Saar : Gantz doit empêcher un gouvernement d’unité « gonflé » pendant la crise
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Saar : Gantz doit empêcher un gouvernement d’unité « gonflé » pendant la crise

Israël ne peut pas se le permettre, dit l'ancien candidat à la tête du Likud, appelant à des réductions de salaires dans la fonction publique pour financer les aides économiques

Gideon Saar du Likud lors d'une réunion du parti Likud au Centre héritage Menahcem Begin à Jérusalem le 11 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Gideon Saar du Likud lors d'une réunion du parti Likud au Centre héritage Menahcem Begin à Jérusalem le 11 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le climat économique créé par la crise du coronavirus, Israël ne peut pas se permettre que le prochain gouvernement devienne le plus large de toute l’histoire du pays et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, a la capacité d’empêcher cela, a déclaré le député du Likud et ex-candidat à la présidence du parti Gideon Saar lors d’un entretien accordé mardi soir à la Douzième chaîne.

Il s’est exprimé alors qu’une source proche des négociations a indiqué à la Treizième chaîne qu’une vidéoconférence cruciale était en cours entre les deux parties, mardi soir, et que si Gantz et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne parviennent pas un accord avant le week-end, alors les négociations pourraient être définitivement rompues.

Gideon Saar a indiqué que pour que la taille du gouvernement soit revue à la baisse, il fallait que Gantz demande moins de la moitié des postes ministériels – contrairement à ce que sa formation réclame actuellement.

« Quinze ministères pour le bloc de droite de 58 sièges me semble raisonnable, et même modeste. Mais 15 ministères pour une faction de 15 sièges, c’est totalement irréaliste », a commenté Gideon Saar. « Un gouvernement équilibré ne justifie pas d’avoir un nombre égal de ministres », a-t-il continué.

Il a suggéré que l’égalité entre Kakhol lavan et le bloc de droite soit établie par le biais d’autres moyens.

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Les propos du député du Likud surviennent dans un contexte de discussions dans l’impasse sur la formation d’un gouvernement d’unité après un troisième scrutin en moins d’un an.

Il y a également des spéculations sur le fait que Netanyahu pourrait tenter de gagner du temps pour amener Gantz à réviser ses demandes à la baisse, après que la décision prise par ce dernier de tenter de former un gouvernement a entraîné une scission avec Yesh Atid, de Yair Lapid, et le mouvement Telem de Moshe Yaalon.

Gideon Saar a estimé qu’à un moment où le fardeau de la crise retombait en tout premier lieu sur le secteur privé, le nouveau gouvernement devait être « restreint ».

« Tandis qu’il y a eu des gouvernements élargis dans le passé, dans l’histoire d’Israël, ce ne serait pas une bonne chose de mettre en place le gouvernement le plus élargi de l’histoire à un moment où le pays connaît sa pire crise économique« , a-t-il ajouté.

Dans une pique apparente à l’égard de Netanyahu, Gideon Saar a indiqué qu’il se souvenait « des propos tenus par quelqu’un au sujet d’un homme frêle et d’un homme gros » – une référence à des commentaires faits en 2003 par Netanyahu lorsqu’il était ministre des Finances dans le gouvernement d’Ariel Sharon. Israël se trouvait au cœur d’une crise économique alors que la Seconde Intifada faisait rage, et Netanyahu avait décrit le secteur public comme un homme gros porté par un homme frêle – le secteur privé.

Des informations ont laissé entendre que le gouvernement d’unité pourrait être formé de 36 ministres. Le plus important gouvernement en Israël, jusqu’à présent, avait été le deuxième gouvernement de Netanyahu en 2009. Il avait compté 30 ministres et neuf vice-ministres.

Gideon Saar a appelé les hauts fonctionnaires, et notamment les ministres, les députés, les magistrats et les directeurs généraux à accepter des baisses de salaires « significatives » qui, a-t-il clamé, pourraient être réalisées sur une base différentielle, en fonction des rémunérations.

Il a assuré que lui-même renoncerait à la hausse automatique de son salaire de député cette année.

« Pas besoin d’attendre une législation ou des programmes gouvernementaux. Tous les députés peuvent décider cela dès aujourd’hui », a-t-il dit.

Il a également appelé à la baisse des régimes de retraite indexés sur le salaire final dans la fonction publique selon les mêmes principes différentiels et réclamé des mesures de productivité dans le secteur public.

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