Selon l’armée syrienne, les défenses aériennes S-300 tiennent Israël à distance
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Selon l’armée syrienne, les défenses aériennes S-300 tiennent Israël à distance

Selon un responsable militaire, les batteries antiaériennes fournies par la Russie n'empêchent pas Tsahal de frapper des cibles iraniennes, mais "réduisent" leurs chances de succès

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Capture d'écran d'une vidéo montrant la livraison de missiles de défense aérienne russes S-300 à la Syrie. (YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo montrant la livraison de missiles de défense aérienne russes S-300 à la Syrie. (YouTube)

L’armée syrienne a déclaré jeudi que les systèmes de défense aérienne S-300 qu’elle a reçus de la Russie empêchaient dans une large mesure Israël de mener avec succès des frappes contre ses cibles dans le pays.

« Il n’y a pas de concept de probabilité zéro dans la stratégie militaire. Nous ne pouvons pas dire que cette probabilité a été réduite à zéro », a déclaré le général de brigade Hasan Ahmad Hasan, chef du bureau politique de l’armée syrienne, sur le site d’information Sputnik, soutenu par le Kremlin.

« Je ne peux pas dire qu’en fin de compte il n’y aura pas une telle probabilité ; cependant, la probabilité que cette agression atteigne ses objectifs a été réduite », a-t-il dit.

La Russie a livré les batteries anti-aériennes avancées S-300 à la Syrie le mois dernier à la suite du crash d’un avion militaire russe abattu par les forces aériennes syriennes pendant une frappe israélienne contre des cibles iraniennes en Syrie le mois précédent.

Outre quatre lanceurs de missiles intercepteurs, Moscou a également fourni à la Syrie de nouveaux radars, systèmes de visée et centres de commandement.

Photos satellites publiées par ImageSat International le 24 octobre 2018, qui sont censées montrer un site près de la ville de Masyaf, au nord-ouest de la Syrie, où des systèmes de défense aérienne S-300 de fabrication russe ont été déployés. (ImageSat International)

La Russie, alliée de longue date de la Syrie, a imputé à Israël le crash de l’avion et la mort des 15 soldats russes à bord – une accusation rejetée par Jérusalem. Jérusalem a également réfuté l’affirmation russe selon laquelle des avions de combat israéliens se seraient cachés derrière l’avion de reconnaissance russe après leur attaque.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré le mois dernier à la Russie qu’Israël continuerait de frapper des cibles hostiles en Syrie pour empêcher l’Iran d’établir une présence militaire de l’autre côté de la frontière.

Bien qu’il y ait eu une baisse notable des raids israéliens après l’incident du 17 septembre, un haut responsable israélien a déclaré le mois dernier que l’État juif avait en fait poursuivi les attaques contre des cibles en Syrie.


Ci-dessus : Livraison de missiles de défense aérienne russes S-300 à la Syrie, le 3 octobre 2018.

Mercredi, le nouvel envoyé des États-Unis en Syrie a déclaré qu’il espérait voir la Russie maintenir une « approche permissive » à l’égard des frappes aériennes israéliennes sur les installations iraniennes en Syrie.

Ces dernières années, Israël a mené des centaines de frappes aériennes en Syrie voisine contre des cibles liées à l’Iran et a accusé Téhéran – qui, comme Moscou, soutient le régime syrien dans la guerre civile qui sévit depuis sept ans – de vouloir s’installer militairement dans le pays.

« Dans le passé, la Russie a été tolérante en consultation avec les Israéliens au sujet des frappes israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie », a déclaré l’envoyé américain James Jeffrey.

« Nous espérons sincèrement que cette approche tolérante se poursuivra », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une conférence téléphonique.

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