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Robert F. Kennedy Jr. s’excuse d’avoir comparé vaccination et Shoah

Le Mémorial d'Auschwitz avait réagi aux propos du fils du procureur-général américain assassiné, déplorant "un malheureux symptôme de décadence morale et intellectuelle"

Robert F. Kennedy Jr., au centre, après avoir parlé au Lincoln Memorial lors d'un rassemblement anti-vax à Washington, le 23 janvier 2022. (Crédit : Stefani Reynolds / AFP)
Robert F. Kennedy Jr., au centre, après avoir parlé au Lincoln Memorial lors d'un rassemblement anti-vax à Washington, le 23 janvier 2022. (Crédit : Stefani Reynolds / AFP)

JTA — Robert F. Kennedy Jr. s’est excusé mardi après qu’il eut comparé ce qu’il a appelé les menaces posées à la vie humaine que seraient la vaccination, le pass vaccinal et les « satellites en orbite basse » à la menace qu’avait posée les nazis aux Juifs pendant la Shoah.

« Même dans l’Allemagne d’Hitler, vous pouviez entrer en Suisse en traversant les Alpes, vous pouviez vous cacher dans un grenier comme Anne Frank l’avait fait… Aujourd’hui, on est en train de mettre en place des mécanismes qui auront pour conséquence qu’aucun de nous ne pourra plus s’enfuir, qu’aucun de nous ne pourra plus se cacher », avait déclaré Kennedy au cours d’un discours prononcé lors d’un rassemblement anti-vax, organisé dimanche à Washington.

Kennedy avait ensuite énuméré les menaces perçues – qui vont des « satellites à orbite basse » à la 5G et en passant par le pass vaccinal – ajoutant que Bill Gates, parmi d’autres, menaçait aujourd’hui la vie privée et l’autonomie humaine. Une vidéo du discours de Kennedy avait été partagée sur Twitter par Ben Collins, journaliste à NBC. Il avait également reproché au principal médecin spécialiste des maladies infectieuses du pays, Anthony Fauci, d’orchestrer le « fascisme ».

Le fils de l’icône libérale Robert Kennedy, mort assassiné, et neveu du président américain lui aussi assassiné John Kennedy, est depuis des années un porte-parole du mouvement anti-vax, colportant des théories du complot et affirmant que les vaccins entraînent des maladies, comme l’autisme chez les enfants. Kennedy a été banni d’Instagram l’année dernière après avoir partagé des fake news sur les vaccins.

C’était la deuxième fois depuis 2015 que Kennedy s’excusait d’avoir fait référence à la Shoah.

« Je m’excuse pour ma référence à Anne Frank, en particulier aux familles qui ont subi les horreurs de la Shoah », a tweeté Kennedy mardi. « Mon intention était d’utiliser des exemples de barbarie passée pour montrer les dangers des nouvelles technologies de contrôle. Je suis vraiment et profondément désolé dans la mesure où mes remarques ont blessé. »

L’épouse de Kennedy, l’actrice Cheryl Hines, avait pris ses distances avec son mari dans un propre tweet environ 20 minutes plus tard. Elle avait qualifié la référence à Anne Frank de « répréhensible et insensible ».

« Les atrocités que des millions de personnes ont endurées pendant la Shoah ne devraient jamais être comparées à qui que ce soit ou à quoi que ce soit. Ses opinions ne reflètent pas les miennes », avait tweeté Hines.

Par consensus, la communauté scientifique rejette tout lien entre vaccin et autisme et maintient que les effets secondaires des vaccins sont minimes.

Le compte Twitter du Mémorial d’Auschwitz, en Pologne, avait répondu dimanche aux propos tenus par Kennedy. « Exploiter la tragédie de ceux qui ont souffert, qui ont été humiliés, torturés et assassinés par le régime totalitaire de l’Allemagne nazie – avec parmi eux des enfants comme Anne Frank – dans un débat sur les vaccins et sur les limitations dans un contexte de pandémie mondiale, est un symptôme malheureux de décadence morale et intellectuelle », pouvait-on lire dans le post.

Kennedy a utilisé de manière répétée des métaphores liées à la Shoah pour affirmer son opposition à la vaccination. Dans un livre sorti l’an dernier et consacré au coronavirus, il avait intitulé un de ses chapitres : « La solution finale : les vaccins ou l’arrestation. ».Selon le quotidien britannique The Guardian, quand il avait été interrogé sur ce choix d’intitulé, Kennedy avait répondu : « Je ne pense pas que les vaccins aient quelque chose à voir avec l’éradication des Juifs. »

En 2015, Kennedy avait utilisé le mot « Shoah » pour qualifier une proposition de loi portant sur l’obligation vaccinale des enfants, et il avait été âprement critiqué par l’Anti-Defamation League (ADL). « Je veux présenter mes excuses à tous ceux que j’ai pu offenser par mon usage du mot ‘Shoah’ pour décrire l’épidémie d’autisme », avait alors répondu Kennedy.

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