Solution à 2 états : Liberman prône l’échange de terres et populations
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Solution à 2 états : Liberman prône l’échange de terres et populations

Le ministre de la Défense affirme également que certains ministres devraient “se calmer” sur les projets d'annexion de la Cisjordanie sans accord avec les Etats-Unis

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant l'émission 'Rencontre avec la presse' de Rina Matzliach sur la Deuxième chaîne, le 11 février 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant l'émission 'Rencontre avec la presse' de Rina Matzliach sur la Deuxième chaîne, le 11 février 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman s’est dit samedi en faveur d’une solution à deux états avec échange de terres et de populations afin de garantir l’homogénéité de la population israélienne.

Il faut « une solution à deux états [mais] je pense qu’il faut préserver [le caractère] juif de l’Etat » israélien, a-t-il dit lors de la Conférence sur la sécurité de Munich où il était interrogé sur les propos du président américain Donald Trump, qui s’est distancié de l’objectif de la création d’un Etat palestinien.

« Mon problème est qu’aujourd’hui la proposition sur la table est que nous devons établir un état palestinien homogène, sans le moindre juif, et nous allons devenir un Etat binational avec 20 % de la population qui sont des Palestiniens », a-t-il dit.

« A mon avis, nous devons nous séparer des Palestiniens, et aussi de ceux qui vivent à Wadi Ara [une région principalement peuplée par des Arabes israéliens, située dans le district de Haïfa, au nord d’Israël]. Il n’y a aucune raison que nous acceptions un état palestinien sans aucun juif, judenrein, pendant que nous deviendrions un pays avec une population arabe de plus de 20 % », a-t-il déclaré.

« Je pense que le principe de base d’une solution [à deux états] doit être un échange de terres et de populations », a conclu le ministre israélien.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman depuis la conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 17 février 2017. (Crédit : Deuxième chaîne)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman depuis la conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 17 février 2017. (Crédit : Deuxième chaîne)

Selon cette idée, les terres en territoire palestinien peuplées par des juifs reviendraient à Israël, tandis que des localités israéliennes peuplées d’Arabes iraient au futur Etat Palestinien.

Les Arabes Israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël représentent aujourd’hui 17,5 % de la population. Certains en Israël craignent que leur poids démographique croissant puisse remettre en cause l’identité juive du pays.

Commentant une récente déclaration du député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi, qui avait affirmé que si Israël choisissait « une solution à un état, je serais Premier ministre », Liberman a répondu qu’il espérait que Tibi « sera membre du parlement de Ramallah, il n’y a rien pour lui au parlement israélien. »

La solution à deux Etats est depuis des années l’idée dominante pour aboutir à un règlement du conflit, et implique qu’Israël renonce, en moins en partie, aux implantations bâties en territoire palestinien.

Mais recevant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Trump a pris ses distances avec ce principe en disant qu’il ne s’accrochait pas nécessairement à cette solution.

Nikki Haley devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington D.C., le 18 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Nikki Haley devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington D.C., le 18 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Cependant, 24 heures après, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, ajoutait à l’impression générale de confusion en réaffirmant le soutien de Washington au principe de la création de deux Etats.

Vendredi, Liberman avait également appelé les responsables israéliens à « se calmer » sur les projets d’annexion de la Cisjordanie et de construction dans les implantations, des propos qui semblaient viser directement d’autres ministres.

« Nous ne pouvons pas progresser sans accord avec les Etats-Unis, en ce qui concerne la construction ainsi que l’imposition de la souveraineté, et par conséquent, je suggère à chacun de se calmer », a déclaré Liberman à la Deuxième chaîne depuis Munich.

« En ce qui concerne l’annexion et la construction en Judée et en Samarie, nous ferions mieux de bien comprendre que ce n’est pas quelque chose qui sera accompli par des déclarations ou des tentatives de gains politiques à court terme », a-t-il déclaré.

Ses propos semblaient viser principalement le ministre de l’Education Naftali Bennett, qui préside le parti pro-implantation HaBayit HaYehudi et a défendu les demandes qu’Israël annexe les blocs d’implantations et de grandes parties de la Cisjordanie.

Naftali Bennett, ministre de l'Education, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 22 janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)
Naftali Bennett, ministre de l’Education, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 22 janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Des progrès sur ces sujets « seront d’abord et avant tout le résultat ou fonction de nos accords avec les Etats-Unis. Si quelqu’un pense que l’on peut imposer la souveraineté israélienne sur toute la Judée ou la Samarie, ou sur les blocs [d’implantations], ou construire [des logements dans les implantations] sans limites et sans aucun accord avec la maison Blanche, il se trompe », a déclaré Liberman.

Mercredi, à la Maison Blanche, le président Trump avait demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu de « se restreindre un petit peu sur les implantations ».

Interrogé sur les évaluations de certains responsables du gouvernement, qui pensent qu’un autre conflit contre le Hamas dans la bande de Gaza pourrait être proche, Liberman a répété qu’Israël « n’a pas l’intention d’initier une confrontation militaire, que ce soit dans le sud ou dans le nord » du pays.

« Mais nous répondrons à chaque provocation par la force, et à chaque fois avec plus de force. C’est pourquoi le message est reçu, à Gaza ainsi que dans le nord », a-t-il ajouté, en faisant référence au groupe terroriste chiite du Hezbollah, qui est basé au Liban et combat en Syrie pour le régime de Bashar el-Assad.

Liberman a déclaré qu’Israël faisait « tous les efforts » pour récupérer les corps de deux soldats israéliens tués en 2014 à Gaza, mais a prévenu que le pays ne « sera pas entraîné dans un discussion publique avec le Hamas ou d’autres sur ce sujet. »

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