Rechercher

Résultats du premier tour des élections législatives dans la 8e circonscription

Meyer Habib, candidat UDI – Les Républicains et Deborah Abisror-De Lieme, candidate d'Ensemble pour la majorité présidentielle s’affronteront le 19 juin

L'assemblée nationale, à Paris, le 7 décembre 2021. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)
L'assemblée nationale, à Paris, le 7 décembre 2021. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)

Le premier tour des élections législatives a eu lieu dimanche 5 juin pour les Français de l’étranger, une semaine avant le premier tour en France. Le second tour aura lieu à la même date que dans l’Hexagone, le 19 juin.

Les Français d’Israël et de plusieurs pays du pourtour méditerranéen (Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège, Chypre, Grèce, Turquie) ont ainsi désigné les deux candidats, parmi les treize, qui s’opposeront au second tour pour représenter à l’Assemblée nationale la 8e circonscription des Français de l’étranger.

Meyer Habib (UDI – Les Républicains) et Deborah Abisror-De Lieme (Ensemble pour la majorité présidentielle) s’affronteront ainsi le 19 juin.

Le premier a obtenu 28,85 % des voix, la seconde 27,77 %. Seulement 170 voix les sépare. Le taux de participation s’est élevé à 12,08 %.

Isabelle Rivolet de l’alliance de gauche Nupes est arrivée 3e, avec 18,84 % des voix. Elle est l’unique candidate Nupes parmi les circonscriptions des Français de l’étranger à ne pas s’être qualifiée pour le second tour – alors que seuls 5 candidats de gauche sur les 11 circonscriptions s’étaient qualifiés en 2017.

Les deux candidats arrivés en tête ont remercié leurs électeurs sur les réseaux sociaux.

Les candidats de la « Macronie » sont arrivés majoritairement en tête chez les Français de l’étranger au premier tour des législatives, à l’exception de Manuel Valls, éliminé, devancé par l’alliance de gauche Nupes.

La défaite de Manuel Valls, investi par LREM, a jeté un froid mais le patron de LREM, Stanislas Guérini, et le chef de file des députés sortants LREM Christophe Castaner, ont appelé lundi à voter pour le député sortant et candidat dissident de la majorité Stéphane Vojetta. L’ancienne ministre Emmanuelle Wargon a estimé à propos de M. Valls que « c’est bien d’avoir des respirations dans une carrière politique ».

Manuel Valls. (Crédit : Facebook)

M. Castaner a toutefois dénoncé « la violence » des réactions à l’échec de M. Valls. « Bon débarras » avaient clamé sur les réseaux sociaux plusieurs membres de la Nupes. « C’est une bonne nouvelle pour la démocratie », a renchéri sur Sud Radio l’Insoumis Manuel Bompard.

« En dépit des bugs et de toutes les embûches et absence de contrôle des résultats, les candidats Nupes sont présents dans 10 cas sur 11 au second tour », s’est félicité sur Twitter M. Mélenchon, et la Nupes est en tête dans deux d’entre elles.

Dans un communiqué, LFI a attaqué lundi le ministre de l’Intérieur qui, selon elle, « ne sait ni organiser la police ni des élections », citant des « problèmes de transmissions des codes d’identification ou des mots de passe nécessaires », « la présence du seul bulletin de vote de la candidate macroniste » en Bolivie, ou encore des « affiches électorales Nupes absentes à New York ». Le parti demande ainsi des mesures « d’urgence pour garantir les conditions démocratiques du second tour ».

Dans la 1ère circonscription (Amérique du Nord), Roland Lescure, député sortant de la « Macronie », est arrivé premier (35,8 %), mais avec un score inférieur à 2017 (58 %) et talonné par la candidate de la Nupes (33,06 %), Florence Roger, selon un calcul à partir des résultats publiés par le Consulat de France à New York.

La ville de New-York fait tout de même exception à ce résultat en demi-teinte avec 50 % des votes en faveur de Roland Lescure.

Dans la 6e (Suisse), le député sortant Joachim Son-Forget, élu en 2017 pour LREM avant de flirter avec l’extrême droite, a été éliminé, au profit de Marc Ferracci, économiste proche d’Emmanuel Macron.

Les Polynésiens, qui votaient dès samedi, ont eux aussi placé en tête les candidates investies par la majorité présidentielle dans la première (Nicole Bouteau, 41,9 %) et la deuxième circonscriptions (Tepuaraurii Teriitahi, 33,2 %). Dans la troisième, c’est en revanche le sortant Moetai Brotherson, qui siégeait avec les communistes à l’Assemblée, qui est arrivé en tête (34,2 %), deux points devant le candidat macroniste.

Les Français de l’étranger semblent s’être davantage mobilisés qu’en 2017 (19,1 %) selon des chiffres provisoires.

Plus encore qu’à la présidentielle, l’abstention est attendue à un niveau record pour un premier tour le 12 juin (52 ou 53 % selon les sondages contre 51,3 % en 2017).

L’abstention des jeunes et des classes populaires pourrait avantager la majorité actuelle, qui s’appuie sur un électorat plus âgé et plus aisé que celui du RN ou de la Nupes, estiment des spécialistes.

Mais « l’inquiétude est là » chez les macronistes, expliquait dimanche sur LCI le sondeur Frédéric Dabi (Ifop) car « il y a des hypothèses qui donneraient des majorités relatives » au camp d’Emmanuel Macron, sous la majorité absolue des 289 sièges.

La majorité présidentielle devancerait la Nupes (LFI, EELV, PS, PC) qui pourrait atteindre entre 170 et 205 sièges, devant LR (35 à 55 députés) et le RN (20 à 50 sièges), selon l’Ifop.

Mais « le scénario d’une majorité absolue pour la Nupes est pour l’instant exclu », selon M. Dabi.

Dans ce contexte Stanislas Guérini a appelé lundi à faire campagne « encore plus fort » en vue du premier tour « face au cartel » des gauches.

À l’extrême droite, Marine Le Pen, jusque là très discrète, a assuré dimanche qu’il était « encore temps d’empêcher Macron de disposer de tous les pouvoirs » et de « vaincre la malédiction d’un mode de scrutin injuste, qui maintient en place un système vermoulu », appelant ses partisans à lui « donner 100 à 150 députés ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...