Selon Gamzu, le confinement viserait à mettre fin aux manifestations
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Selon Gamzu, le confinement viserait à mettre fin aux manifestations

Ronni Gamzu aurait exprimé son dégoût à huis-clos, disant que Netanyahu a soutenu le confinement quand il a compris qu'il signerait la fin des rassemblements

L'homme fort de la lutte contre le coronavirus en Israël, le professeur Ronni Gamzu, au cours d'un point-presse au ministère de la Santé, le 2 septembre 2020 (Capture d'écran : Facebook)
L'homme fort de la lutte contre le coronavirus en Israël, le professeur Ronni Gamzu, au cours d'un point-presse au ministère de la Santé, le 2 septembre 2020 (Capture d'écran : Facebook)

Le responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël, Ronni Gamzu, aurait fustigé en privé la décision gouvernementale portant sur un confinement total de la nation – une fermeture qui durera encore au moins deux semaines. Il aurait exprimé son dégoût face à cette initiative et affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était rallié à l’idée d’imposer des restrictions plus dures après avoir appris que ces dernières seraient le seul moyen de mettre un terme au mouvement de protestation réclamant sa démission, a fait savoir jeudi la Treizième chaîne.

Selon la chaîne, Gamzu a fait savoir à ses associés qu’il considérait que cette décision était « terrible » et que ses motivations étaient « répugnantes », ajoutant qu’il en avait été dégoûté jusqu’à la nausée.

La nouvelle législation prévoit la fermeture de presque toutes les entreprises ainsi qu’une limitation des prières et des manifestations publiques. Le fonctionnement des transports publics sera fortement entravé et les Israéliens seront appelés à rester à proximité de leurs habitations, avec bien moins d’exceptions que ce n’était le cas auparavant.

Selon le reportage de la chaîne, Gamzu aurait expliqué que l’initiative visant à mettre en place des restrictions plus contraignantes n’aurait réellement été lancée qu’après que Netanyahu – qui était contre cette idée à l’origine – a été informé par des experts qu’il était impossible d’empêcher les manifestations réclamant sa démission tant que de larges segments du pays resteraient ouverts.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un discours télévisé dans sa résidence officielle de Jérusalem, le 17 septembre 2020. (Capture d’écran : YouTube)

Le lendemain, a continué Gamzu, « son changement de positionnement nous a choqués – on s’est réveillés avec un Netanyahu qui disait ‘je veux imposer l’état d’urgence en Israël' ».

Gamzu, médecin et directeur de l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, aurait déclaré devant le cabinet qu’il ne pensait pas qu’une fermeture totale de l’économie était justifiée mais qu’il voulait mettre en place une « réduction à 50 % de l’activité économique » qui aurait réduit les contacts sociaux de manière spectaculaire tout en permettant aux mesures de se prolonger dans le temps.

Gamzu avait déclaré aux journalistes, jeudi matin, qu’il avait recommandé de « resserrer le confinement et de ne pas fermer le pays tout entier ». Il a répété publiquement son opposition aux nouvelles mesures de restriction qui seront appliquées dès 14h, vendredi, disant que le préjudice économique sera « considérable ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait toutefois fait part de son désaccord, préférant un bouclage total et immédiat du pays qui, avait-il dit, aiderait à faire rapidement diminuer le taux d’infection. Netanyahu avait indiqué, devant le cabinet, que les fêtes à venir – Yom Kippour commence dimanche soir et Souccot, qui dure pendant huit jours, débutera le 2 octobre – sont des périodes où la majorité des Israéliens ne travaillent pas. Imposer un confinement pendant cette période nuirait moins à l’économie que s’il fallait le faire après les fêtes, avait-il affirmé.

Selon Haaretz, l’un des ministres présents lors de la réunion du cabinet, jeudi matin, qui devait décider des nouvelles limitations, a déclaré qu’il « est apparu clairement que le désir personnel de Netanyahu de mettre fin aux mouvements de protestation réclamant son départ était à l’origine de sa prise de décision. À chaque fois que quelqu’un prononçait le mot de ‘manifestation’, il sautait de sa chaise ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à la tête du parti Kakhol lavan, avait indiqué mercredi après-midi nourrir lui aussi des soupçons sur les motivations de Netanyahu, émettant un communiqué aux alentours de midi disant que « les discussions obsessionnelles sur la question des manifestations » devaient prendre fin et les qualifiant de « disproportionnées ».

Mais il a apporté ultérieurement son soutien au positionnement de Netanyahu concernant l’adoption d’un plein confinement après une conversation entre les deux hommes. La raison pour laquelle Gantz a changé d’avis reste indéterminée.

Les manifestations appelant le Premier ministre à démissionner en raison de son procès pour corruption ont eu lieu dans tout le pays et plusieurs fois par semaine ces derniers mois – un mouvement dynamisé par la frustration entraînée par la réponse du Premier ministre à la pandémie et par ses attaques contre le système judiciaire. Les rassemblements organisés le samedi soir à Jérusalem ont attiré des dizaines de milliers de personnes.

Netanyahu et ses alliés ont insisté sur le fait que ces regroupements massifs étaient un vecteur dangereux d’infection, même si aucune donnée n’est venue pour le moment soutenir cette hypothèse.

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