Triple meurtre en Basse-Galilée sur fond de flambée de violence dans la société arabe
Les victimes, issues d’une même famille, auraient été abattues près de leur domicile ; le président Herzog qualifie la situation "d'état d’urgence national "
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Trois hommes ont été abattus à Suweid Hamira, en Basse-Galilée, a annoncé jeudi la police, alors que la criminalité violente continue de s’intensifier dans les localités arabes à travers le pays.
Deux des hommes ont été retrouvés morts par balle, selon les secouristes du Magen David Adom. Un troisième, grièvement blessé, a été transporté à l’hôpital Rambam, où il a succombé à ses blessures.
Les médias les ont identifiés. Les trois victimes étaient Ibrahim Suweid, 64 ans, son fils Ishak Suweid, 28 ans, et un membre de leur famille, Bassal Suweid, 25 ans.
La police a indiqué que la fusillade serait liée à des rivalités entre groupes criminels organisés.
Selon Ynet, des tirs ont d’abord visé un véhicule conduit par Bassal Suweid. Ishak, qui se trouvait dans la voiture avec lui, aurait quitté le véhicule et couru vers sa maison située à proximité, frappant à la porte pour s’y réfugier. Lorsque son père, Ibrahim, a ouvert la porte, les deux hommes ont été atteints par des tirs.
Les trois hommes appartenaient à la famille Suweid, engagée dans une querelle violente de longue date avec la famille criminelle Haldi – une querelle qui aurait fait 24 morts au fil des ans, selon Kan.
Le commissaire général de la police Daniel Levy s’est rendu sur place et il s’est entretenu avec des officiers supérieurs afin de déterminer les mesures à prendre face aux tensions persistantes entre groupes criminels, selon un communiqué de la police.
Ces meurtres portent à huit le nombre de morts violentes dans la communauté arabe israélienne depuis le début de la semaine, et à 35 depuis le début de l’année, selon l’Abraham Initiatives, qui recense les victimes arabes d’homicides.
« On nous a brutalement annoncé la catastrophe », a déclaré Mahmoud Suweid, un membre de la famille, à Ynet. « Ils ont abattu le père à l’entrée de sa maison. »
« Le pays doit se réveiller », a-t-il ajouté, appelant le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur à rendre visite à la famille pour lui présenter leurs condoléances et « s’excuser de ne pas avoir pu protéger la vie de leurs citoyens ».
Suweid a prédit que si le problème n’était pas résolu, les crimes violents se propageraient de la communauté arabe à la communauté juive, avec « un coût énorme ».
Mardi soir, trois hommes originaires de la ville arabe de Tira, dans le centre du pays, ont été tués lors d’une fusillade sur l’autoroute. Quelques heures plus tôt, un Israélien arabe de 26 ans avait été abattu à Ibillin, dans le nord, le deuxième meurtre dans cette localité en moins d’une journée.
Réagissant aux meurtres de mardi, le président Isaac Herzog a déclaré jeudi que la violence meurtrière dans la communauté arabe constituait un « état d’urgence national » ayant des répercussions sur la sécurité de l’ensemble du pays.
« Il ne s’agit pas d’une simple “statistique communautaire”, mais d’une tragédie israélienne douloureuse », a affirmé Herzog. « Il est temps de se réveiller. Le sang versé dans les rues de la société arabe est celui de citoyens du pays, et la criminalité rampante constitue un danger clair et immédiat pour toute la société israélienne. Oui, pour toute la société. »
« Nous sommes en état d’urgence national. Cette violence ne s’arrêtera pas aux frontières de tel ou tel village ; c’est un fléau qui ronge les fondements de notre société tout entière. Les forces de l’ordre et les responsables politiques doivent unir leurs efforts », a-t-il ajouté.
L’année dernière a été la plus meurtrière jamais enregistrée dans la société arabe, avec 252 personnes qui ont été tuées dans des incidents violents. De nombreux responsables arabes accusent les forces de l’ordre de négligence.
La multiplication des crimes mortels a déclenché des manifestations dans des villes et villages arabes ces dernières semaines, culminant, le week-end dernier, avec une importante manifestation arabo-juive à Tel Aviv exigeant que le gouvernement mette enfin un terme aux violences.
Certains critiques accusent le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui supervise la police, d’avoir aggravé la situation. Si la violence meurtrière était déjà en hausse avant son entrée en fonction en 2023, le taux d’homicides dans la société arabe a depuis doublé et continue d’augmenter. À son arrivée au pouvoir, Ben Gvir avait annulé un plan majeur de lutte contre la criminalité dans la société arabe qui avait été mis en place par le gouvernement précédent.
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