Ryad souhaite renouer des relations « fortes et positives » avec Abou Dhabi
Un désaccord sur le Yémen a provoqué des tensions inédites entre les deux monarchies pétrolières, alliées de longue date

L’Arabie saoudite a déclaré lundi souhaiter des relations « fortes et positives » avec les Emirats arabes unis, soulignant qu’elles dépendraient du retrait complet d’Abou Dhabi du Yémen, point de friction entre les deux puissances du Golfe.
« Le royaume tient toujours à entretenir des relations fortes et positives avec les Emirats », a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, lors d’une conférence de presse à Varsovie.
Les Emirats « ont désormais décidé de quitter le Yémen (…) si tel est effectivement le cas et qu’ils se sont complètement retirés (…) le royaume d’Arabie saoudite assumera ses responsabilités », a-t-il ajouté.
« Je pense que cela constituera la base pour s’assurer que la relation avec les Emirats reste solide et continue de servir les intérêts non seulement des deux pays mais aussi de la région », a-t-il insisté.
Une offensive menée en décembre par des séparatistes yéménites soutenus par les Emirats arabes unis leur avait permis de s’emparer de vastes pans de territoire, y compris de zones frontalières avec l’Arabie saoudite, déclenchant une riposte de Ryad.
L’Arabie saoudite a appelé les forces émiraties à quitter immédiatement le Yémen, et les forces pro-saoudiennes ont mené une contre-attaque qui leur a permis de reprendre le terrain conquis par les séparatistes.
Cette passe d’armes a provoqué des tensions inédites entre les deux monarchies pétrolières, alliées de longue date, qui étaient intervenues ensemble au Yémen en 2015 pour combattre les rebelles Houthis pro-iraniens, dans le cadre d’une coalition militaire.
Les deux voisins soutiennent aussi des factions rivales dans d’autres pays, notamment au Soudan.
Les tensions qui ont éclaté publiquement entre eux sont les plus importantes dans le Golfe depuis qu’ils avaient ensemble imposé un blocus au Qatar en 2017, lui reprochant ses liens avec les Frères musulmans et l’Iran.
Patchwork de groupes unis par leur opposition aux Houthis, le gouvernement yéménite, reconnu sur le plan international, comptait auparavant des figures soutenues par Abou Dhabi et Ryad, mais depuis la reprise de contrôle par les forces pro-saoudiennes, il a été purgé de ses membres soutenus par Abou Dhabi.







