Syrie-Iran : des relations privilégiées
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Syrie-Iran : des relations privilégiées

La Syrie a apporté son soutien dès la fondation de la République islamique et signé en 1982 avec l'Iran un accord sur la vente de pétrole iranien à Damas, à un taux préférentiel

Sur cette photo diffusée par l'agence de presse syrienne SANA, le président Bashar Assad, à gauche, serre la main du chef suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, avant leur rencontre à Téhéran, le 25 février 2019 (Crédit :  SANA via AP)
Sur cette photo diffusée par l'agence de presse syrienne SANA, le président Bashar Assad, à gauche, serre la main du chef suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, avant leur rencontre à Téhéran, le 25 février 2019 (Crédit : SANA via AP)

L’Iran chiite fournit un soutien politique, financier et militaire à son allié, le président syrien Bachar al-Assad, en guerre contre les rebelles et les jihadistes.

M. Assad est issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme.

Voici un rappel des relations entre les deux pays depuis 40 ans.

Soutien à la République islamique

En 1979, le régime impérial en Iran est renversé par une révolution populaire et le nouveau pouvoir proclame la République islamique.

La Syrie apporte son soutien à l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique, et signe en 1982 avec l’Iran un accord sur la vente de pétrole iranien à Damas, à un taux préférentiel.

Rare appui arabe

Pendant les huit ans de guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988), la Syrie – avec la Libye dans une moindre mesure – apporte un rare soutien arabe à Téhéran face à Bagdad.

Le 22 septembre 1990, jour du 10e anniversaire du déclenchement du conflit, le président syrien Hafez al-Assad (père de l’actuel président Bachar) entame sa première visite officielle en République islamique.

En 1997, l’Iran annonce qu’il va participer à un projet de « modernisation » des équipements militaires syriens.

En janvier 2001, Téhéran et Damas décident de renforcer leurs liens « stratégiques », lors d’une visite officielle en Iran de Bachar al-Assad, qui a succédé à son père en 2000.

Bashar el-Assad, à droite, président syrien, avec le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, à Damas, le 3 septembre 2015. (Crédit : Facebook/page officielle de la présidence syrienne)

Soutien militaire et financier

Dès le début de la guerre en Syrie en 2011, Téhéran a volé au secours du régime Assad à grand renfort de conseillers militaires et de groupes armés pro-iraniens, dont le puissant mouvement terroriste libanais du Hezbollah.

En juillet 2015, le Parlement syrien approuve un accord avec l’Iran sur l’ouverture d’une nouvelle ligne de crédit d’un milliard de dollars, après deux lignes de crédit similaires en 2013 (4,6 milliards de dollars).

En septembre 2015, Assad affirme que l’Iran aide son régime militairement et économiquement.

Coopération économique

En janvier 2017, le régime syrien attribue à des opérateurs iraniens l’exploitation d’une mine de phosphate, une licence de téléphonie mobile et la construction d’un terminal pétrolier maritime, en vertu d’accords signés avec l’Iran.

En août 2018, Téhéran affirme qu’il va aider le régime syrien à réhabiliter son industrie militaire.

Fin janvier 2019, les deux pays signent 11 accords et protocoles d’entente, dont un accord de coopération économique « stratégique » et à « long terme » : réhabilitation d’infrastructures et construction d’une centrale électrique entre autres.

En février, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif fait part de « la disposition des entreprises iraniennes à coopérer économiquement avec la Syrie pendant la période de reconstruction ».

Le président syrien Bachar al-Assad, à droite, s’entretient avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, à Damas, en Syrie, le 3 septembre 2018. (Agence de presse syrienne officielle SANA via AP)

Rare visite d’Assad

Le 25 février 2019, Bachar al-Assad se rend à Téhéran, sa première visite depuis le début du conflit. Il y « remercie l’Iran pour tout ce qu’il a apporté à la Syrie durant la guerre ».

Menaces israéliennes

Le 30 juin 2020, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu prévient que Assad « risque l’avenir » de « son pays et de son régime » s’il permet à l’Iran de s’implanter sur son territoire, à la frontière d’Israël.

Depuis 2011, Israël a mené des centaines de frappes contre les forces de Damas mais aussi contre celles de l’Iran et du Hezbollah en Syrie.

Coopération militaire

Le 8 juillet 2020, Téhéran et Damas signent un accord de coopération « militaire global » portant principalement sur le renforcement des systèmes de défense aérienne de la Syrie, au moment où ces deux pays font face à des pressions américaines accrues.

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