Suicide d’un artiste après des accusations de rapports sexuels avec des mineures
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Suicide d’un artiste après des accusations de rapports sexuels avec des mineures

Boaz Arad a été accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec plusieurs élèves mineures au lycée Thelma Yellin

L'artiste Boaz Arad (Capture d'écran : YouTube)
L'artiste Boaz Arad (Capture d'écran : YouTube)

L’artiste israélien Boaz Arad a été retrouvé mort dans la matinée de vendredi à son domicile de Tel Aviv, vingt-quatre heures après que des informations diffusées sur la chaîne Hadashot l’ont accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec des élèves alors qu’il travaillait comme enseignant au lycée Thelma Yellin de Givatayim.

Arad, qui officiait dans la vidéo, la sculpture, la photographie et la peinture, a été retrouvé pendu. Il s’agirait d’un suicide.

Le site internet Mako, qui dépend de la chaîne Hadashot, avait publié jeudi le témoignage d’une ancienne étudiante d’Arad qui avait raconté qu’elle avait entretenu une relation de quatre ans avec le professeur alors qu’elle était âgée de 16 ans.

Mako prétendait détenir des informations concernant trois dossiers supplémentaires dans lesquels Arad aurait été sexuellement impliqué avec des étudiantes – toutes mineures – à Thelma Yellin.

Arad, qui avait répondu aux accusations, avait dans un premier temps confirmé qu’il avait entretenu des relations avec d’anciennes élèves à la fin de leurs études. Il avait ensuite admis, sous la pression exercée, avoir eu une relation amoureuse avec une élève durant ses études au lycée, même s’il avait nié avoir eu des relations sexuelles avec elle.

Selon Mako, Arad avait indiqué à la journaliste Yana Pevzner Bashan au cours de leur conversation qu’il se suiciderait en cas de publication des accusations. « Je ne pourrais plus regarder ma mère dans les yeux si vous publiez ce témoignage », aurait-il expliqué.

« Je ne suis pas en position de me défendre parce que vous ne m’avez pas révélé les noms de ces femmes. Tout ce qu’il me reste dorénavant, c’est le suicide ».

En réponse aux propos tenus par Arad, Mako avait contacté la police et demandé à ce qu’elle s’assure qu’Arad n’intenterait pas à sa propre vie. Les agents auraient mené Arad au commissariat et l’auraient interrogé, mais l’auraient autorisé à retourner chez lui après avoir estimé qu’il ne se suiciderait pas.

Mako a défendu vendredi sa décision de publier les accusations contre Arad, disant que le site possédait des preuves substantielles soulignant leur exactitude.

« Nous, à Mako, partageons le chagrin de la famille d’Arad en ce moment difficile. Il était un grand artiste et un enseignant formidable qui a éduqué de nombreuses générations d’artistes », a écrit le rédacteur en chef Uri Rozen dans un article. « Mais la tragédie humaine ne change pas les faits que nous avons révélés hier sur les chapitres obscurs de sa vie ».

« Même avant notre conversation avec Arad, et même plus encore avant de prendre la décision finale de publier cet article, nous nous sommes interrogés sans relâche. Nous avons vérifié les faits et les termes employés. Nous voulions nous assurer que tous les détails que nous avancions étaient précis et qu’ils étaient dans l’intérêt du public, entre autres, parce qu’Arad a continué jusqu’à sa mort à servir activement en tant qu’enseignant dans des institutions d’éducation », a continué Rozen.

« En tant que journalistes, notre mission exige de nous parfois que nous publiions des faits déplaisants sur les institutions et sur les gens… Nous prenons nos responsabilités très au sérieux, nous souvenant que de l’autre côté de notre travail journalistique, il y a des gens qui peuvent être blessés, et que même si les accusations dirigées contre eux sont graves, ils méritent de l’attention et un traitement équitable », a ajouté Rozen.

« Mais un journaliste qui est conscient de ce qu’un enseignant dans un lycée a connu de telles relations interdites à plusieurs occasions et qui choisit de ne pas publier cette information est un pécheur envers la vérité, un pécheur envers la profession de journaliste et, par-dessus tout, un pécheur envers les victimes ».

Il y a deux semaines, le lycée Thelma Yellin avait été frappé par des accusations lancées contre un ancien professeur de musique dans l’institution, Menahem Nevenhoiz, accusé d’avoir harcelé sexuellement au moins 20 élèves. Les accusations contre Nevenhoiz comprenaient des actes de sodomie et les viols de plusieurs étudiants. La police avait toutefois mis un terme au dossier en raison de la prescription des faits.

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