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Résolution du différend sur le contenu des voyages éducatifs en Pologne

Selon la ministre sortante de l'Éducation, les problèmes de sécurité seront résolus dans les prochains jours et les élèves reprendront leur voyage annuel de la Marche des Vivants

Des lycéens israéliens pendant la Marche des Vivants à Auschwitz, en Pologne, le 16 avril 2015. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90/Dossier)
Des lycéens israéliens pendant la Marche des Vivants à Auschwitz, en Pologne, le 16 avril 2015. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90/Dossier)

La ministre sortante de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, a informé dimanche son successeur que le différend avec la Pologne, sur le contenu des voyages éducatifs israéliens sur la Shoah – suite auquel les voyages annuels avaient été annulés – avait été résolu. Elle a déclaré que les dernières questions de sécurité seront réglées dans les prochains jours.

Pour sa part, le nouveau ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a annoncé qu’il allait annuler un changement majeur du système scolaire pour lequel Shasha-Biton s’était battue, mais qui n’avait pas encore été mis en œuvre.

« J’ai une surprise pour vous », a déclaré Shasha-Biton à Kisch lors de la traditionnelle cérémonie de passation des pouvoirs qui s’est tenue au ministère de l’Éducation à Jérusalem.

« Au cours des derniers mois, nous avons collaboré avec le Shin Bet [agence de sécurité intérieure] concernant les différends relatifs au contenu et à la sécurité des voyages en Pologne, et nous avons résolu le problème », a déclaré Shasha-Biton.

Shasha-Biton a déclaré que dans les jours à venir, les responsables espèrent également résoudre les problèmes de sécurité.

« J’espère que dans un avenir proche, les efforts porteront leurs fruits et que les groupes [de lycéens] pourront à nouveau partir en voyage », a déclaré Shasha-Biton.

Le nouveau ministre de l’Éducation Yoav Kisch (à gauche) lors d’une cérémonie de passation de pouvoir avec le ministre sortant Yifat Shasha-Biton, au ministère de l’Éducation à Jérusalem le 1er janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussil/FLASH90)

Au mois de juin, Israël avait annulé les voyages éducatifs en Pologne auxquels devaient participer des milliers de lycéens.

Le ministère des Affaires étrangères avait déclaré à l’époque que le gouvernement polonais tentait de contrôler le programme d’études sur la Shoah enseigné aux enfants.

Le ministère des Affaires étrangères n’a fait aucun commentaire sur l’annonce de Shasha-Biton.

Le gouvernement polonais avait refusé d’autoriser les agents de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, assurant la sécurité des voyages, à porter des armes sur son territoire, contrairement à la pratique usuelle, selon un article du site d’information Walla.

L’annulation de la Marche des Vivants avait ravivé les tensions de longue date entre les deux pays concernant le traitement réservé par la Pologne à ses citoyens juifs pendant la Shoah.

Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Pawel Jablonski, avait alors écrit sur Twitter que « la formule actuelle des voyages organisés de jeunes Israéliens en Pologne doit être modifiée en raison de problèmes systématiques conduisant au renforcement de faux clichés, ce qui a un impact négatif sur les relations polono-israéliennes ».

Au mois d’octobre, le ministère de l’Éducation avait mis en garde les entreprises privées contre toute tentative d’organiser des voyages de remplacement pour les étudiants.

Illustration : Des lycéens israéliens en voyage scolaire sur la Shoah, en Pologne. (Crédit : Moshe Milner/GPO/Flash90)

Traditionnellement, les jeunes Israéliens se rendent en Pologne durant l’été entre la Première et la Terminale pour visiter les anciens camps nazis, en apprendre plus sur la Shoah, et rendre hommage aux victimes. Ce voyage a longtemps été considéré comme un rite de passage dans l’éducation israélienne et, avant la pandémie de COVID-19, environ 40 000 étudiants israéliens y participaient chaque année.

La Pologne a été envahie et occupée par le régime d’Adolf Hitler en 1939, et n’a jamais eu de gouvernement collaborationniste. Les membres de la résistance polonaise et du gouvernement en exil ont lutté pour avertir le monde du massacre des Juifs, et des milliers de Polonais ont risqué leur vie pour aider les Juifs.

Cependant, les historiens de la Shoah ont rassemblé de nombreuses preuves attestant du meurtre, par des villageois polonais, de Juifs fuyant les nazis, ou de maîtres-chanteurs polonais s’attaquant à des Juifs sans défense pour en tirer un bénéfice financier. Six millions de Juifs ont été tués par les nazis, et leurs collaborateurs, pendant la Shoah, y compris la quasi-totalité des quelque 3 millions de Juifs polonais. Les principaux camps de la mort nazis se trouvaient en Pologne.

Ces récits contradictoires ont été une source de grande tension entre Israël et la Pologne, qui ont autrement de très bonnes relations.

Le système éducatif doit « renforcer l’identité juive »

Kisch, un député du Likud qui assume son tout premier portefeuille en tant que ministre à part entière, a parlé de l’importance du ministère de l’Éducation de « renforcer l’identité juive », un slogan clé de la nouvelle coalition.

Il a également annoncé qu’il reviendrait sur une réforme du baccalauréat que Shasha-Biton avait tenté de mettre en œuvre.

« Ce n’est un secret pour personne, que nous n’avons pas la même vision et que le ministère de l’Éducation va changer de direction », a-t-il déclaré.

« J’ai l’intention d’agir pour annuler la décision du gouvernement sortant concernant la suppression des études de sciences humaines, notamment la Torah et l’Histoire, du programme du lycée », a déclaré Kisch. « Nous rétablirons ces matières dans les programmes d’enseignement des lycées. »

En réalité, les sujets ne devaient pas être retirés du programme dans les changements annoncés en février 2022, mais plutôt les examens dans ces matières et quelques autres devaient être remplacés par des examens et une notation en interne par chaque lycée.

Lors de son discours, Shasha-Biton a réprimandé Kisch pour ne pas avoir écouté ce qu’elle avait à dire.

« Vous devriez écouter », a-t-elle dit. « Cela vous fera gagner beaucoup de temps à l’avenir. »

« Nous vous avons écouté pendant un an et demi », s’est empressé de répondre Kisch.

Kisch a ajouté qu’il cherchera à instaurer la gratuité de l’enseignement pour tous les enfants âgés de 0 à 3 ans, comme le prévoient les accords de coalition, et qu’il accordera une attention particulière à l’enseignement spécialisé.

Il a déclaré que cette question lui tenait à cœur car son fils, décédé à l’âge de 13 ans, avait des besoins particuliers.

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