Spreadshirt retire de la vente des vêtements anti-vaccins avec une étoile jaune
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Spreadshirt retire de la vente des vêtements anti-vaccins avec une étoile jaune

Le BNVCA a annoncé son intention de déposer plainte contre la société, qui a retiré les produits et exclu le vendeur du site pour "violations des règles de la communauté"

Capture d’écran du site Spreadshirt, qui a vendu des vêtements anti-vaccins décorés d’une étoile jaune.
Capture d’écran du site Spreadshirt, qui a vendu des vêtements anti-vaccins décorés d’une étoile jaune.

Spreadshirt, plateforme en ligne de vente de vêtements personnalisés, a retiré de son catalogue des articles anti-vaccins décorés d’une étoile jaune avec la mention « Non vacciné », rappelant l’étoile des victimes juives des nazis.

Après avoir été interpellé sur les réseaux sociaux la semaine dernière par la LICRA, Spreadshirt a annoncé retirer les produits et exclure le vendeur du site pour « violations des règles de la communauté ».

Le BNVCA a néanmoins annoncé son intention de déposer plainte contre la société, lui demandant également de lui transmettre le nom du vendeur partenaire du site.

L’étoile de David, que les Juifs de France étaient obligés de porter sur leurs vêtements à gauche sur la poitrine pendant la Seconde Guerre mondiale, a, ces derniers mois, bien souvent été reprise par des individus opposés à la vaccination contre le coronavirus, au port du masque et plus généralement aux mesures de lutte contre la pandémie.

En établissant ce parallèle entre les crimes nazis et les décisions gouvernementales liées à la COVID-19, ils entendent ainsi dénoncer une prétendue « dictature sanitaire ».

Plusieurs étoiles ont pu être vues récemment lors de manifestations organisées contre le pass sanitaire.

Fin mai, des t-shirts flanqués d’une étoile jaune indiquant « non-vacciné » avaient déjà fait leur apparition sur Amazon, avant d’être retirés.

Une étoile jaune portée par un militant anti-vaccins lors d’un rassemblement à Paris, le 17 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Michel Euler, File)

La LICRA s’interroge actuellement sur la réponse judiciaire à apporter à ces détournements des symboles de la Shoah. Sur le site de l’organisation, lana Soskin, avocate et présidente de la Commission juridique de la LICRA, a expliqué que « ces faits pourraient être poursuivis sous deux délits » :

« Celui d’injure publique à caractère racial en ce que ces faits constituent un mode d’expression à la fois outrageant et méprisant à l’égard de l’ensemble des personnes d’origine ou de confession juive. Dieudonné a déjà été condamné sur ce fondement pour son spectacle qui a fait intervenir sur scène Robert Faurisson, au Zénith, en décembre 2008. L’individu qui avait venue sur scène remettre au négationniste le ‘prix de l’infréquentabilité et de l’insolence’ était vêtu d’un pyjama rayé sur lequel était cousue une étoile de David. »

Et « celui de contestation de crime contre l’humanité par minimisation outrancière. Comparer la question actuelle du ‘pass sanitaire’, ayant vocation à protéger la santé et la vie des citoyens français, n’est en rien assimilable à l’obligation de porter l’étoile jaune faite aux Juifs durant la Seconde Guerre mondiale et qui a constitué une étape importante dans l’extermination massive des Juifs d’Europe. Dès lors, cette assimilation est susceptible de constituer une minimisation outrancière d’un crime contre l’humanité, délit réprimé par la Loi au même titre que le négationnisme ».

Selon la juriste, « trois situations doivent être distinguées » :

« 1/ Les détournements qui ont eu lieu lors de la manifestation du week-end dernier, le 17 juillet 2021. À l’exception de certains actes délibérés, une action judiciaire contre les primo manifestants ayant arboré ces symboles durant les manifestations du week-end dernier ne serait pas opportune. Ces personnes ont pu être maladroites sans intention de véritablement mépriser la mémoire des victimes de la Shoah. »

« 2/ Le cas de ceux qui font commerce de l’étoile jaune ‘non vacciné’ : nous considérons que la commercialisation des symboles de la Shoah, dans ce contexte, sur les plateformes de vente en ligne pour en faire le commerce mérite d’être sanctionnée. La LICRA se réserve le droit d’attaquer les plateformes ou les vendeurs qui font commerce de symbole aussi nauséabonds. »

« 3/ Ceux qui, malgré le battage médiatique de ces derniers jours, continueront volontairement à revêtir ces symboles lors des futures manifestations. Nous considérons que les manifestants ont désormais tous les éléments pour comprendre que le détournement de l’étoile jaune et autres symboles de la Shoah, outre son caractère odieux, est de nature à constituer une infraction pénale. »

Elle conclut en expliquant que « la LICRA se réservera le droit de poursuivre toute personne détournant à l’avenir l’étoile jaune et autres symboles liés à la Shoah dans les futures manifestations ou pour en faire commerce ».

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