Shoah : La délégation polonaise à Jérusalem alors que la loi entre en vigueur
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Shoah : La délégation polonaise à Jérusalem alors que la loi entre en vigueur

Israël voit dans cette loi une tentative – que Varsovie dément – de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs

L'ancien camp de la mort de Sobibor dans l'est de la Pologne, où plus de 200 000 Juifs ont été assassinés pendant la Shoah. Un musée et un centre pour les visiteurs - longtemps attendus - sont en construction. Le 30 septembre 2017 (Crédit : Elan Kawesch/The Times of Israel)
L'ancien camp de la mort de Sobibor dans l'est de la Pologne, où plus de 200 000 Juifs ont été assassinés pendant la Shoah. Un musée et un centre pour les visiteurs - longtemps attendus - sont en construction. Le 30 septembre 2017 (Crédit : Elan Kawesch/The Times of Israel)

Des responsables israéliens et polonais se sont rencontrés jeudi à Jérusalem pour tenter de surmonter les tensions causées par une loi polonaise controversée sur la Shoah, le jour où le texte entrait en vigueur.

Israël voit dans cette loi une tentative – que Varsovie dément – de nier la participation de certains Polonais au génocide des juifs.

« Nous avons exprimé nos réserves sur la loi polonaise en mettant l’accent sur l’article de ce texte qui fait obstacle à la recherche de la vérité et à un débat historique ouvert », a indiqué le ministère israélien des Affaires étrangères à l’issue d’une rencontre entre le directeur général de ce ministère Yuval Rotem et le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Bartosz Cichocki.

« Nous avons eu un dialogue approfondi et ouvert pendant trois heures », a-t-on ajouté de même source.

Yuval Rotem a également exprimé son « inquiétude » vis-à-vis « des manifestations d’antisémitisme (en Pologne) tout en soulignant la nécessité pour le gouvernement polonais (…) de ne faire preuve d’aucune tolérance vis-à-vis de l’antisémitisme ».

Selon le communiqué israélien, une déclaration commune devrait être rendue publique par la suite.

Avant la discussion, Yuval Rotem a affirmé à la presse que « préserver la mémoire de l’Holocauste dépasse les relations bilatérales (…) C’est une question fondamentale touchant à l’essence du peuple juif ».

Pour sa part, M. Cichocki a assuré que son pays était « résolu à (se) joindre à Israël dans l’effort destiné à promouvoir la vérité sur l’Holocauste, et les relations centenaires entre Polonais et juifs ».

« Nous sommes ouverts, et prêts à répondre à toutes les questions », a-t-il ajouté.

La loi, qui a provoqué une vive réaction du gouvernement israélien, prévoit une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison pour ceux qui attribueraient « la responsabilité ou la co-responsabilité de la nation ou de l’Etat polonais pour les crimes commis par le Troisième Reich allemand ».

A LIRE : Texte intégral de la loi polonaise controversée sur la Shoah

Le principal objectif est d’empêcher de présenter de façon erronée les camps de la mort nazis, tels Auschwitz-Birkenau, qui se trouvaient sur le sol polonais, comme des camps de concentration polonais.

Israël a dit craindre, en vertu de cette loi, des poursuites lancées contre des survivants de l’Holocauste qui témoigneraient de l’implication de Polonais dans le meurtre ou la dénonciation de juifs aux nazis.

Les propos du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki en février selon lesquels « il y avait des auteurs polonais (du génocide juif), tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands », ont relancé la polémique.

Il faisait référence à des juifs ayant servi dans les rangs d’une police juive dans les ghettos, dont les nazis avaient imposé la création pour faciliter ensuite les déportations.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé des propos « scandaleux ».

La Pologne a été envahie par l’Allemagne nazie durant la Deuxième Guerre mondiale. Six millions de Polonais, dont trois millions de juifs, y ont été tués durant cette période.

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