Résultats non-concluants de l’analyse du sang du soldat mort en détention
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Résultats non-concluants de l’analyse du sang du soldat mort en détention

Selon l'armée, il est difficile de dire si l'officier de renseignement est mort d'une overdose ; pour sa famille, les résultats montrent qu'il ne s'est pas suicidé

La tombe d'un officier de Tsahal décédé en prison dans des circonstances peu claires. (Crédit : capture d'écran/Kan)
La tombe d'un officier de Tsahal décédé en prison dans des circonstances peu claires. (Crédit : capture d'écran/Kan)

L’analyse de sang d’un agent des services de renseignement emprisonné – qui est décédé dans des circonstances mystérieuses en mai – n’a pas permis de déterminer avec certitude s’il s’était suicidé ou non.

L’armée a déclaré vendredi que les tests effectués par un laboratoire américain n’avaient pas permis de déterminer clairement s’il avait fait une overdose avec l’un des deux médicaments qu’il prenait – de la classe des antidépresseurs et des antipsychotiques, selon des informations.

« Les résultats montrent que la concentration dans le sang de l’une des molécules se trouve dans la fourchette attendue, correspondant à un dosage régulier. L’examen portant sur la présence de la seconde molécule dans le sang et sur sa quantité n’a pas abouti. »

L’armée a noté que « de tels résultats se produisaient de temps en temps » au vu de la complexité de l’analyse.

Elle a précisé que les résultats avaient été envoyés à l’Institut médico-légal Abu Kabir de Tel Aviv et que la famille avait été prévenue.

La famille de l’agent a déclaré dans un communiqué : « Dès le premier instant, nous avons affirmé qu’il ne s’était pas suicidé et que d’autres circonstances étaient à l’origine de sa mort tragique. Les résultats partiels des analyses toxicologiques reçus jusqu’à présent ne montrent aucune surdose de médicaments dans son sang, et renforcent notre conviction que notre fils ne s’est pas suicidé. »

La famille a réclamé une nouvelle fois la reconnaissance de soldat mort au combat. L’officier n’a pas eu droit à un enterrement et aux honneurs militaires car il avait déjà quitté le service au moment où il était en état d’arrestation.

L’officier se trouvait dans une prison militaire au moment de sa mort, car il était accusé de graves infractions à la sécurité nationale, dont la nature précise est censurée, de même que son identité. Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a déclaré que l’officier avait failli porter atteinte à un secret d’État, mais que le dommage avait été évité à la dernière minute.

Benny Kuznitz, avocat de la famille d’un officier du renseignement militaire qui est mort en détention le mois dernier, parle aux journalistes avant une audience dans un tribunal militaire au quartier général de Tsahal à Tel Aviv, le 7 juin 2021. (Crédit : Flash90)

L’armée a déclaré que l’officier travaillait seul et qu’il n’avait pas agi au nom d’un gouvernement étranger, ni pour gagner de l’argent, ni par idéologie – mais pour des « motivations personnelles » non précisées. Les procureurs militaires avaient initialement envisagé de demander une peine de 10 ans de prison contre l’agent, selon des informations.

L’officier avait été arrêté l’année dernière et mis en examen en septembre. Il n’avait pas encore été condamné, mais il était resté en détention alors que ses avocats et les procureurs militaires négociaient un éventuel accord de plaidoyer.

Dans la nuit du 16 mai, il a été retrouvé dans un état grave dans sa cellule et a été emmené à l’hôpital, où son décès a été constaté quelques heures plus tard.

Bien qu’une autopsie ait été pratiquée – en présence d’un médecin, au nom de la famille – aucune cause officielle du décès n’a encore été déterminée, selon Tsahal. Les responsables militaires ont affirmé pour leur part qu’il s’agissait apparemment d’un suicide.

Lors d’une cérémonie religieuse qui a eu lieu au mois de juin, un mois après sa mort, son père a déclaré : « Notre enfant a été assassiné, et de temps à autres, c’est sa réputation qu’on assassine par les fuites d’information et les rumeurs, alors que rien n’a été prouvé au procès. »

Il a exprimé sa colère contre « une armée qui a reçu un soldat en bonne santé qui se dévouait à son unité, de l’aube jusqu’à tard dans la nuit, et qui, dans des circonstances peu claires, a commis des actes qui restent inexpliqués ».

Judah Ari Gross et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

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