Smotrich loue Twitter pour avoir fait comprendre que Tamimi est une « terroriste »
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Smotrich loue Twitter pour avoir fait comprendre que Tamimi est une « terroriste »

Le réseau social avait brièvement suspendu le compte du député de HaBayit HaYehudi après avoir dit que la Palestinienne méritait "au moins une balle dans la rotule"

Bezalel Smotrich, député de HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 28 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Bezalel Smotrich, député de HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 28 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député du parti HaBayit HaYehudi a repris son activité sur Twitter, après que son compte a été suspendu, en raison d’une publication dans laquelle il dit qu’il aurait préféré voir une manifestante palestinienne se faire tirer dessus plutôt qu’incarcérée.

Le député a été banni pendant 12 heures lundi, pour « comportement abusif », et il lui a été demandé de retirer ce tweet, dans lequel il regrette qu’Ahed Tamimi, l’adolescente palestinienne n’ait été condamnée qu’à 8 mois d prison, et qu’elle soit sortie indemne d’une altercation au cours de laquelle elle a giflé un soldat.

« Je suis toujours en vie », a publié Smotrich après avoir récupéré l’accès à son compte.

Il a ensuite remercié Twitter de lui avoir « cloué le bec » et d’avoir fait réaliser aux Israéliens que Tamimi « est une terroriste et pas une adolescente innocente ».

Smotrich a également remercié ses amis pour leur soutien, et ses « amis, de la gauche ‘éclairée et libérale’ qui ont montré leur vrai visage, qui soutient la liberté d’expression totale pour tous, tant qu’ils pensent comme eux ».

Réagissant à un tweet d’Yinon Magal, ancien député de HaBayit HaYehudi, Smotrich avait déploré le fait que l’armée israélienne n’ait pas blessé la jeune fille de 17 ans, lors de l’incident survenu au mois de décembre 2017.

« Je suis effectivement très triste qu’elle ait été arrêtée, Yinon », avait tweeté Smotrich à l’intention de Magal, qui a fait part de sa satisfaction quant à la réclusion de la jeune femme, quatre mois après son arrestation.

« En ce qui me concerne, elle méritait une balle, au moins dans la rotule. Elle aurait été assignée à résidence pour le reste de sa vie », avait ajouté Smotrich.

Le logo du réseau social Twitter. Illustration. (Crédit: Leon Neal/AFP)

Le membre d’extrême-droite de la Knesset a clairement établi lundi dans la soirée qu’il n’avait pas l’intention de supprimer le tweet, jurant de faire appel contre la demande faite de le faire.

« C’est un nouveau record dans la réduction au silence des opinions », a dit Smotrich. « Apparemment, la liberté d’expression n’est réservée qu’à un seul côté du spectre politique ».

« Je maintiens chaque mot de ce tweet », a-t-il affirmé.

Selon une capture d’écran que Smotrich aurait apparemment envoyée à des collègues de droite, Twitter aurait expliqué qu’il avait violé les règles du site qui interdisent des « comportements offensants ».

« Vous n’êtes pas autorisé à procéder au harcèlement délibéré d’une personne ou à inciter les autres à s’impliquer dans un tel comportement », disait le message de Twitter. « Nous considérons un comportement offensant comme étant une tentative de harceler, d’effrayer ou de réduire au silence autrui ».

Smotrich a par le passé encouragé la désertion en signe de protestation contre le programme « féministe radical » de l’armée israélienne, a comparé l’évacuation d’un avant-poste à un « viol brutal », a affirmé que des Arabes « illettrés » ont accès à l’université dans le cadre d’un programme de discrimination positive.

Il s’est décrit comme un « fier homophobe » et a participé à l’organisation de la parade anti-gay à Jérusalem, en réaction à la Gay Pride annuellement organisée.

Ahed Tamimi, à gauche, au tribunal militaire d’Ofer le 25 décembre 2017 (Crédit : Flash90)

Tamimi purge actuellement une peine de huit mois de prison, après négociation de peine, pour avoir frappé et giflé deux soldats devant sa maison de Cisjordanie, durant le mois de décembre.

Dans le cadre de la négociation, Tamimi a plaidé coupable pour agression aggravée sur un soldat israélien, incitation à la violence et troubles à deux reprises. La jeune fille de 17 ans a également été filmée en train d’encourager des attaques contre des Israéliens, notamment des attaques au couteau.

Dans sa version des faits, Tamimi a déclaré au tribunal militaire de Cisjordanie que les soldats qui figurent dans la vidéo avaient tiré sur son cousin à la tête avec une balle en caoutchouc, une heure avant l’incident filmé.

L’arrestation et les poursuites entamées contre Tamimi par Israël ont suscité l’intérêt de la communauté internationale. Cet évènement a aussi pointé le doigt sur des problématiques plus générales, notamment la détention de mineurs palestiniens par Israël – ils sont actuellement 356 – et a rouvert le débat sur ce qui est considéré comme une « résistance légitime » des Palestiniens face à la souveraineté israélienne.

Au début du mois, l’armée a indiqué que le ministère de la Justice enquêtait sur une vidéo diffusée par la famille Tamimi, qui montre un interrogateur israélien menaçant d’arrêter les proches de la jeune fille si elle refusait de coopérer.

L’interrogateur, qui s’est rapproché à quelques centimètres du visage de Tamimi, a décrit la peau claire et « les yeux angéliques » de l’adolescente.

Tamar Pileggi et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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