Restrictions de voyage vers la Turquie pour les Egyptiennes
Rechercher

Restrictions de voyage vers la Turquie pour les Egyptiennes

Après les hommes, c'est au tour des femmes de subir une nouvelle réglementation sans en préciser les raisons

Des citoyennes égyptiennes soutenant Sissi (Crédit : AFP)
Des citoyennes égyptiennes soutenant Sissi (Crédit : AFP)

L’Egypte a imposé des restrictions pour les Egyptiennes voulant se rendre en Turquie, quelques mois après l’avoir fait pour ses citoyens masculins, a indiqué la police dimanche.

Elles concernent les femmes de 18 à 40 ans et les obligent à obtenir une autorisation de voyage vers la Turquie, sous 72 heures, a indiqué à l’AFP un officier de police, sans préciser les raisons de cette nouvelle réglementation.

Selon un responsable à l’aéroport du Caire, ces limitations sont entrées en vigueur jeudi.

En mars, l’instance représentant l’islam auprès des autorités égyptiennes (Dar al-Ifta) avait mis en garde les Egyptiennes contre les mariages sur internet avec des djihadistes de l’EI, estimant que de telles unions les poussaient vers « l’extrémisme et le terrorisme ».

Le Caire avait mis en place en décembre des mesures similaires pour ses ressortissants masculins de 18 à 40 ans, également applicables aux voyages vers la Libye voisine.

Le but des autorités égyptiennes est d’enrayer le recrutement des groupes djihadistes.

La Turquie est en effet considérée comme le sas d’entrée vers les territoires contrôlés par l’EI en Syrie et en Irak, alors que l’EI a fait son apparition en Libye l’an dernier et que l’Egypte fait également face à la menace djihadiste en son sein même, particulièrement dans la péninsule du Sinaï, où le principal groupe armé a prêté allégeance à l’EI.

Les liens entre Le Caire et Ankara se sont distendus depuis l’éviction en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, soutenu par la Turquie.

Ankara a maintes fois dénoncé la destitution de Morsi comme un « coup d’Etat » alors que le nouveau pouvoir en place en Egypte accuse lui la Turquie de « soutenir le terrorisme ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs qualifié de « retour à l’Egypte antique » les condamnations à mort infligées samedi au Caire à Mohamed Morsi et des centaines d’autres accusés dans une affaire d’évasion de prison et de violences.

Ankara dément les accusations selon lesquelles il ne fait rien pour arrêter le passage par son territoire de combattants voulant rejoindre l’EI en Syrie. La Turquie est un farouche adversaire du régime de Bachar al-Assad, que combattent notamment des groupes djihadiste comme l’EI.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...