Sharren Haskel rejoint le parti de Gideon Saar
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Sharren Haskel rejoint le parti de Gideon Saar

"Ma conscience ne me permet pas de continuer à soutenir ce gouvernement," a affirmé la nouvelle recrue de Tikva Hadasha

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La députée du Likud Sharren Haskel annonce sa démission de la Knesset et du parti du Likud dans une conférence de presse, le 23 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La députée du Likud Sharren Haskel annonce sa démission de la Knesset et du parti du Likud dans une conférence de presse, le 23 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Sharren Haskel a annoncé mercredi qu’elle démissionnait de la Knesset pour rejoindre le parti Tikva Hadasha fondé par un autre rebelle de la formation du Likud au pouvoir, l’ancien député Gideon Saar.

Elle devient ainsi la troisième législatrice du Likud à intégrer les rangs du parti naissant de Saar qui, selon les sondages actuels, pourrait devenir la deuxième formation la plus importante à la Knesset au lendemain du quatrième scrutin électoral prévu en mars.

Annonçant sa décision lors d’une conférence de presse qui a eu lieu dans la matinée, après la dissolution officielle de la Knesset entraînée par l’échec du gouvernement à adopter un budget d’Etat, Haskel a expliqué qu’elle ne pouvait plus s’identifier au parti qui l’avait faite entrer en politique.

« Quand j’avais intégré le Likud, je l’avais fait en ayant la certitude que c’était le parti qui était le mieux pour moi. J’avais lu les livres de Jabotinsky et de Begin et j’y avais retrouvé l’expression de la vision du monde qui était la mienne – l’Etat juif, les implantations, l’économie libérale, une démocratie forte, un parti à la hauteur des enjeux de l’Etat et particulièrement l’unité qui régnait parmi toutes les sections », a-t-elle déclaré. « Et il y a un écart immense entre ces idées et les valeurs et les normes qui caractérisent le Likud aujourd’hui ».

Haskel a ajouté que la formation avait perdu sa confiance ainsi que celle du public.

Citant ce qu’elle a qualifié « d’abandon » du projet d’implantation et de l’engagement à réformer le système judiciaire, Haskel a déclaré que « par-dessus tout le reste, le gouvernement actuel a échoué misérablement dans sa direction du pays et il a déshonoré la confiance qui lui avait été accordée par les citoyens ».

La députée du Likud Sharren Haskel annonce sa démission de la Knesset et du parti du Likud dans une conférence de presse, le 23 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Dans ces circonstances, ma conscience ne me permet plus de continuer à soutenir le gouvernement ni à être membre du Likud sous sa direction actuelle », a-t-elle continué. « J’ai donc l’intention de rendre mon mandat au Likud et de démissionner de mon siège de députée au Parlement sous cette étiquette ».

Elle a appelé les autres parlementaires de son parti d’origine à se joindre à elle « pour lutter, côte à côte, pour réaliser les mêmes objectifs – mais cette fois au sein d’un parti où c’est possible, avec des leaders responsables ».

Depuis que Saar a fait savoir, au début du mois, qu’il quittait le Likud pour défier Netanyahu à la tête du pays, les enquêtes d’opinion ont estimé que Tikva Hadasha pourrait secouer le paysage politique et présenter plusieurs voies potentielles ouvertes à une coalition dont Netanyahu serait exclu, tout en diminuant sérieusement les chances du Premier ministre de diriger le prochain gouvernement.

Députée depuis 2015, Haskel, née au Canada, est une fervente avocate des libertés personnelles et du libre-échange. Elle a constamment engrangé des notes élevées dans « l’indice de la liberté » annuel et elle a combattu de nombreuses institutions bien établies qui, selon elle, empiètent sur les droits des personnes, comme l’Israel Dairy Board.

Elle est l’une des principales partisante du mouvement en faveur de l’utilisation récréative du cannabis et de sa dépénalisation, et elle est à la tête du caucus LGBT à la Knesset.

Le Parlement israélien a rejeté, dans la nuit, un projet de loi qui aurait reporté l’échéance de l’approbation du budget – qui était prévue mardi à minuit. Israël se dirige donc aujourd’hui vers des élections nationales : ce sera le quatrième scrutin en l’espace de deux ans. C’est la coalition qui avait présenté le projet de loi au vote mais Haskel, brisant la discipline de vote du parti, a manqué la séance, contribuant à sa défaite de justesse, par 49 voix contre 47.

« Les événements de ces derniers jours ont illustré l’idée selon laquelle ce gouvernement n’a pas de mandat pour continuer à diriger le pays », a-t-elle déclaré mercredi.

Une autre législatrice du Likud, Michal Shir, a également voté contre le projet de loi avant d’annoncer qu’elle quittait le parti pour Tikva Hadasha.

Le départ du parti au pouvoir de Shir et de Haskel suit celui de la populaire Yifat Shasha-Biton, présidente de la commission du coronavirus à la Knesset. Les députés de la faction Derech Eretz, Yoaz Hendel et Tzvi Hauser, ont aussi fait savoir qu’ils se ralliaient à Saar.

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