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Saint-Étienne : André et Georgette Volral et Lily Matichard reconnus Justes

Pendant la guerre, Georgette et André, qui tenaient une épicerie à Saint-Etienne, et Lily, fille de Georgette et de son premier mari, ont protégé et sauvé plusieurs Juifs

Les époux André et Georgette Volral et Lily Matichard ont reçu le 5 décembre dernier à titre posthume le titre de « Justes parmi les nations ». Leurs descendants étaient présents à la cérémonie, organisée à l’Hôtel-de-Ville de Saint-Étienne, pour recevoir le diplôme et la médaille.

Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, Jean-Michel Mis, député de la Loire, Sylvaine Astic, sous-préfète de Roanne, Vered Heller Ben Bassa, attachée culturelle près de l’ambassade d’Israël en France et Arielle Krief, déléguée régionale du comité français pour Yad Vashem, y ont également participé.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Georgette et André, qui tenaient une épicerie à Saint-Etienne, et Lily, fille de Georgette et de son premier mari, ont protégé et sauvé plusieurs Juifs.

Les époux sont également entrés en résistance.

« En 1940, la famille Volral héberge des réfugiés alsaciens qui fuient l’avancée des troupes allemandes. Malgré leur misère, ils ne se cachent pas car ils ne sont pas Juifs. Ils parviennent à trouver de quoi se loger et un peu de travail », écrit le Comité français pour Yad Vashem. « Dans les années 42 et 43, Lilly ira jusqu’à remplacer sa mère dans ses déplacements pour porter secours à des personnes en danger. Munie d’une valise vide au départ de Lyon, elle revient en l’ayant remplie pleine de tracts et autres matériels de diffusion. En raison de leur activité de résistance, la famille Volral déménage dans un quartier plus calme, dans une maison, entourée d’un terrain clos et d’un mur assez haut, qui surplombe la rue. Ils peuvent ainsi voir sans être vus. »

La famille Volral fait ensuite la connaissance d’une famille juive, qui vient se réfugier chez eux : madame Hirsch, son fils Sylvain, sa belle-fille et le frère de cette dernière, Georges Hemendinger qui était lui aussi résistant. « La fiancée de Georges avait été arrêtée et enfermé à la caserne Grouchy. Ne pouvant la voir et n’ayant pas de nouvelles, Georgette Volral tente de lui porter un petit paquet alimentaire mais ne saura jamais s’il a pu lui parvenir. Elle n’est jamais revenue du camp dans lequel elle avait été amenée. Fin 1942, ils portent assistance à une autre famille juive, les Eibenschutz (la grand-mère qui ne parle pas un mot de français, sa fille Frida, ses fils Edgar et Raphaël et la fille de Frida, Edith Weishaus), qui avaient fui Anvers pour Saint-Étienne. »

Les deux frères sont entrés très vite dans leur réseau, et tous deux étaient techniciens dans la radio. Très vite, leur salle à manger s’est transformée en atelier de radio clandestine. Raphaël sera arrêté et incarcéré à la prison de Montluc et exécuté avec 21 autres détenus au siège de la Gestapo.

« Après le départ des Allemands, Lilly a travaillé au COJASOR, organisme chargé de retrouver, réunir, reloger des familles juives. Le quotidien a repris mais les familles sont toujours restées très liées », indique Yad Vashem.

« Je n’ai fait que suivre ma mère. Nous étions enfin d’accord pour une idée, ne jamais abdiquer devant un oppresseur, de résister et venir en aide, avec nos faibles moyens à tous ceux qui pouvaient souffrir des injustices de cette invasion, des horreurs d’un racisme ridicule », a écrit Lily Matichard dans son témoignage.

André Volral, né en 1905, est décédé en 1984. Son épouse Georgette est née en 1900 et est décédée en 1958.

Au 1er janvier 2021, 27 921 personnes de 51 pays ont reçu la distinction de « Juste parmi les nations » pour leur protection apportée à des Juifs pendant la Shoah. La Pologne, les Pays-Bas et la France sont les pays qui comptent le plus de médaillés.

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