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Sharon Alroy-Preis : Israël n’a « aucun contrôle » sur Omicron

La directrice du département de la santé publique affirme que le ministère de la Santé tente de "réduire la force" de l'épidémie actuelle mais prévient que "la vague sera forte"

La Dr Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 12 décembre 2021. A sa droite, le ministre de la Santé Nitzan Horowitz et le directeur général du ministère de la Santé Nachman Ash. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La Dr Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 12 décembre 2021. A sa droite, le ministre de la Santé Nitzan Horowitz et le directeur général du ministère de la Santé Nachman Ash. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une responsable du ministère de la Santé a déclaré lundi qu’Israël n’avait « aucun contrôle » sur l’épidémie de coronavirus alimentée par le variant Omicron qui balaie le pays, alors que les cas de contaminations continuent de grimper en flèche.

« Nous essayons autant que possible de réduire les infections et d’atténuer la force de cette vague, mais elle sera forte », a déclaré la Dr Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au ministère de la Santé, à la Treizième chaine.

Mme Alroy-Preis a déclaré que le ministère se concentrait sur la prévention des cas graves de COVID-19 et pas seulement sur la réduction des taux d’infection.

Elle a démenti les informations selon lesquelles les autorités sanitaires s’orientaient vers une politique consistant à laisser Omicron se propager dans l’espoir que cette souche du coronavirus, plus contagieuse mais moins virulente, se propage rapidement au sein de la population et conduise à une immunité collective.

A LIRE : L’immunité collective, une politique à suivre ? Ou est-il trop tôt pour Israël ?

« Nous ne savons pas si une vague va déferler sur [nous tous] et si tout ira bien par la suite, et s’il y aura une sorte d’immunité », a-t-elle déclaré.

Mme Alroy-Preis a noté que le virus a continué à muter depuis sa première apparition en Chine à la fin de l’année 2019.

« Nous voyons qu’Omicron infecte des personnes qui guérissent [des variants précédents] », a-t-elle déclaré. « Comment être sûrs que la prochaine variante n’infectera pas les personnes qui ont attrapé Omicron ? Je ne peux pas accorder de poids à ces prédictions [d’immunité collective]. »

Elle a ajouté qu’elle n’était pas certaine des prédictions largement diffusées ces derniers jours selon lesquelles des millions d’Israéliens contracteront Omicron.

Des agents de santé effectuent des tests antigéniques sur des Israéliens dans un centre de dépistage du Magen David Adom à Jérusalem, le 3 janvier 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Alroy-Preis a également exprimé des inquiétudes quant aux potentiels cas graves, malgré les signes croissants qu’Omicron provoque des formes moins graves de la maladie que les autres souches de COVID-19, notant que les Israéliens plus âgés pourraient être plus à risque que leurs homologues européens, dont la dose de rappel est plus récente.

« Nous avons ici une population à risque qui a reçu un rappel il y a cinq-six mois, et nous vérifions donc les chiffres en Israël », a-t-elle déclaré.

« Nous n’avons pas de ligne rouge pour le confinement, mais il suffit de regarder où nous en étions lors des vagues précédentes et de comprendre à quel point le système [de santé] était saturé avec 1 200 patients graves », a-t-elle ajouté, en référence aux chiffres des taux de morbidité enregistrés en janvier dernier lors de la pire vague de COVID-19 en Israël.

Par ailleurs, la Treizième chaîne a de nouveau cité des hauts fonctionnaires anonymes du ministère de la Santé affirmant que des millions de personnes seront touchés par Omicron. Les responsables ont également déclaré que les restrictions ne permettraient pas de lutter contre l’épidémie.

Des personnes font la queue pour subir un test de dépistage du Covid-19 à Tel Aviv, le 2 janvier 2022 (Avshalom Sassoni/Flash90).

Plus tôt dans la journée de lundi, le responsable israélien chargé de la lutte contre le coronavirus, Salman Zarka, avait également déclaré que des mesures de grande envergure ne permettraient pas de réduire le nombre de cas.

« Dans la situation dans laquelle nous nous trouvons, des restrictions légères ne seront d’aucune utilité. Nous pouvons nous diriger vers des restrictions très importantes, comme le premier confinement, car les autres restrictions ne feront pas baisser le nombre de cas. Nous ne recommandons donc pas de restrictions pour le moment, juste pour le plaisir de dire que nous les avons demandées », a déclaré M. Zarka lors d’un point de presse.

Il a également rejeté les spéculations selon lesquelles le gouvernement visait une politique d’immunité collective, affirmant que l’espoir qu’Omicron puisse se propager rapidement et sans contrôle au sein de la population sans submerger le système hospitalier n’était pas scientifiquement fondé.

Les statistiques actualisées du ministère de la Santé publiées lundi soir montrent que 7 569 nouveaux cas ont été confirmées depuis minuit, dépassant les 6 576 cas enregistrés pendant la journée de dimanche.

Des passants dans la rue Jaffa à Jérusalem le 2 janvier 2022 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les cas actifs sont passés à 42 364, dont 210 personnes hospitalisées pour des complications liées au COVID-19. Parmi elles, 108 étaient dans un état grave.

Le taux de tests positifs a également continué à augmenter. Près de 5,6 % des plus de 225 000 tests effectués lundi qui se sont révélés positifs.

Le bilan national des décès s’élève à 8 247.

Selon le ministère de la Santé, 6 583 772 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, 5 933 665 ont reçu deux injections et 4 271 390 ont reçu une troisième dose, sur une population d’environ 9,3 millions de personnes.

Le ministère n’a pas encore publié de chiffres officiels sur le nombre d’Israéliens ayant reçu la quatrième injection, disponible depuis lundi pour les personnes de plus de 60 ans et le personnel médical. Les rappels supplémentaires étaient auparavant réservés aux personnes immunodéprimées.

Le Premier ministre Naftali Bennett a publié une déclaration lundi indiquant que plus de 100 000 Israéliens avaient reçu une quatrième dose de vaccin ou pris rendez-vous pour en recevoir une.

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