Thérapie cellulaire contre le cancer : un Israélien se joint à l’initiative de l’UE
Le Pr. Ayal Hendel fait partie d'un consortium de 8 M € visant à garantir la précision de la thérapie cellulaire CAR-T, une immunothérapie utilisant CRISPR-Cas9, en Europe
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Le Pr. Ayal Hendel, de la faculté des sciences de la vie Goodman de l’université Bar Ilan à Ramat Gan, s’est joint à un projet européen novateur visant à améliorer la manière dont un traitement personnalisé contre le cancer, connu sous le nom de thérapie cellulaire CAR-T, est administré dans les hôpitaux européens.
Financée par l’Initiative européenne pour la santé (EU4Health), cette initiative de cinq ans, d’un montant de 8 millions d’euros (31 millions de shekels), s’intitule EASYGEN (pour « intégration facile des flux de travail pour la thérapie génique »).
Ce projet permettra aux hôpitaux de fabriquer sur place, en 24 heures au lieu de plusieurs semaines, des cellules CAR-T (récepteurs antigéniques chimériques) destinées à la thérapie cellulaire, un type d’immunothérapie qui utilise les propres lymphocytes T du patient pour attaquer les cellules cancéreuses.
Actuellement, « seuls 30 % des patients en Europe ont accès à ce traitement, car il est coûteux et complexe à fabriquer », a récemment expliqué Hendel lors d’un entretien téléphonique accordé au Times of Israel.
Ce professeur de 50 ans, qui travaille depuis quinze ans dans le domaine de l’édition génomique, a déclaré que l’objectif du consortium était de développer un système entièrement automatisé pour la thérapie génique avancée.
Hendel a indiqué que l’objectif était de rendre la fabrication du traitement plus rapide et plus sûre, afin de le mettre à la disposition des patients « pour qu’ils puissent l’obtenir à l’hôpital en une seule journée ».
Modifier le code génétique des lymphocytes T
Selon Hendel, cette immunothérapie consiste à « prélever des cellules immunitaires, à les modifier génétiquement pour les rendre plus efficaces, puis à les réinjecter dans l’organisme afin qu’elles combattent à la fois les cancers du sang et les tumeurs solides ».
La thérapie CAR-T utilise la technologie d’édition génomique CRISPR-Cas9, qui fonctionne comme de minuscules ciseaux moléculaires capables de couper l’ADN à un endroit précis. Les chercheurs peuvent ainsi modifier le code génétique des lymphocytes T, un type de globules blancs qui jouent un rôle essentiel dans la lutte du système immunitaire contre les infections et les maladies.
Cette thérapie révolutionnaire utilise les propres cellules immunitaires du patient pour lutter contre un cancer.
Tout d’abord, les médecins prélèvent les lymphocytes T du patient, qu’ils modifient ensuite par génie génétique. Un récepteur spécial, appelé CAR, est ajouté. Ce récepteur agit comme un système de navigation et guide les lymphocytes T afin qu’ils reconnaissent et attaquent les cellules cancéreuses.
Les nouvelles cellules CAR-T sont ensuite multipliées en millions d’exemplaires, puis réinjectées dans l’organisme du patient.
Les cellules CAR-T peuvent alors détruire les cellules cancéreuses présentes dans l’organisme.
« Nous pouvons améliorer les cellules T par manipulation génétique afin de les rendre plus efficaces dans la lutte contre un cancer spécifique », a expliqué Hendel.
« Dans le même temps, mon laboratoire utilisera des méthodes de pointe pour mener des analyses détaillées afin de détecter d’éventuels effets indésirables, garantissant ainsi l’efficacité et la sécurité de l’édition génétique utilisée dans les thérapies CAR-T. »
Il a souligné que son rôle au sein du consortium consiste à appliquer les modifications CRISPR au produit, puis « à appliquer les méthodologies que nous avons développées pour mesurer la sécurité ».
« Notre objectif est de garantir que les outils d’édition génétique puissants utilisés dans cette thérapie soient aussi précis que possible », a déclaré Hendel.
« En améliorant les critères de sécurité, nous contribuons à ouvrir la voie pour que les hôpitaux du monde entier puissent proposer ces traitements directement et en toute confiance aux patients. »
Dix-huit partenaires issus de huit pays
La société mondiale de soins de santé Fresenius SE & Co coordonne le projet avec Phillips, une multinationale néerlandaise spécialisée dans les technologies de la santé, et rassemble dix-huit autres partenaires issus de huit pays, dont l’université de Glasgow et l’université de Navarre. Ce projet bénéficie également du soutien du programme de recherche et d’innovation Horizon Europe de l’UE.
Il a également expliqué que sa motivation était de rendre le traitement par la thérapie cellulaire CAR-T accessible à davantage de personnes en Europe, puis dans le monde entier, y compris en Israël.
« Je suis un ingénieur en génétique », a ajouté Hendel.
« En milieu universitaire, nous développons des technologies, mais nous ne développons pas de produits. Pour guérir les maladies, nous devons collaborer avec des cliniciens, mais aussi avec des industriels, car au bout du compte, cela requiert un effort collectif. On ne peut vraiment pas y arriver seul. »
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