Rivlin se tourne vers Athènes pour mettre fin à la « crise » avec les Palestiniens
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Rivlin se tourne vers Athènes pour mettre fin à la « crise » avec les Palestiniens

Le président israélien a déclaré que "le déni du droit d'Israël à exister était le principal obstacle auquel nous sommes confrontés"

Le président grec Prokopis Pavlopoulos (à gauche) et son homologue israélien Reuven Rivlin passent en revue la garde présidentielle grecque avant leur rencontre à Athènes, le 29 janvier 2018 (AFP PHOTO / ARIS MESSINIS)
Le président grec Prokopis Pavlopoulos (à gauche) et son homologue israélien Reuven Rivlin passent en revue la garde présidentielle grecque avant leur rencontre à Athènes, le 29 janvier 2018 (AFP PHOTO / ARIS MESSINIS)

Le président Reuven Rivlin a rencontré lundi les dirigeants grecs lors d’une visite de trois jours en Grèce. Il leur a demandé d’aider à convaincre les Palestiniens de revenir à la table des négociations dans le processus de paix, qualifiant la situation actuelle de « crise grave ».

Rivlin a rencontré son homologue grec Procopis Pavlopoulos et le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

« Nous sommes face à une crise sérieuse entre nous et les Palestiniens et le gouvernement grec peut exercer une réelle force afin d’influencer nos voisins et les persuader de revenir à la table des négociations. Nous devons apprendre à vivre ensemble », a-t-il déclaré à Tsipras.

La Grèce a traditionnellement entretenu des liens étroits avec les Palestiniens et, ces dernières années, les relations avec Israël se sont considérablement améliorées, les deux pays partageant un large éventail d’intérêts communs en Méditerranée orientale.

Depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump le 6 décembre, Mahmoud Abbas, dirigeant de l’Autorité palestinienne, a refusé de s’engager dans des pourparlers de paix menés par les Etats-Unis, affirmant que Washington n’était plus un partenaire honnête.

Il a également refusé de rencontrer de hauts responsables de la Maison Blanche, y compris le vice-président américain Mike Pence, et a fustigé Trump dans un discours prononcé plus tôt ce mois-ci dans lequel il a jugé que le plan de paix formulé par les Etats-Unis était la « gifle du siècle ».

Rivlin a évoqué le débat survenu suite à la reconnaissance de Trump et les résolutions antérieures de l’UNESCO minimisant les liens juifs avec la ville.

« Il n’y a personne au monde à ne pas savoir qu’Athènes est la capitale de la Grèce comme personne au monde ne sait pas que Rome est la capitale de l’Italie. Même l’UNESCO ne convaincra personne dans le monde que Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël », a-t-il déclaré.

« Le déni du droit d’Israël à exister est le principal obstacle auquel nous sommes confrontés », a déclaré Rivlin.

« Nous pouvons parler de n’importe quoi, mais s’il y a des gens de l’autre côté qui contestent notre droit d’exister, nous ne resterons pas silencieux et nous ne resterons pas sans rien faire ».

Pavlopoulos s’est félicité des relations croissantes entre Athènes et Jérusalem.

« Votre visite en Grèce a lieu à un moment où nos liens sont à un niveau vraiment remarquable et, avec le temps, ces liens deviennent de plus en plus bénéfiques pour nos pays », a ajouté le président grec, exprimant son soutien aux liens étroits entre Israël et l’Union européenne.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras (à droite) rencontre le président israélien Reuven Rivlin à Athènes, le 29 janvier 2018 (Crédit : AFP / LOUISA GOULIAMAKI)

Lors de sa visite, sa première en Grèce en tant que président, Rivlin participera notamment à la cérémonie de pose de la première pierre d’un musée de l’Holocauste dans la ville de Thessalonique, dans le nord du pays, à l’occasion de la Journée internationale de l’Holocauste.

A LIRE : Grâce au nouveau musée de la Shoah à Thessalonique, la ville accepte enfin son histoire juive

« Nous sommes très reconnaissants pour votre initiative visant à bâtir un musée de l’Holocauste en Grèce, et nous voulons exprimer les remerciements de toute l’humanité pour votre déclaration claire : ‘plus jamais cela’. »

« Dire ‘Plus jamais’ est pertinent non seulement pour les victimes, mais aussi pour toutes les nations ayant un problème de racisme et d’antisémitisme. Il est essentiel aujourd’hui plus que jamais de se souvenir des Juifs de Grèce qui ont perdu la vie et de tirer les leçons de l’Holocauste. Ce n’est que par l’éducation que nous pouvons mettre un terme à la montée de l’antisémitisme et de la haine », a-t-il déclaré.

Durant 450 ans après l’expulsion d’Espagne, la communauté juive de Thessalonique représentait l’une des plus importantes communautés juives sépharades. Connue comme la fleur des Balkans, elle représentait le centre de la culture Ladino dans la région.

La population juive de Thessalonique, forte de 55 000 habitants, a été déportée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et la plupart de ses membres ont été assassinés dans les camps de concentration allemands.

Le nouveau musée de Thessalonique sera construit à côté de la gare, où les Juifs de la ville ont embarqué dans des trains à destination des camps.

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