Syrie : un djihadiste français, soupçonné d’avoir été gêolier d’ex-otages français
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Syrie : un djihadiste français, soupçonné d’avoir été gêolier d’ex-otages français

Salim Benghalem "ferait actuellement partie de la police islamique de l'EI et participerait aux exécutions et châtiments corporels," selon la DGSI

John Cantlie (Crédit : YouTube)
John Cantlie (Crédit : YouTube)

Un second djihadiste français, Salim Benghalem, est soupçonné d’avoir été parmi les geôliers des ex-otages français en Syrie, aux côtés de Mehdi Nemmouche, tueur présumé du Musée juif de Bruxelles, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.

Une information judiciaire visant notamment les deux hommes est ouverte pour enlèvement et séquestration, selon cette source, qui confirme une information du Monde.

Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir été geôliers de quatre journalistes français, Didier François, Nicolas Hénin, Pierre Torrès et Edouard Elias, libérés en avril 2014 après dix mois de captivité. Nicolas Hénin avait révélé quelques mois plus tard avoir été maltraité par Mehdi Nemmouche au cours de sa détention, mais le rôle de Benghalem n’avait pas été évoqué.

Agé de 35 ans, Salim Benghalem figure sur la liste américaine des « combattants terroristes étrangers » pour son appartenance au groupe Etat islamique (EI). Il est également connu des services de renseignement français et aurait « participé activement à des combats » en Syrie, selon une source proche du dossier.

Selon une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, service de renseignement intérieur français) citée par Le Monde, il « ferait actuellement partie de la police islamique de l’EI et participerait aux exécutions et châtiments corporels administrés aux personnes jugées par leurs soins ».

Il avait été repéré par les services de renseignement comme évoluant dans l’entourage du groupe dit des Buttes-Chaumont qui envoyait des djihadistes en Irak mais n’avait pas été inquiété par la justice. Dans cette affaire, Saïd Kouachi, l’un des frères auteurs de l’attaque contre le journal Charlie Hebdo en janvier à Paris, avait été entendu par les enquêteurs, et son frère Chérif avait été condamné à trois ans de prison.

Les enquêteurs ont également établi que Benghalem s’était rendu au Yémen, selon une source proche du dossier. L’un des frères Kouachi, s’y était également rendu, sans que les services spécialisés ne parviennent à déterminer s’il s’agissait de Chérif ou de Saïd.

Originaire de Cachan (banlieue parisienne) et soupçonné de meurtre et de tentative de meurtre dans le cadre de règlements de comptes entre bandes rivales, Benghalem avait été condamné en 2007, après cinq ans de détention provisoire, à 11 ans de réclusion. Il avait été libéré en 2010.

En février, Benghalem était apparu dans une vidéo de propagande de l’EI, tournée dans la région d’Alep (nord de la Syrie), pour faire notamment l’apologie des attentats de Paris. Il était interrogé par l’otage britannique John Cantlie, journaliste aux mains de l’EI depuis novembre 2012.

Mehdi Nemmouche est de son côté incarcéré en Belgique dans l’attente de son procès pour l’attaque du Musée juif qui avait fait quatre morts en mai 2014.

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