Tony Blair juge que les opinions anti-Israël de Roger Waters sont “grotesques”
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Tony Blair juge que les opinions anti-Israël de Roger Waters sont “grotesques”

Dans un documentaire, l’ancien Premier ministre britannique dit que l’ex-chanteur des Pink Floyd est corrompu par des décennies de “poison idéologique”

Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, pendant la cérémonie de commémoration du premier anniversaire de la mort de Shimon Peres au mont Herzl, à Jérusalem, le 14 septembre 2017. (Crédit : Josef Avi Yair Engel)
Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, pendant la cérémonie de commémoration du premier anniversaire de la mort de Shimon Peres au mont Herzl, à Jérusalem, le 14 septembre 2017. (Crédit : Josef Avi Yair Engel)

Tony Blair, ancien Premier ministre du Royaume-Uni, a condamné les opinions anti-israéliennes de Roger Waters, les jugeant “grotesques”, dans un documentaire sur l’antisémitisme.

Blair, qui a été pendant plusieurs années l’envoyé spécial du Quartet pour le Moyen Orient, a été interrogé sur ce qu’il pensait d’une déclaration de l’ancien chanteur de Pink Floyd, qui a comparé Israël à l’Allemagne nazie, a annoncé dimanche le Daily Mail.

« Je pense que la critique est si grotesque qu’elle indique une hostilité fondamentale à la nation de pays pour le peuple juif, a dit Blair. Il faut surmonter l’héritage de ce poison idéologique qui a alimenté le système pendant des décennies. »

Blair se rend souvent au Moyen Orient, et est venu plus de 200 fois en Israël.

Roger Waters (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)
Roger Waters (Crédit : Lior Mizrahi/Flash90)

Le documentaire, réalisé par Ian Halperin, examine les critiques d’Israël soulevées par Waters et son traitement des Palestiniens, et demande si le bassiste et chanteur est antisémite.

« Oui. Je suis un grand fan de la musique des Pink Floyd, mais je ne suis pas d’accord avec Roger Waters et sa campagne, a dit Blair. Je pense que c’est une partie d’une alliance plus dangereuse et qui m’inquiète […], l’alliance islamo-gauchiste. C’est un problème croissant […]. Il n’y a rien de progressif dans une idéologie totalitaire. »

Waters, célèbre critique d’Israël, est connu pour harceler publiquement les artistes qui se rendent dans l’Etat juif.

En 2013, l’Anti-Defamation League (ADL), qui avait auparavant défendu Waters d’accusations d’antisémitisme, a reconnu que les « théories du complot antisémites » s’étaient « infiltrées dans la totalité » des opinions de l’ancien de Pink Floyd.

Blair a dirigé le Labour entre 1994 et 2007, et a été le Premier ministre britannique pendant dix ans. Le Labour a récemment été accusé d’ignorer l’antisémitisme sévissant dans ses rangs.

Pendant sa conférence annuelle, organisée la semaine dernière, le parti a adopté des règles pour faciliter l’expulsion de membres utilisant des termes haineux contre les Juifs.

Ces règles, qui ont été soutenues par le chef du parti, Jeremy Corbyn, ainsi que par le Conseil national de la formation, renforcent le positionnement du Labour envers les membres antisémites ou utilisant d’autres formes de discours de haine, notamment le racisme, l’islamophobie, le sexisme et l’homophobie.

Elles ne définissent cependant pas ce qui constitue de l’antisémitisme. Corbyn a soutenu une définition adoptée au début de l’année par le gouvernement britannique. Basée sur celle de l’Alliance internationale de commémoration de l’Holocauste, elle inclut des exemples de diabolisation d’Israël, mais il n’a pas été encore déterminé si le Labour suivrait cette définition pour décider de ce qui constituera l’antisémitisme.

Le chef du parti d'opposition du Labour Jeremy Corbyn lors d'un discours pour les élections législatives à Londres, le 29 avril 2017 (Crédit : Niklas Hallen/AFP)
Le chef du parti d’opposition du Labour Jeremy Corbyn lors d’un discours pour les élections législatives à Londres, le 29 avril 2017 (Crédit : Niklas Hallen/AFP)

Suite à la conférence, Corbyn a expliqué que l’antisémitisme est « totalement opposé aux croyances du parti. »

Ces nouvelles règles suivent l’éclatement d’un nouveau scandale au sein du Labour. Lors d’un événement organisé en marge de la conférence principale de la formation à Brighton, l’auteur israélo-américain et militant pro-palestinien Miko Peled (qui n’est pas membre du Labour) a déclaré qu’on devrait avoir le droit de mettre en doute la réalité de la Shoah, au nom de la liberté d’expression.

JTA a contribué à cet article.

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