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Tom Nides : les visas pour les USA dépendent de l’adoption d’une loi par la Knesset

L’ambassadeur américain demande à la ministre de l’Intérieur de faire en sorte de débloquer un projet essentiel, retardé par l’opposition pour négocier la date des élections

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur américain en Israël Thomas Richard Nides pendant sa prestation de serment à son nouveau poste, à la résidence du président de Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël Thomas Richard Nides pendant sa prestation de serment à son nouveau poste, à la résidence du président de Jérusalem, le 5 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Tandis que la coalition gouvernementale et l’opposition se querellaient, lundi, pour savoir quels projets de loi seraient adoptés avant la dissolution de la Knesset, l’ambassadeur américain Tom Nides a averti la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked que la non-adoption d’un texte de loi clé retarderait considérablement l’adhésion d’Israël au programme américain d’exemption de visa.

Le programme d’exemption de visa permet (Visa Waiver Program ou VWP)aux citoyens des pays membres du programme d’entrer sur le territoire américain sans pour autant devoir demander la délivrance de visas coûteux, à la fois en démarches et en argent. La délivrance n’est en outre pas garantie.

Nides a appelé Shaked lundi, a déclaré le cabinet de cette dernière au Times of Israel, afin d’aider à ce que le projet soit adopté rapidement.

L’ambassade américaine en Israël a aussi contacté Yariv Levin, député du Likud, pour demander à son parti de ne pas voter contre la législation qui est essentielle pour qu’Israël puisse adhérer au programme américain d’exemption de visa, a déclaré une source proche du législateur au Times of Israel, confirmant une information de Walla News.

Le Likud avait clairement indiqué qu’il prévoyait de voter contre la législation afin de contrecarrer la tentative de la coalition de faire avancer une initiative très populaire à la veille de la saison électorale.

La source proche de Levin a affirmé que le Likud n’a pas conclu d’accord avec la coalition qui lui permettrait d’aider à faire passer la législation.

Un appel similaire a été lancé à la Liste arabe unie. Les responsables américains ont dit que l’entrée d’Israël dans le VWP aiderait également les Américains d’origine palestinienne, selon Walla. Ce dernier groupe est souvent soumis à des contrôles de sécurité invasifs à l’aéroport Ben Gurion et l’administration Biden a conditionné l’entrée d’Israël dans le VWP à l’amélioration du traitement des Américains d’origine palestinienne à tous les postes frontières israéliens.

Mais face au refus des élus de l’opposition de soutenir la législation nécessaire à l’entrée d’Israël dans le programme américain d’exemption de visa, Tom Nides est intervenu et les a exhorté à ne pas laisser la politique s’opposer à une initiative qui profitera à tous les Israéliens.

« Je travaille jour et nuit depuis mon arrivée pour aider Israël à remplir toutes les conditions pour rejoindre le #VisaWaiverProgram. Ne perdez pas l’élan maintenant. Cela aidera les citoyens israéliens à se rendre aux États-Unis – donnez-leur la priorité ! », a tweeté Nides.

La législation en question accorderait aux États-Unis un accès limité aux casiers judiciaires israéliens – une exigence de tous les pays qui rejoignent le VWP. Si elle n’était pas adoptée, l’entrée dans le programme d’exemption de visa serait probablement retardée d’une année supplémentaire.

Le projet de loi exige aussi que les compagnies aériennes communiquent des informations sensibles sur les voyageurs entrant ou sortant du pays, parmi lesquelles le numéro de la carte de crédit utilisé pour payer le billet d’avion, l’adresse de facturation ou le lieu de séjour. Il appelle également à la création d’une base de données contenant des informations sur les passagers et d’une unité d’information sur les passagers chargée de gérer et examiner les données.

L’idée de la base de données remonte à 2014, lorsque le gouvernement de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné la formation d’un groupe de travail pour envisager la création d’une base de données sur les passagers. Ce n’est qu’en février 2020, au moment où les mesures sanitaires destinées à enrayer la propagation du COVID-19 se concentraient sur les voyageurs entrant dans le pays, que les travaux sur le projet de loi se sont amorcés.

Le projet de loi a été adopté par la commission des lois le 26 mai, mais n’a pas encore commencé son parcours à la Knesset.

Israël ne pourra adhérer au VWP sans adopter cette loi.

Selon Ynet, qui a évoqué l’appel téléphonique de Nides à Shaked, l’opposition refuserait de faire passer ce projet de loi, dans le cadre des ses négociations avec la coalition sur les lois susceptibles d’être adoptées avant les prochaines élections.

L’opposition dirigée par le Likud subordonne l’adoption du projet de loi au choix du 25 octobre – et non d’une date en novembre, option de la coalition – comme date du prochain scrutin national.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked s’entretient avec le Premier ministre Naftali Bennett lors d’une session plénière de la Knesset, le 11 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Cela fait maintenant des années qu’Israël cherche à bénéficier du programme américain d’exemption de visa, mais il n’a jusqu’à présent jamais satisfait aux exigences minimales. Par le passé, les gouvernements ont fait pression sur le Congrès pour obtenir une exemption de ces critères, pourtant applicables urbi et orbi. Dernièrement, Israël a privilégié la piste de l’adoption d’une loi permettant de satisfaire aux conditions américaines.

La semaine dernière, un responsable de l’ambassade américaine a averti que les prochaines élections, les cinquièmes d’Israël en moins de quatre ans, pourraient retarder le processus.

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