Le ‘nouvel ordre israélien’ et les inquiétudes de Rivlin
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Le ‘nouvel ordre israélien’ et les inquiétudes de Rivlin

Le président avertit : la situation économique risque de ne pas être viable et l’armée de ne plus être au cœur de l’identité israélienne

Reuven Rivlin à la cérémonie à Ammunition Hill, le jour du 48e Yom Yeroushalayim, le 17 mai 2015 (crédit : Yonatan SIndel/Flash90)
Reuven Rivlin à la cérémonie à Ammunition Hill, le jour du 48e Yom Yeroushalayim, le 17 mai 2015 (crédit : Yonatan SIndel/Flash90)

Le président israélien s’est exprimé à la conférence d’Herzliya pour souligner la « transformation profonde » de la société israélienne qu’il prévoit pour les années à venir.

« Aujourd’hui, les classes de première année sont composées d’environ 38 % de Juifs laïcs, 15 % de religieux nationalistes, d’environ un quart d’Arabes et presque autant de Haredim, déclare-t-il. S’il est vrai que les chiffres et les définitions sont dynamiques, ni les identités ni les taux de naissance ne restent statiques dans le temps. Une chose est pourtant claire : les processus démocratiques qui restructurent et redéfinissent la forme de la société israélienne ont, de fait, créé un ‘nouvel ordre israélien’. »

« Une réalité dans laquelle il n’y a plus de claire majorité, plus de groupes minoritaires clairs. Une réalité dans laquelle la société israélienne se compose de quatre secteurs de population, ou, si vous voulez, de quatre principales ‘tribus’, essentiellement différentes les unes des autres, et augmentant en taille. Que nous le voulions ou non, la base des « acteurs » de la société israélienne, et de l’Etat d’Israël, change sous nos yeux. »

« Le « nouvel ordre israélien » avec quatre groupes sociaux distincts changera son caractère, a-t-il déclaré.

« Un enfant de Beth El, un enfant de Rahat, un enfant de Herzliya et un enfant de Beitar Ilit, ne se rencontrent pas et sont éduqués dans des perspectives totalement différentes concernant les valeurs basiques et la nature désirée de l’Etat d’Israël ».

Le président avertit que la situation économique ne sera pas viable et que l’armée ne sera plus au cœur de l’identité israélienne.

« D’un point de vue économique, la réalité actuelle n’est pas viable. Les mathématiques sont simples, n’importe quel enfant pourrait le comprendre. Si nous ne réduisons pas les grands écarts actuels du taux de participation dans la main d’œuvre et dans les niveaux de salaire des populations arabes et haredim, qui vont bientôt représenter la moitié de la main d’œuvre, Israël ne pourra plus continuer à être un pays développé. »

Il a déclaré qu’Israël devrait « regarder la réalité avec courage » et trouver un point commun entre ses quatre « tribus ».

« Nous sommes tous ici pour rester, les Juifs laïcs, les Haredim, les Juifs orthodoxes et les Arabes. Maintenant, si nous voulons nous occuper avec efficacité du nouvel ordre israélien, nous devons faire face avec courage à cette question et nous poser des questions difficiles. »

« Nous ne devons pas permettre que le ‘nouvel ordre israélien’ nous conduise vers le sectarisme et la séparation. Nous ne devons pas abandonner le concept « d’israélianité », nous devrions plutôt ouvrir ses portes et étendre sa langue. »

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