Russie : les Etats-Unis pourraient causer une nouvelle guerre Israël-Liban
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Russie : les Etats-Unis pourraient causer une nouvelle guerre Israël-Liban

L'ambassadeur de Moscou à Beyrouth a déclaré que la position des Etats-Unis à l'égard de l'Iran déstabilisait la région

Alexander Zasypkin, ambassadeur russe au Liban, à Beyrouth, Liban le 16 mai 2016.(Hassan Ammar/AP)
Alexander Zasypkin, ambassadeur russe au Liban, à Beyrouth, Liban le 16 mai 2016.(Hassan Ammar/AP)

L’ambassadeur de Russie au Liban a déclaré que la politique américaine à l’égard de l’Iran pourrait conduire à une nouvelle flambée de violences entre Israël et le Liban, alors que le groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran dispose d’une forte influence dans le pays.

Même s’il a déclaré que de nouveaux affrontements entre les deux camps restaient incertains, Alexandre Zasypkine a accusé les Etats-Unis d’inciter à de « nouveaux conflits », qui pourraient impliquer des pays et des acteurs à travers tout le Moyen-Orient.

« En ce qui concerne un conflit entre Israël et le Liban, rien n’est prévisible avec certitude car la région se trouve à la croisée de chemins. Les gens veulent trouver une solution aux crises existantes, un retour à une vie paisible et le développement de la coopération », a déclaré Zasypkine à l’agence de presse de l’État russe Sputnik, dans un entretien publié samedi.

« Les incitations à de nouveaux conflits par les Américains constituent une alternative négative. Cela pourrait impliquer de nombreux pays mais aussi des forces ethniques et religieuses », a-t-il ajouté.

Zaspykine a aussi affirmé que la position américaine à l’égard de l’Iran et du Hezbollah allait déstabiliser davantage la région.

Un char de l’organisation terroriste du Hezbollah aux environs de Qara dans la région syrienne de Qalamoun, le 28 août 2017 (Crédit : AFP / Louai Beshara)

Les Etats-Unis accusent depuis longtemps l’Iran de semer l’instabilité au Moyen-Orient par son soutien de groupes et milices terroristes ainsi que du régime du président syrien Bashar al-Assad dans la guerre civile qui frappe le pays.

Le gouvernement syrien a également bénéficié d’un appui considérable de la Russie et du Hezbollah.

« Quand les événements se sont développés en Syrie, le Hezbollah s’est rangé du côté de ses autorités légitimes, voyant la lutte contre les terroristes dans la région comme son devoir », a déclaré Zaspykine, faisant écho à la position du régime d’Assad assurant que tous ses opposants sont des terroristes.

« Le parti a suivi une démarche responsable en ce qui concerne les événements en Syrie et dans l’ensemble de la région. Il a contribué, de manière significative, à la défaite des terroristes », a-t-il ajouté.

Les commentaires de Zaspykine sont intervenus une semaine après que le Liban a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement après neuf mois d’impasse.

Le Premier ministre libanis Saad Hariri annonce la formation du nouveau gouvernement, au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, le 31 janvier 2019. (Crédit : Anwar Amro/AFP)

Le nouveau gouvernement est dirigé par le Premier ministre Saad Hariri, le dirigeant sunnite soutenu par l’Occident qui occupe la fonction depuis 2016. Pourtant, le Hezbollah, le puissant groupe terroriste chiite soutenu par l’Iran, a significativement renforcé sa position aux dépens du plus grand parti sunnite et contrôle désormais trois ministères.

L’administration Trump a exprimé ses préoccupations au sujet de la gestion par le Hezbollah de trois portefeuilles ministériels. Il a ainsi appelé le nouveau gouvernement à s’assurer que le groupe n’était pas financé par des fonds ministériels. Les Nations unies ont, elles, déclaré vendredi que toutes les factions libanaises devraient rester en dehors de tout conflit étranger, dans un message visant clairement le Hezbollah.

Zaspykine a balayé d’un revers de main les préoccupations au sujet de l’intégration du Hezbollah dans le nouveau gouvernement et a déclaré que le dirigeant du groupe terroriste agissait comme une force de retenue.

« Après la formation d’un nouveau gouvernement, le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, a notamment invité les forces politiques à éviter de se combattre les unes les autres pour faire face aux défis colossaux qui s’imposent au pays », a-t-il déclaré à Sputnik.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que le rôle du Hezbollah dans le nouveau gouvernement montrait que l’Iran contrôlait désormais le Liban. En réponse, Nasrallah avait accusé Netanyahu « d’inciter » les puissances occidentales à s’opposer au Liban.

Quelques jours plus tard, Nasrallah prononçait un discours élogieux à l’égard de l’Iran. Le chef du Hezbollah se disait en effet prêt à demander à la République islamique de fournir des armes et des systèmes de défense aérienne à l’armée libanaise pour faire face aux avions de combat israéliens, appelant Beyrouth à accepter l’offre.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah prononce un discours diffusé en direct lors d’un rassemblement pour commémorer le 40ème anniversaire de la Révolution islamique d’Iran, dans le sud de Beyrouth, au Liban, le mercredi 6 février 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

Il a aussi promis que son organisation défendrait l’Iran en cas de guerre, assurant que la République islamique ne serait pas seule si elle devait affronter les Etats-Unis.

Les tensions entre Israël et le Liban se sont renforcées au cours des derniers mois après que l’armée israélienne a lancé une opération pour localiser et détruire des tunnels d’attaques transfrontaliers qui entraient dans l’État hébreu. Elle soutenait en effet qu’ils avaient été creusés par le Hezbollah.

D’après l’armée israélienne, les tunnels devaient être utilisés par le Hezbollah pour faire entrer clandestinement des combattants en Israël dans le cadre d’une offensive militaire dans un prochain conflit.

Nasrallah avait ensuite minimisé l’efficacité de l’opération israélienne, qui s’est déroulée en janvier, et déclaré que le projet du groupe terroriste d’envahir le nord d’Israël restait inchangé.

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