Thierry Lhermitte se confie sur son incarnation de Simon Wiesenthal
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Thierry Lhermitte se confie sur son incarnation de Simon Wiesenthal

Seul en scène devant un écran sur lequel sont projetées des images d'archives, l'acteur raconte les insondables interrogations de l'auteur : "Peut-on pardonner l'impardonnable ?"

Thierry Lhermitte au 40e Festival de Deauville, en septembre 2014. (Crédit : Charly TRIBALLEAU / AFP)
Thierry Lhermitte au 40e Festival de Deauville, en septembre 2014. (Crédit : Charly TRIBALLEAU / AFP)

« J’aime mélanger les genres, passer du rire aux larmes » : Thierry Lhermitte manie le contre-emploi comme personne, en s’offrant des parenthèses aux antipodes de son image de charmeur au comique pince-sans-rire comme actuellement sur scène dans le rôle du « chasseur de nazis » Simon Wiesenthal.

« C’est une chance d’avoir l’occasion d’amuser ou d’émouvoir », confie à l’AFP le comédien qui jusqu’au 29 mars, avant une tournée dans les pays francophones, retrouve avec brio le registre dramatique.

À l’affiche du Théâtre Antoine, Thierry Lhermitte porte pour la première fois sur scène Fleurs de Soleil, le livre dans lequel Simon Wiesenthal raconte comment il a été confronté en juin 1942 à un nazi à l’agonie cherchant le pardon.

« Il voulait mourir en paix avec le pardon d’un Juif… J’ai cru devoir lui refuser. Ai-je eu raison ou ai-je eu tort ? », s’est interrogé dans cet ouvrage paru en 1969, celui qui a contribué à traduire en justice plus de 1 100 criminels de guerre.

Seul en scène pour la première fois, avec pour seul décor un écran sur lequel sont projetées des images d’archives, Thierry Lhermitte, 67 ans, raconte à la première personne les insondables interrogations de l’auteur : « Peut-on pardonner l’impardonnable ? »

Simon Wiesenthal (photo credit: CC-BY-SA Horego, Wikimedia Commons)
Simon Wiesenthal. (Crédit : CC-BY-SA Horego, Wikimedia Commons)

« J’ai été bouleversé par le livre de Simon Wiesenthal découvert par hasard à l’occasion d’une suggestion sur ma liseuse, il y a quelques années », souligne l’acteur.

« Je l’ai fait lire ensuite à des amis dont le producteur Jean-Marc Dumontet. Un an plus tard, il m’a dit qu’il l’avait fait adapter pour le théâtre, et me l’a aussitôt proposé. Je me suis demandé longtemps si j’étais légitime… J’ai compris que je pouvais être un passeur d’histoire », ajoute le comédien.

« Comprendre, apprendre et partager »

« Avec une comédie qui fait rire aux éclats, les gens vous manifestent leur reconnaissance. Là, c’est encore autre chose, et c’est particulièrement émouvant. Je n’avais jamais ressenti cela… », confie encore Thierry Lhermitte. « À l’époque de Twitter qui ne laisse de la place que pour des slogans, le texte de Wiesenthal est d’utilité publique. »

Et lui, aurait-il accordé son pardon ? « Je crois que je n’aurais pas pardonné, en regrettant le reste de ma vie. Mais, à la réflexion, je pense que le pardon n’est possible qu’après la justice et le repentir du coupable. »

En 2012, Thierry Lhermitte et Patrick Timsit avaient partagé les planches avec Inconnu à cette adresse, un autre drame sur le nazisme de Kressmann Taylor. L’an dernier, le comédien a été remarqué aussi dans le rôle d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer, dans « La Finale », long métrage de Robin Sykes.

Parrain et porte-parole de la Fondation pour la recherche médicale, Thierry Lhermitte est aussi depuis deux ans chroniqueur sur France Inter sur des sujets liés à la santé, dans l’émission « Grand bien vous fasse ! ».

« Les avancées scientifiques me passionnent. J’aime comprendre, apprendre et partager », explique le comédien qui sera prochainement à l’affiche de trois films dont « Hommes au bord de la crise de nerfs » de Audrey Dana et « Do you do Saint-Tropez ? » de Nicolas Benamou.

« J’aime toujours tourner des comédies débridées », assure l’inoubliable bénévole hypocrite du « Père Noël est une ordure » qui écrit actuellement l’adaptation satirique pour le cinéma de la série de l’Inspecteur Derrick.

« Fleurs de Soleil », adaptée du livre éponyme de Simon Wiesenthal, au théâtre Antoine, à Paris, jusqu’au 29 mars 2020.
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