identifiées par des noms, à la fois des détails descriptifs sur les sources et la nature même des renseignements fournis par la source pourrait révéler son identité puisqu’un nombre restreint des personnes peuvent avoir eu accès à ces renseignements particuliers », a-t-elle déclaré.

Sa déposition suggérait que les agents en place il y a 30 ans pourraient encore faire face à des répercussions aujourd’hui.

« Des révélations de la relation secrète de la source avec le gouvernement américain pourrait entraîner un dommage significatif à la source, sa famille et ses associés, a-t-elle écrit. Même dans le cas où la source n’est plus en vie, de telles divulgations peuvent mettre en danger les vies d’individus avec lesquels la source a été en contact ».

Les avocats de Pollard doivent répondre à une demande de commentaire.

Les conditions restrictives pour la liberté conditionnelle de Pollard incluent de porter un bracelet électronique à la cheville avec un suivi GPS et une surveillance de son ordinateur ou de celui de n’importe quel employeur. Il est également confiné dans sa maison à New York de 19 heures à 7 heures, une situation qui, selon les avocats de Pollard, l’empêche de trouver un travail.

Pollard n’a également pas l’autorisation de rejoindre en Israël sa femme, Esther, avec qui il s’est marié alors qu’il était en prison. Son utilisation d’internet et de son ordinateur est restreinte.

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