Robinson, qui pressent la victoire de Reform UK, doute de la crédibilité de Farage
L’activiste britannique de droite dure et anti-islam estime que le chef du parti populiste devra être poussé à adopter des politiques hostiles envers les musulmans

L’activiste britannique de droite dure et anti-islam Tommy Robinson a déclaré qu’il pensait que le parti Reform UK allait remporter les prochaines élections générales britanniques, tout en remettant en question la crédibilité de son chef, Nigel Farage.
S’adressant à une foule de plus d’un millier de personnes lors d’un événement organisé samedi soir à Tel Aviv, Robinson, qui s’est fait connaître en Grande-Bretagne il y a plus d’une décennie en organisant des manifestations contre l’islam, a été accueilli par une standing ovation avant de prononcer un discours de deux heures dans lequel il a critiqué l’immigration, les médias et le gouvernement britannique.
« Je pense que le parti Reform remportera les prochaines élections », a-t-il déclaré à propos du parti populiste de droite, qui ne détient actuellement que cinq des 650 sièges du Parlement britannique, mais qui arrive en tête dans les sondages d’opinion.
Sa prédiction concernant les élections, qui auront lieu d’ici 2029, a été accueillie par des applaudissements tonitruants. Il a toutefois déclaré à l’auditoire, qui comprenait des membres du gouvernement israélien, qu’il doutait que Farage soit un « grand ami d’Israël ».
« C’est le meilleur candidat que nous ayons. Je pense toutefois que nous devons soutenir Nigel Farage. »
« Nigel ira dans le sens du vent. »
Robinson, 42 ans, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a déclaré qu’il ne voulait pas se lancer dans une « joute verbale », mais a ensuite cité d’anciennes déclarations de Farage, qui a contribué à faire sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne (UE), mettant en garde contre l’aliénation politique de la communauté musulmane britannique.
« Comment ne pas s’aliéner la communauté islamique ? Vous allez devoir sacrifier les Juifs », a lancé Robinson, avant de répéter qu’il s’attendait à ce que le Reform UK remporte les prochaines élections.
« Mais si vous avez déjà un dirigeant qui brandit le drapeau blanc devant une communauté hostile, alors Nigel Farage n’inspire pas beaucoup d’espoir, à moins qu’il ne soit poussé et contraint par l’opinion publique. »
Farage et Reform UK n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires formulées en dehors des heures ouvrables.
L’immigration est devenue l’un des sujets politiques les plus controversés en Grande-Bretagne, éclipsant les préoccupations liées à l’économie chancelante. Farage s’est engagé à rendre plus difficile l’installation des ressortissants étrangers dans le pays, tandis que le gouvernement travailliste a dévoilé des mesures visant à durcir les règles en matière d’immigration.
En septembre, Robinson a organisé un rassemblement nationaliste à Londres qui a attiré plus de 100 000 personnes, quelques pancartes portant des slogans anti-immigration ont été observées.
Israël est également « submergé par les flux migratoires »
À Tel Aviv, Robinson a déclaré qu’à l’instar de « tous les pays occidentaux », Israël était « submergé par les flux migratoires », faisant référence aux milliers de demandeurs d’asile soudanais et érythréens accueillis par l’État hébreu.
Il a critiqué la récente décision du gouvernement britannique de reconnaître un État palestinien et a exprimé son admiration pour les Israéliens alors qu’il se tenait devant une toile de fond représentant l’Union Jack – le drapeau du Royaume-Uni – et le drapeau d’Israël.
Peu après le début de son allocution, un homme l’a interrompu, le qualifiant de « raciste ».
Raoul Wootliff, ancien journaliste du Times of Israel, a crié « Tommy Robinson est un raciste ! » et a brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Retourne d’où tu viens », peu après le début du discours de Robinson, provoquant des huées et des cris de « Honte à toi » de la part de la foule.
Wootliff a ensuite écrit sur le réseau social X qu’il avait été « frappé à la tête plusieurs fois, qu’on lui avait craché dessus et qu’on lui avait donné des coups de pied alors qu’il était à terre » par les personnes présentes. Il a également dit avoir été aspergé de bière.
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Pour le reste, l’événement s’est déroulé sans incident : Robinson s’est adressé à un public qui l’a fréquemment applaudi et acclamé, scandant parfois « Tommy, Tommy Robinson ».
Il a également critiqué le Qatar, souvent pointé du doigt par le gouvernement israélien, mais qui est un proche allié des États-Unis et a joué le rôle de médiateur entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Selon les organisateurs, plus de 1 000 personnes étaient attendues à cet événement en présence de Robinson, qui a remercié le gouvernement israélien de l’avoir invité en Israël.
Cette invitation a été fustigée par le Board of Deputies of British Jews et le Jewish Leadership Council, qui ont qualifié Robinson de « voyou représentant le pire de la Grande-Bretagne ».
Samedi, Robinson a rejeté le Board of Deputies, estimant qu’il n’était pas représentatif de la communauté juive britannique. Il s’est décrit comme un journaliste et a déclaré qu’il était erroné de le qualifier d’extrême droite, en raison de son soutien à Israël.
Robinson a été jugé la semaine dernière au Royaume-Uni pour avoir refusé de donner le code PIN de son téléphone à la police, alors qu’il était interpellé en vertu des lois antiterroristes. Il a qualifié ce procès de « persécution absolue de l’État » et a affirmé que le milliardaire Elon Musk finançait sa défense.







