Le Labour jure d’exclure les antisémites – sans clairement définir le terme
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Le Labour jure d’exclure les antisémites – sans clairement définir le terme

Lors d'un événement organisé en marge de la conférence annuelle du parti, un militant pro-palestinien a affirmé qu'il devrait être légal d'interroger la réalité de la Shoah

Le vice-président du  Labour, Tom Watson, à gauche, félicité par le chef du parti  Jeremy Corbyn après un discours prononcé devant les délégués dans la salle principale au troisième jour de la conférence annuelle de la formation travailliste à Brighton, au Royaume-Uni, le 26 septembre 2017 (Crédit : Dan Kitwood/Getty Images)
Le vice-président du Labour, Tom Watson, à gauche, félicité par le chef du parti Jeremy Corbyn après un discours prononcé devant les délégués dans la salle principale au troisième jour de la conférence annuelle de la formation travailliste à Brighton, au Royaume-Uni, le 26 septembre 2017 (Crédit : Dan Kitwood/Getty Images)

Suite aux allégations affirmant que le Labour tentait de dissimuler son problème d’antisémitisme, la formation politique britannique a adopté des règles destinées à faciliter l’exclusion de ses membres pris en flagrant délit de rhétorique haineuse anti-juive.

Ces règles, que la conférence du Parti travailliste a adoptées mardi, « rendent finalement plus facile l’expulsion des antisémites », a écrit l’observatoire ‘Campagne contre l’antisémitisme’ dans un communiqué, même si, ajoute-t-il, « elles ne rendent pas plus aisé de prouver qu’un antisémite l’est effectivement, ce qui est une partie majeure du problème rencontré par la formation du Labour. »

Ces règles, qui ont été soutenues par le chef du parti, Jeremy Corbyn, ainsi que par le Conseil national de la formation, renforcent le positionnement du Labour envers les membres antisémites ou utilisant d’autres formes de discours de haine, notamment le racisme, l’islamophobie, le sexisme et l’homophobie.

L’une de ces nouvelles règles décrète que l’exclusion surviendra dans le cas d’un membre « qui croit ou exprime sa croyance dans une opinion » qui implique un préjugé.

Mais la règle ne définit pas ce qui constitue de l’antisémitisme. Corbyn a soutenu une définition adoptée au début de l’année par le gouvernement britannique. Basée sur celle de l’Alliance internationale de commémoration de l’Holocauste, elle inclut des exemples de diabolisation d’Israël, mais il n’a pas été encore déterminé si le Labour suivrait cette définition pour décider de ce qui constituera de l’antisémitisme.

Le président du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn (à droite), avec le président du Board of Deputies of British Jews, Jonathan Arkush (au centre) et sa directrice Gillian Merron (à gauche), le 9 février 2016. (Autorisation)
Le président du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn (à droite), avec le président du Board of Deputies of British Jews, Jonathan Arkush (au centre) et sa directrice Gillian Merron (à gauche), le 9 février 2016. (Autorisation)

Suite à la conférence, Corbyn a expliqué que l’antisémitisme est « totalement opposé aux croyances du parti. »

« Ce n’est pas un mauvais parti », a-t-il dit devant les caméras de Channel 4 News. « Personne ne devrait subir de mauvais traitements, peu importe qui il est. »

Le Conseil représentatif des Juifs britanniques (Board of Deputies of British Jews), a salué ces nouvelles règles mais a ajouté dans un communiqué qu’il examinerait leurs mises en œuvre.

« Est-ce que ceux qui ont avec malveillance mis en doute le récit historique de la Shoah, ceux qui se sont engagés dans des théories conspirationnistes anti-juives ou qui ont appelé les Juifs à être exclus du Labour seront encore les bienvenus au sein du parti, ou seront-ils jetés dehors comme cela devrait manifestement être le cas ? », est-il écrit dans le communiqué.

Ces nouvelles règles suivent l’éclatement d’un nouveau scandale au sein du Labour. Lors d’un événement organisé en marge de la conférence principale de la formation à Brighton, l’auteur israélo-américain et militant pro-palestinien Miko Peled (qui n’est pas membre du Labour) a déclaré qu’on devrait avoir le droit de mettre en doute la réalité de la Shoah, au nom de la liberté d’expression.

Le négationnisme est illégal au Royaume-Uni.

Tom Watson, vice-président du Labour, a juré que le parti ouvrirait une enquête sur cet intervenant et a indiqué être écœuré par le fait que le parti lui ait offert une plate-forme.

JTA a contribué à cet article.

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