Revirement du Bahreïn: Les produits des implantations ne sont pas Made in Israel
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Revirement du Bahreïn: Les produits des implantations ne sont pas Made in Israel

Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn a parlé avec son homologue palestinien et a clarifié la position de Manama après la déclaration du ministre du Commerce sur le sujet

La cave du vignoble Gush Etzion en Cisjordanie, le 18 juillet 2019. (Gershon Elinson/Flash90)
La cave du vignoble Gush Etzion en Cisjordanie, le 18 juillet 2019. (Gershon Elinson/Flash90)

Le Bahreïn fera la distinction entre les produits israéliens provenant des territoires contestés et ceux fabriqués en Israël proprement dit, a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères du pays, dans des commentaires qui font suite à une déclaration faite plus tôt dans la semaine par le ministre du Commerce du royaume du Golfe.

S’exprimant lors d’une conférence sur la sécurité à Manama, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, a déclaré avoir parlé avec le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, vendredi, et a précisé le point de vue du Bahreïn sur l’importation de produits provenant des implantations de Cisjordanie ainsi que du Golan.

« Nous avons publié hier un communiqué clair expliquant notre position », a déclaré M. Al Zayani.

Vendredi soir, le ministère de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme de Bahreïn a publié un communiqué indiquant que les remarques faites la veille par le ministre du Commerce avaient été « mal interprétées » et que Manama restait « attachée aux résolutions des Nations unies, de la Ligue arabe et de l’Organisation de coopération islamique concernant les implantations en Cisjordanie et le plateau du Golan ».

Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, s’exprime lors d’une conférence de presse avec le secrétaire d’État américain et le Premier ministre Netanyahu après leur rencontre trilatérale à Jérusalem, le 18 novembre 2020. (Menahem Kahana/Pool/Flash90)

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a été adoptée en 2016, appelle tous les pays à « distinguer, dans leurs relations, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ».

La déclaration du ministère a été faite après que le ministre de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme, Zayed R. Alzayani, a déclaré jeudi à Jérusalem aux journalistes que tous les biens et services fournis par les Israéliens seront traités comme des produits d’Israël, indiquant que même les biens provenant de la Cisjordanie et du Golan ne nécessiteront pas d’étiquetage spécial.

Lorsque le Times of Israel lui a demandé si les produits des implantations de Cisjordanie et du plateau du Golan étaient les bienvenus à Bahreïn et pouvaient être commercialisés en tant que « produits d’Israël », Alzayani avait répondu par l’affirmative.

« Nous n’entrerons donc pas dans les détails [mais] nous les reconnaîtrons comme des produits israéliens. Et tous les produits de Bahrein, espérons-le, seront reconnus en Israël comme des produits de Bahrein. Je ne vois pas, franchement, de distinction sur quelle partie, quelle ville ou quelle région ils ont été fabriqués ou dont ils proviennent », a déclaré M. Alzayani.

Le ministre de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme du Bahreïn, Zayed R. Alzayani, s’adresse aux journalistes israéliens à Jérusalem, le 3 décembre 2020. (Autorisation du ministère de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme du Bahreïn)

Un haut responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a dénoncé jeudi sa position, affirmant qu’elle était contraire au consensus international. Wasel Abu Youssef a également appelé les Etats arabes à ne pas importer de biens en provenance d’Israël afin de l’empêcher de « s’étendre sur les marchés arabes pour renforcer son économie », selon Reuters.

La position du ministre du Bahreïn semble s’aligner sur les nouvelles directives américaines qui exigent que tous les biens produits dans les zones où Israël exerce un contrôle civil, y compris les implantations en Cisjordanie, soient marqués « Produit d’Israël » ou « Made in Israel ».

Mais la déclaration d’Alzayani contrastait fortement avec la politique de l’Union européenne qui, depuis 2015, exige que les produits fabriqués par les Israéliens en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans le Golan soient étiquetés comme tels, et ne permet pas qu’ils soient commercialisés comme des produits d’Israël. D’autres pays, tels que l’Afrique du Sud, ont mis en place des exigences d’étiquetage similaires.

Alzayani est arrivé en Israël mardi à la tête d’une délégation qui comprenait une quarantaine d’hommes d’affaires et de responsables. C’était la deuxième visite ministérielle du Bahreïn en Israël en autant de semaines. Il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et plusieurs ministres, et a discuté des moyens d’accroître le commerce bilatéral.

La visite d’Alzayani intervient deux semaines seulement après que le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, est devenu le tout premier ministre du petit royaume du Golfe à visiter l’État juif.

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