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Selon Tsahal, le Hamas n’a pas initié la vague de terrorisme – mais il en profite

Selon l'armée, le rôle principal du Hamas a été d'encourager d'autres attaques, et le risque de guerre avec Gaza est faible

Des partisans du chef du Hamas, Yahya Sinwar, protestent devant son domicile à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mai 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)
Des partisans du chef du Hamas, Yahya Sinwar, protestent devant son domicile à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mai 2022. (Crédit : Attia Muhammed/Flash90)

Les analystes militaires estiment que le groupe terroriste du Hamas n’est pas à l’origine de la récente série d’attaques terroristes meurtrières, mais qu’il aurait plutôt « surfé sur la vague » en encourageant de nouvelles violences, ont déclaré lundi des responsables de la Défense.

Dans son évaluation remise aux dirigeants politiques, l’armée israélienne a dépeint le groupe terroriste comme exploitant les attaques réussies pour son intérêt en termes de relations publiques et afin d’inciter d’autres Palestiniens à entreprendre des actions similaires. Le groupe n’a pas été directement impliqué dans l’orchestration des attaques, a déclaré Tsahal, même celle dont il a revendiqué la responsabilité.

Dix-neuf personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une série d’attaques en Israël et en Cisjordanie depuis le 22 mars. Certains des auteurs des derniers d’attentats ont été revendiqués comme membres du Hamas, mais le groupe n’a pas revendiqué la responsabilité dans la plupart des incidents, à l’exception de l’attentat meurtrier à Ariel à la fin du mois dernier.

Le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a été pointé du doigt par les dirigeants et les experts israéliens pour ses discours enflammés appelant à des attaques. Les appels à son assassinat se sont intensifiés ces derniers jours, malgré la possibilité quasi certaine que cela puisse déclencher une nouvelle guerre.

Cependant, l’armée ne pense pas que Sinwar soit un facteur incitatif déterminant dans les attaques. Le Hamas serait décrit comme peu entreprenant.

Une frappe israélienne sur Sinwar ou un autre haut responsable terroriste à Gaza déclencherait presque certainement une nouvelle série d’hostilités, un an seulement après la guerre de 11 jours qui a laissé Israël et l’enclave palestinienne profondément marqués.

Des soldats israéliens effectuent un raid au domicile d’un terroriste palestinien accusé d’avoir commis une attaque à la hache dans la ville centrale d’Elad deux jours auparavant, dans la ville de Rummanah, près de Jénine, en Cisjordanie, le 8 mai 2022. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH/AFP)

Selon l’évaluation militaire, les attaques auraient été largement alimentées par des tensions religieuses et nationalistes, notamment par les récents affrontements sur le mont du Temple de Jérusalem. Par ailleurs, au moins trois des attaques ont été inspirées par le mouvement djihadiste de l’État islamique.

L’armée israélienne a intensifié ses activités en Cisjordanie afin de tenter de réprimer la spirale de la violence, déployant 26 bataillons dans la région. Au moins 29 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis la mi-mars, certains en commettant des attentats et d’autres au cours d’affrontements. Certains semblaient également être sans arme voire être de simples passants.

L’armée israélienne devrait intensifier ses opérations dans le nord de la Cisjordanie, plusieurs des auteurs des récents attentats terroristes – dont ceux de l’attaque à la hache meurtrière de jeudi à Elad – étant originaires de cette région.

Tsahal estime également que sa capacité à prévenir un affrontement majeur avec Gaza est encore assez efficace, malgré la montée des tensions dans la région. L’évaluation prévoyait que les chances d’une escalade considérable des combats dans un avenir proche étaient faibles, considérant les derniers mois comme relativement stables.

Cependant, la Douzième chaîne a rapporté lundi soir que des « différences significatives » étaient apparues entre le Premier ministre Bennett et les responsables de la sécurité lors des consultations menées par les deux parties pour discuter de leur réponse à la vague de terreur.

Selon la chaîne, Tsahal et le Shin Bet ont exhorté les dirigeants à maintenir une séparation entre les différents fronts, et à ne pas aggraver la situation dans la bande de Gaza en raison des attaques en Israël et en Cisjordanie.

Des forces de sécurité israéliennes sur les lieux d’une attaque terroriste, à Elad, le 5 mai 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Les organisations ont suggéré de se concentrer principalement sur la lutte contre l’extrémisme religieux à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

Mais Bennett ne partage pas leur avis, affirmant que Sinwar devait payer le prix de l’incitation à la violence et de son encouragement aux attaques terroristes. Bennett aurait demandé aux chefs de la sécurité de lui présenter une série d’options pour la Cisjordanie et Jérusalem, mais aussi pour Gaza, selon la chaîne.

Le bureau du Premier ministre et les organisations de sécurité ont refusé de commenter les informations de la Douzième chaine.

Les consultations ont eu lieu alors que l’armée procédait à un grand exercice qui devrait se dérouler pendant les quatre prochaines semaines.

L’exercice, baptisé « Chariots de Feu », sera l’un des plus grands exercices depuis des décennies, impliquant des milliers de soldats de presque toutes les unités de Tsahal.

Il avait été repoussé l’année dernière en raison de la guerre de 11 jours contre les groupes terroristes dans la bande de Gaza.

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