Tous les malades du coronavirus fabriqueraient des anticorps
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Tous les malades du coronavirus fabriqueraient des anticorps

Selon des chercheurs de l'université de Tel Aviv, l'immunité contre la réinfection des patients touchés par le coronavirus est prometteuse

Un assistant de laboratoire tient un échantillon de sang qui sera analysé pour dépister l'éventuelle présence d'anticorps COVID-19, le 28 avril 2020, à Houston au Texas. (AP Photo/David J. Phillip)
Un assistant de laboratoire tient un échantillon de sang qui sera analysé pour dépister l'éventuelle présence d'anticorps COVID-19, le 28 avril 2020, à Houston au Texas. (AP Photo/David J. Phillip)

Tous ceux qui contractent le coronavirus fabriquent des anticorps, ont déterminé des chercheurs de l’université de Tel Aviv, qui estiment que cela rassure sur le sujet incertain de l’immunité.

« Ce que nous avons trouvé est rassurant », commente l’immunologiste Mordechai Gerlic auprès du Times of Israël. « Nous avons des résultats optimistes. »

Le sujet des anticorps et de l’immunité contre les coronavirus fait l’objet de nombreuses incertitudes. Il a été rapporté que des personnes pourraient être réinfectées par le nouveau coronavirus peu après leur rétablissement, bien qu’il y ait des spéculations sur le fait qu’il pourrait s’agir de problèmes liés aux tests. Et l’on craint que si certains patients produisent des anticorps, d’autres ne le font pas.

Mais le professeur Gerlic affirme que ses dernières recherches indiquent que toute personne contaminée développe des anticorps essentiels pour lutter contre la réinfection. Il a testé 70 patients Covid-19 hospitalisés à l’hôpital HaSharon de Petah Tikva, et a constaté que tous sauf un présentaient des anticorps. Il soupçonne que l’exception était un faux négatif, et effectue un nouveau test.

Mordechai Gerlic (assis) et Ariel Munitz (debout) du Centre de lutte contre les pandémies de l’Université de Tel Aviv. (Yoav Biran)

Le chercheur a également constaté que dans le cas du coronavirus, le principal type d’anticorps qui assure généralement la protection contre les virus, les IgG, ne diminue que légèrement dans les deux premiers mois suivant l’apparition des symptômes – même si les niveaux d’autres types d’anticorps moins importants baissent fortement. « L’IgG est le type d’anticorps que nous considérons comme nous donnant une immunité de longue durée, et il est toujours présent en grande quantité après 60 jours, ce qui est rassurant », indique-t-il.

M. Gerlic laisse entendre que cela s’ajoute à un ensemble croissant de recherches visant à contrer les craintes que les patients touchés par le Covid ne soient pas immunisés, même immédiatement après leur rétablissement, et déclare que, bien qu’il ne puisse pas affirmer avec certitude combien de temps les niveaux d’IgG resteront élevés chez les patients guéris, il est optimiste.

Mordechai Gerlic (à gauche) et Ariel Munitz du Centre de lutte contre les pandémies de l’Université de Tel Aviv. (Autorisation de l’Université de Tel Aviv)

Mordechai Gerlic et son collègue, le professeur Ariel Munitz, ont découvert que les patients gravement malades développaient le même niveau d’anticorps que les autres.

Ariel Munitz explique : « C’est important, car on aurait pu penser que les personnes gravement malades devenaient si malades parce qu’elles ne développaient pas une quantité suffisante d’anticorps, et étaient donc incapables de combattre le virus efficacement. »

Les chercheurs ont découvert que les anticorps se développent en fait plus rapidement chez les patients atteints d’infections graves, et estiment que cela donne lieu à une hypothèse intéressante. Certaines recherches ont suggéré que chez les patients atteints de formes graves, le système immunitaire entre en surcharge et finit par leur nuire. M. Munitz souligne que les observations de son équipe pourraient appuyer cette idée.

M. Munitz rapporte au sujet des patients graves qu’il a observés : « Nous supposons que le développement rapide des anticorps chez ces patients indique que leur système immunitaire est hyperactif, mais cette hypothèse nécessite des recherches plus approfondies. »

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