Torrent d’antisémitisme après la révélation de fuites au bac dans un lycée juif
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Torrent d’antisémitisme après la révélation de fuites au bac dans un lycée juif

"Ils sont protégés, la Justice va classer l'affaire... Pas étonnant qu'il y ait de bons résultats dans ce lycée... BHL et Finkielkraut ne sont pas loin…", dit un usager de Twitter

Vue sur Créteil (Crédit : CC BY Christophe Pinard/Flickr)
Vue sur Créteil (Crédit : CC BY Christophe Pinard/Flickr)

Ce vendredi, Le Parisien révélait que la fuite du sujet de mathématique du bac s’était produite au sein de l’un des meilleurs lycées de France : le lycée juif Ozar-HaTorah, à Créteil.

Depuis, suspecté d’être à l’origine des faits, un surveillant du lycée a été mis en examen. Sa compagne et deux élèves ayant acheté les sujets ont également été arrêtés.

« Mon client a été pris en tenaille entre la situation d’un établissement privé qui a besoin de résultats, et des élèves avec qui il cultive une proximité au quotidien et qu’il peut facilement contacter », a expliqué Me Samuel Habib, avocat du surveillant. L’homme aurait également été acculé par sa hiérarchie afin d’aider ses élèves et de permettre au lycée de retrouver son taux de 100 % de réussite à l’examen.

S’il n’avait confié les sujets qu’à une poignée d’élèves, ceux-ci ont très vite partagé les sujets avec d’autres lycéens via messageries privées et forums. Selon un élève interrogé par Le Parisien et perquisitionné ces derniers jours, « tous les lycéens du 16e avaient eu connaissance de ce sujet le matin de l’épreuve. La diffusion a été très rapide ».

Suite à la révélation de l’incident, de nombreux messages antisémites ont été postés les jours suivants sur les réseaux sociaux.

« Ils sont protégés, la Justice va classer l’affaire… Pas étonnant qu’il y ait de bons résultats dans ce lycée… BHL et Finkielkraut ne sont pas loin… », a-t-on notamment pu lire. Ou encore : « Si c’était arrivé dans un lycée musulman, cela ferait la une de BFM. »

Le compte Twitter @brabracoms a lui écrit : « Ces gens sont des menteurs, tricheurs, voleurs, ils sont détestables. Le monde entier commence à les détester. »

« Étonnamment, les auteurs (souvent anonymes) ne prennent même plus la peine de se dissimuler derrière l’anti-sionisme… », a constaté Frédéric Métézeau, dans sa chronique matinale pour France Inter ce lundi.

« Mais surtout, il est intéressant de voir que nos collègues du Parisien, n’ont pas mentionné qu’Ozar-HaTorah était un lycée de confession juive, a-t-il ajouté. Ils pensaient sans doute bien faire et limiter les commentaires extrémistes car oui, aujourd’hui, nous journalistes hésitons à donner toutes les informations (ce qui est pourtant la base de notre métier) quand nous savons que cela peut exciter les haines. »

Et de conclure : « Dans le même esprit, fallait-il en parler, ce matin, sur France Inter, à une heure de grande écoute ? En parler c’est faire écho au phénomène… Se taire c’est faire l’autruche et risquer que ce soit encore pire la prochaine fois… »

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