Rechercher

Suite à la flambée des loyers à Tel Aviv, un couple prend la mer

Oubliez les appartements exigus : vivre sur un yacht dans la marina pourrait être l'option la plus économique pour la Ville Blanche

Un yacht revient à la marina d'Herzliya après la course annuelle de yachts de l'Ivy League, le 22 juin 2017. Illustration (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Un yacht revient à la marina d'Herzliya après la course annuelle de yachts de l'Ivy League, le 22 juin 2017. Illustration (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Alors que Tel Aviv est confrontée à une crise du logement avec des loyers qui montent en flèche en raison de la hausse des prix de l’immobilier, une entrepreneuse a trouvé une alternative qui pourrait s’avérer être la façon la plus frugale de vivre dans la cinquième ville la plus chère du monde.

Dans une interview accordée au Times of Israel, « Ella » a expliqué qu’elle envisageait d’acheter un yacht de neuf mètres offrant à peu près la même surface habitable qu’un appartement de 16 mètres carrés. Un yacht coûte moins cher qu’une voiture neuve, entre 32 424 et 247 853 shekels, selon les caractéristiques requises, et offre bien évidemment un emplacement en bord de mer, à condition qu’Ella et son partenaire trouvent une place dans un port.

« On le laisserait au port pendant la première ou les deux premières années, si ce n’est pour quelques sorties occasionnelles le week-end. On travaille tous les deux en Israël et on ferait les trajets entre la marina et nos lieux de travail », explique Ella. « Par la suite, on pourrait essayer de trouver un travail plus flexible qui nous permettrait de voyager davantage, mais nous ne sommes pas près de prendre notre retraite. »

Récemment, un studio de 16 mètres carrés dans le sud de Tel Aviv a été mis sur le marché pour 4 000 shekels par mois, hors factures. Le lit, les équipements de cuisine et la salle de bains sont installés dans un espace de seulement quatre mètres sur quatre.

Officiellement, les loyers à Tel Aviv sont censés connaître une hausse d’environ 10 % par rapport à l’année précédente pour la première partie de 2022, mais un nombre important de locataires qui renouvellent leur bail dans la ville doivent faire face à des augmentations de 30 à 40 %, selon des témoignages circulant sur les réseaux sociaux, les propriétaires cherchant à rattraper le gel des prix imposé durant la période du COVID.

Les habitants de Tel Aviv qui touchent un salaire moyen de 12 762 shekels par mois avant impôts, selon les dernières statistiques officielles, sont confrontés à un véritable dilemme : ils devront soit essayer de réduire leurs dépenses ailleurs s’ils veulent rester dans la ville, soit déménager.

Il y a actuellement huit marinas en Israël. Bien qu’elles ne soient pas pleines, l’année dernière, le gouvernement avait proposé des plans pour six nouvelles marinas, mais a fait face à une large opposition de la part des défenseurs de l’environnement. Parmi ces projets, seul celui de Nahariya a reçu le feu vert. Cependant, au cours des dernières semaines, certains signes indiquent que les projets de construction de marinas à Hadera, Netanya et Bat Yam, entre autres, sont sur le point d’être relancés. L’expansion des marinas existantes à Haïfa, Herzliya, Tel Aviv, Jaffa, Ashdod et Ashkelon a également suscité un certain enthousiasme.

Des bateaux amarrés à la marina d’Ashkelon, sur la côte sud de la Méditerranée, le 18 août 2019. (Crédit
: Gershon Elinson/Flash90)

La marina de Tel Aviv peut accueillir des bateaux jusqu’à 12 mètres de long. Les frais d’amarrage dans les marinas israéliennes commencent à 1 000 shekels par mois pour un petit yacht. C’est nettement moins que les frais locatifs de n’importe quel d’appartement, en particulier dans le quartier onéreux du Vieux Nord de Tel Aviv, la zone résidentielle la plus proche de la marina. Même si, selon les rumeurs, un marché noir des places d’amarrage est en train de se développer en raison de la pression croissante pour trouver des places, vivre sur un yacht dans le port pourrait permettre de réaliser des économies non négligeables.

Les services publics de distribution d’eau et d’électricité sont disponibles dans les marinas à des tarifs très raisonnables, et coûtent même beaucoup moins cher que dans un appartement traditionnel de type traditionnel. Il y a toutefois des dépenses cachées et des frais d’entretien : les assurances liées à la vie à bord d’un bateau (environ 2 700 shekels par an), le remplissage des réservoirs d’eau douce ou le fonctionnement d’un système de filtration, la gestion des eaux usées et l’entretien régulier du bateau contre l’usure normale, ce dernier point pouvant coûter environ 10 % de la valeur du bateau par an. Mais la somme totale de toutes ces charges est similaire – ou peut-être inférieure – aux coûts annuels supportés par les locataires d’appartements classiques (même si l’entretien de la propriété incombe officiellement aux propriétaires).

Vivre sur l’eau n’est sans doute pas la solution idéale pour tout le monde, et c’est certainement très loin du rêve conventionnel pour gravir les échelons dans l’échelle des logements. Mais pour Ella et son partenaire, plutôt que d’utiliser un pourcentage important de leur revenu mensuel pour vivre dans un petit appartement – sans parler d’économiser pour verser un acompte sur une propriété – ils placeront leur argent dans une maison qu’ils pourront garder au port jusqu’à ce qu’ils soient prêts à prendre le large.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...