Rivlin commue la peine de prison à vie d’une femme qui a tué son mari violent
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Rivlin commue la peine de prison à vie d’une femme qui a tué son mari violent

Après 15 ans, Dalal Daoud pourra demander une libération anticipée ; le président cite les agressions “extrêmes et constantes” dont elle a été victime

Le président Reuven Rivlin à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Le président Reuven Rivlin a commué lundi la peine de prison à vie d’une femme condamnée pour le meurtre de son mari, en citant le comportement violent dont elle a souffert pendant toute la durée de son mariage.

Le bureau de Rivlin a indiqué dans un communiqué que le président avait récemment reçu « des documents qui décrivaient le sombre tableau d’une femme soumise à une violence extrême et constante de son partenaire. »

La décision de Rivlin permettra à Dalal Daoud de réclamer dès maintenant une libération anticipée, qui pourrait lui permettre se sortir de prison sous la supervision des services de protection.

En Israël, la peine de prison à vie implique une peine maximale de 25 ans de prison, et les détenus peuvent demander une libération anticipée à partir de 15 ans.

Daoud, qui a été condamnée en 2002, aurait pu demander sa libération anticipée à la fin de l’année, même sans l’intervention de Rivlin.

Selon les articles parus dans les médias israéliens au moment du procès, l’avocat de Daoud avait dit à la cour que son mari la frappait, la violait et l’enchaînait régulièrement quand elle était seule à la maison, de peur qu’elle ne lui soit infidèle.

La défense avait également souligné que Daoud avait porté plainte à plusieurs reprises contre son mari, et avait été hospitalisée à de nombreuses reprises pour des blessures causées par ses coups, et pour au moins une tentative de suicide.

A female inmate at Neveh Tirza prison in Ramle (illustrative photo; credit: Moshe Shai/Flash90)
Une détenue de la prison pour femmes Neveh Tirza, de Ramle. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

En janvier 1997, quelques jours après la naissance du plus jeune fils du couple, le mari de Daoud avait été pris d’une colère violente, affirmant qu’elle le trompait avec son frère. Il l’avait battue et avait menacé de la violer devant les jeunes enfants du couple. Daoud avait réussi à le calmer en lui donnant des somnifères, et quand il s’était endormi, elle l’avait recouvert de plusieurs couvertures. Il s’était alors étouffé pendant la nuit, et elle s’était débarrassé de son corps au matin avec l’aide d’un ami.

Daoud avait commencé par nier avoir tué son mari, avant de dire à la cour qu’elle avait nié de crainte que la famille de son mari décédé ne se venge contre elle et sa famille.

La défense avait immédiatement demandé à la Cour suprême un nouveau procès, affirmant que le premier procès n’avait pas étudié le dossier médical de Daoud, qui prouvait selon elle l’historique des agressions, qui n’ont pas été prises en compte par le juge de la cour du district.

En 2014, le juge Elyakim Rubinstein avait rejeté cette demande.

L’annonce de Rivlin a été saluée par les députées du parti Meretz, Zehava Galon, Michal Rozin et Tamar Zandberg.

Galon a remercié le président d’avoir pris en compte le passé difficile de Daoud et l’échec des services sociaux à intervenir pour la protéger.

« Dalal est la victime de terribles circonstances, de violence et de négligence, a-t-elle dit. Au fil des ans, Dalal a tenté de se sortir de son mariage violent, et s’est tournée vers les autorités pour être aidée, mais sans résultat. Personne n’a essayé d’aider Dalal, et elle a été abandonnée. »

Yonatan Heilo devant la Cour suprême, le 31 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yonatan Heilo devant la Cour suprême, le 31 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il y a moins de six mois, Rivlin avait refusé de gracier un homme condamné pour avoir tué son violeur et harceleur.

En décembre 2016, Rivlin avait déclaré que, même s’il ressentait « du chagrin et de la douleur » pour Yonatan Heilo, il n’y avait « pas de justification » pour lui pardonner le meurtre de Yaron Eilin en 2010.

Heilo avait initialement été condamné pour le meurtre d’Eilin, qui a violé, volé et fait chanter Heilo à plusieurs reprises pendant quelques mois en 2010. Après appel, la Cour suprême avait adouci la condamnation de Heilo, en le jugeant coupable d’homicide et non de meurtre, et en réduisant sa peine de prison de 20 à 12 ans.

Eilin, connu des services de police, aurait dit à Heilo en 2010, pendant une fête de Lag BaOmer, qu’il comptait le violer à nouveau. Ce soir-là, quand Eilin était allé uriner dans une allée et avait le dos tourné, Heilo a sauté sur lui, l’a étranglé et l’a battu avec une pierre.

Dans le premier verdict de décembre 2013, la cour du district de Lod avait reconnu Heilo comme une victime de viol, mais avait rejeté l’affirmation de défense légitime, car il n’avait jamais signalé les agressions précédentes à la police, et que plusieurs semaines s’étaient écoulées entre la dernière agression et le meurtre.

Après avoir rejeté la demande de grâce, Rivlin avait précisé que « si une autre demande de grâce est présentée par Heila dans le futur, il sera possible de l’étudier » en fonction de « son processus de réhabilitation au sein du service des prisons d’Israël. »

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