Salon-de-Provence, la prison où Nemmouche s’est « beaucoup radicalisé »
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Salon-de-Provence, la prison où Nemmouche s’est « beaucoup radicalisé »

D'après l'ex-directeur du centre de détention, Nemmouche comptait à l'époque parmi les détenus remarqués pour leur propension à "imposer aux autres leur vision" d'un islam radical

Croquis de Mehdi Nemmouche aux côtés d'un policier, à la Cour d'Appel de Versailles, le 12 juin 2014. (Crédit : AP Photo/Benoit P., File)
Croquis de Mehdi Nemmouche aux côtés d'un policier, à la Cour d'Appel de Versailles, le 12 juin 2014. (Crédit : AP Photo/Benoit P., File)

Le jihadiste Mehdi Nemmouche, accusé du quadruple assassinat commis en 2014 au musée juif de Bruxelles, s’est « beaucoup radicalisé » lors de son séjour à la prison de Salon-de-Provence entre 2008 et 2010, a affirmé lundi l’ancien directeur de cet établissement du sud de la France.

« Il l’était déjà un peu, je pense qu’il s’est beaucoup radicalisé au centre de détention », a assuré Charbel Aboud, qui témoignait devant la cour d’assises où le jihadiste français est jugé depuis un mois pour cette attaque antisémite.

D’après l’ex-directeur du centre de détention de Salon (2008-2011), aujourd’hui sous-préfet, Nemmouche comptait à l’époque parmi une quinzaine de détenus remarqués pour leur propension à « imposer aux autres leur vision » d’un islam radical.

Portant longue barbe et djellaba, selon plusieurs témoignages, celui qui purge alors une condamnation pour un braquage commis fin 2017 dans la région de Nice participe à des prières collectives en dehors des lieux prévus pour le culte.

« Ils sortaient de cellule avec des tapis de prière pour foncer pratiquer leur religion (…) dans les salles d’activité où c’était interdit », a souligné M. Aboud à propos du petit groupe particulièrement surveillé.

Dans ce groupe figurait aussi le délinquant marseillais Nacer Bendrer, accusé de complicité dans la tuerie du musée juif, a soutenu le haut fonctionnaire, qui a fait un rapport en novembre 2010.

Ce rapport, compilant des informations de l’administration pénitentiaire, des services de renseignement français et de détenus « indicateurs », a été vivement critiqué par les avocats de Nacer Bendrer, qui contestent toute radicalisation de leur client et jugent les preuves insuffisantes.

Dans la matinée, trois cadres de la prison de Salon ont assuré soit ne pas ou quasiment pas se souvenir du Marseillais, soit l’ont décrit comme « un détenu standard », n’ayant provoqué aucun incident.

Charbel Aboud a reconnu que le document de novembre 2010 sur les détenus radicalisés contenait principalement des suppositions, « quelquefois » seulement des certitudes.

Il existait à l’époque dans cette prison un contexte de « contagion » des idées radicales, avec des personnes « sous influence », « basculant dans un comportement rigoriste », a raconté l’ex-directeur, citant le cas d’un détenu d’origine portugaise ayant tenté de s' »autocirconcire » une nuit.

A ce procès ouvert à Bruxelles le 10 janvier, Mehdi Nemmouche, 33 ans, est accusé d’avoir tué de sang-froid, le 24 mai 2014 au musée juif, Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole française et Alexandre Stens, un jeune employé belge du site.

Il avait été arrêté six jours après la tuerie à sa descente d’un bus à Marseille en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d’assaut de type Kalachnikov.

A l’inverse du cas Bendrer, les avocats de Nemmouche ne contestent pas sa radicalisation en prison.

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