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Syrie : Le mécanisme d’aide transfrontalière prolongé de 6 mois

C'est "une bouée de sauvetage indispensable pour 4,1 millions de personnes dans le nord-ouest de la Syrie", a commenté Antonio Guterres

Des personnes font la queue pour recevoir des colis d'aide humanitaire dans le camp d'al-Hol géré par les Kurdes, dans le gouvernorat de Hasakeh, au nord-est de la Syrie, le 18 août 2021. (Crédit : Delil SOULEIMAN / AFP)
Des personnes font la queue pour recevoir des colis d'aide humanitaire dans le camp d'al-Hol géré par les Kurdes, dans le gouvernorat de Hasakeh, au nord-est de la Syrie, le 18 août 2021. (Crédit : Delil SOULEIMAN / AFP)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé lundi pour six mois le mécanisme d’aide transfrontalier vital pour des millions de personnes en Syrie, un soulagement pour les humanitaires qui espéraient toutefois, comme certains États, une prolongation plus durable.

La résolution adoptée à l’unanimité étend jusqu’au 10 juillet 2023 le mécanisme qui permet d’acheminer de l’aide depuis la Turquie, uniquement par le point de passage de Bab al-Hawa, aux régions sous contrôle de groupes jihadistes et rebelles dans la province d’Idleb et ses environs, sans passer par le régime syrien de Bachar Al-Assad.

C’est « une bouée de sauvetage indispensable pour 4,1 millions de personnes dans le nord-ouest de la Syrie », a commenté lundi le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Surtout « à un moment où les besoins humanitaires ont atteint leur niveau le plus haut depuis le début du conflit en 2011, avec une population en Syrie aux prises avec un hiver rude et une épidémie de choléra », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le mécanisme, qui expirait mardi, avait été renouvelé en juillet dernier également pour seulement six mois, une durée imposée par Moscou, allié d’Assad.

La Russie veut que l’aide transite exclusivement par les régions sous contrôle du régime et non par le point de passage de Bab al-Hawa, qui assure plus de 80 % des besoins de la population des zones jihadistes.

Mais les ONG estiment qu’on ne peut faire confiance au régime pour que l’aide soit distribuée équitablement dans les zones qui échappent à son contrôle.

Photo d’illustration : Photo prise le 11 janvier 2015, montrant des réfugiés syriens debout à côté de tentes de l’ONU au camp de réfugiés de Zaatari, au nord est de la capitale jordanienne Amman. Plus d’1,1 million de Syriens ont passé la frontière vers le Liban et environ 600 000 sont en Jordanie, selon le HCR, le 28 août 2015. Amman avance le chiffre de 1,4 million, soit 20 % de la population du royaume qui est pauvre en ressource. (Crédit : AFP PHOTO / KHALIL MAZRAAWI)

« Outil politique »

Le vote favorable de la Russie lundi « ne change pas notre position de principe sur le mécanisme », a commenté l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia, réclamant le « respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie ». Il a également noté qu’il n’y aurait pas de renouvellement de six mois en juillet sans « changement fondamental » de l’approche du Conseil en matière d’aide humanitaire à la Syrie.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont au contraire souligné leur soutien à une prolongation du mécanisme pour un an.

« Les acteurs humanitaires auraient eu besoin d’un mandat d’au moins 12 mois et de l’ouverture d’un second point de passage pour assurer un acheminement plus satisfaisant de l’aide humanitaire au bénéfice des populations », a déclaré l’ambassadeur français Nicolas de Rivière.

« Soyons honnêtes avec nous-mêmes : cette résolution est le strict minimum », a souligné l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield, réclamant un « renforcement » du mécanisme pour atteindre plus de gens.

« Ce vote crucial sur la Syrie est devenu un outil de négociation politique », avait déploré de son côté avant le vote le chef de mission de Médecins sans frontières pour la Syrie, Francisco Otero y Villar.

Selon l’ONU, le mécanisme a permis la livraison d’aide vitale à environ 2,7 millions de personnes par mois en 2022.

Aujourd’hui, 90 % de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté et 12,4 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, selon l’ONU.

Illustration : un convoi de l’ONU devant le Four Seasons Hotel à Damas, en Syrie. (Crédit : AP/Archives)

« Catastrophe médicale »

En 2014, l’aide pouvait parvenir à la Syrie par quatre passages frontaliers, mais après des années de pression de Pékin et Moscou, seul le poste de Bab-al-Hawa est resté opérationnel.

« Bien que nous soyons contents que l’aide soit garantie pour l’hiver », la prolongation à nouveau pour six mois « signifie que la certitude d’aujourd’hui va une nouvelle fois être de courte durée », a commenté dans un communiqué David Miliband, chef du Comité international de secours.

Plusieurs agences de l’ONU avaient souligné il y a quelques jours que la durée de six mois décidée en juillet avait réduit les capacités d’action en alourdissant les coûts et les défis logistiques et opérationnels.

La guerre déclenchée en 2011 en Syrie a morcelé le pays. Le régime a repris la majorité du territoire, les forces kurdes contrôlent de vastes régions du nord et nord-est et environ la moitié de la province d’Idleb et des secteurs limitrophes sont dominés par les jihadistes.

Dimanche, des professionnels de la santé ont organisé un sit-in dans la région d’Idleb pour exiger le renouvellement du mécanisme.

Une fermeture de la frontière serait « une catastrophe médicale » qui mettrait 41 centres de santé hors service et les médicaments de base pour les maladies chroniques ne seraient plus disponibles, avait déclaré à l’AFP lors du sit-in Houssam Korra Mohamed, un responsable des services de santé d’Idleb.

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