Touma-Sliman: L’appui d’Israël à l’émigration de Gaza, un « nettoyage ethnique »
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Touma-Sliman: L’appui d’Israël à l’émigration de Gaza, un « nettoyage ethnique »

Le ministère des Affaires étrangères de l'AP a exprimé son inquiétude face à la promotion par Israël de l'émigration depuis Gaza, la qualifiant "d'extrêmement dangereuse"

La députée Aida Touma-Sliman de la Liste arabe unie lors du lancement de la campagne en hébreu de l'alliance à Tel Aviv, le 20 août 2019 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)
La députée Aida Touma-Sliman de la Liste arabe unie lors du lancement de la campagne en hébreu de l'alliance à Tel Aviv, le 20 août 2019 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Une députée de la Liste arabe unie a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’apporter son soutien au « nettoyage ethnique » après la déclaration d’un responsable qui a indiqué qu’Israël faisait la promotion active de l’émigration des Palestiniens dans la bande de Gaza vers d’autres pays.

« [Netanyahu] mérite de prendre place sur le banc des accusés [à la Cour Pénale Internationale] de la Haye pour tous les crimes qu’il a commis et qu’il prévoit de commettre », a indiqué la parlementaire Aida Touma-Sliman lors du lancement de la campagne en hébreu de la Liste arabe unie, à Tel Aviv.

« Nous avons découvert hier que [Netanyahu] prévoit d’ouvrir les portes de Gaza pour procéder à un nettoyage ethnique, pour encourager les résidents de Gaza à partir », a-t-elle ajouté.

Lundi, un haut-responsable israélien a expliqué que l’Etat juif était prêt à assumer les coûts nécessaires pour aider les Gazaouis à émigrer et qu’il réfléchissait même à les laisser utiliser un terrain d’aviation, proche de Gaza, pour leur permettre de rejoindre leurs nouveaux pays d’accueil, a déclaré l’officiel, faisant apparemment référence à des bases des forces aériennes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), s’entretient avec un officier de Tsahal près de la frontière avec la bande de Gaza, le 28 mars 2019. (Kobi Gideon/GPO)

Plus de 35 000 Gazaouis ont quitté la bande en 2018, a-t-il ajouté, sans inclure dans ce nombre les personnes parties mais revenues ultérieurement.

Selon le responsable, des pays européens et du Moyen-Orient ont été approchés par Israël pour accepter les habitants de Gaza souhaitant quitter l’enclave côtière mais aucun d’entre eux n’a accepté de les intégrer chez eux.

Il a ajouté que le Conseil national de sécurité avait pris la tête de cette initiative, avec la bénédiction de Netanyahu, depuis environ un an et que le programme avait été évoqué à plusieurs occasions par le cabinet de sécurité.

Le groupe terroriste du Hamas – qui s’est emparé par la force de Gaza en 2007, amenant Israël et l’Egypte à mettre en place un blocus – a imposé des mesures pour réduire la vague d’émigration, selon un article paru au mois de mai dans le quotidien Haaretz.

Gaza partage un poste frontalier civil avec la bande, très contrôlé et utilisé, en général, pour des cas humanitaires. La majorité des Gazaouis quittent l’enclave côtière par le poste frontalier de Rafah avec l’Egypte, qui n’est ouvert que de manière sporadique.

Tandis que le point de passage ne sert, à la base, que pour de brefs déplacements hors de la bande, de nombreux résidents de cette dernière – principalement des jeunes diplômés – utilisent le poste de Rafah pour prendre la fuite définitivement, cherchant habituellement à obtenir le statut de réfugié en Europe.

Des Palestiniens chargent des sacs dans un bus avant de partir pour l’Egypte via le poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 septembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Après le lancement de la campagne de la Liste arabe unie, Touma-Sliman a reconnu que le choix du lieu était une indication des efforts livrés par le parti pour faire appel au vote juif.

« Nous nous présentons pour permettre aux citoyens de mener la bataille qui doit être livrée dans ce pays. Oui, nous ne voulions pas et nous ne voulons pas Netanyahu comme Premier ministre. Et si cela dépendait de nous, il ne mériterait même pas de siéger à la Knesset », a-t-elle déclaré.

Touma-Sliman a également fait part de certains des principaux plans de campagne de la formation.

« Nous voulons prendre en charge la lutte contre l’occupation en votre nom, contre les crimes des implantations, nous voulons dénoncer à voix forte l’accord du siècle de Trump », a-t-elle dit, employant un terme largement utilisé désignant le plan de paix israélo-palestinien de l’administration américaine qui n’a pas encore été révélé.

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a de son côté exprimé son inquiétude, mardi, face à la promotion par Israël de l’émigration depuis la bande de Gaza, la qualifiant « d’extrêmement dangereuse ».

Il a également accusé l’Etat juif de « prendre pour cible les moyens d’existence des Palestiniens et de Gaza et de serrer la vis pour les motiver à émigrer ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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