Trump à Netanyahu : Jérusalem n’est plus à l’ordre du jour dans les négociations
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Trump à Netanyahu : Jérusalem n’est plus à l’ordre du jour dans les négociations

Le président américain a estimé que les Palestiniens avaient "manqué de respect" en refusant de rencontrer Pence, et menacé de suspendre des aides s'ils refusent de négocier

Le président américain  Donald Trump montre le protocole signé reconnaissant Jérusalem en tant que capitale de l'Etat juif dans la salle de réception diplomatique de la Maison Blanche le 6 décembre 2017  (Crédit : AFP PHOTO / SAUL LOEB)
Le président américain Donald Trump montre le protocole signé reconnaissant Jérusalem en tant que capitale de l'Etat juif dans la salle de réception diplomatique de la Maison Blanche le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Depuis le Forum économique mondial, à Davos, le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que « la question de Jérusalem n’est plus à l’ordre du jour » dans les futures négociations avec les Palestiniens.

« De nombreuses discussions avec Israël sont en cours, sur de nombreux sujets, notamment le commerce », a expliqué Trump. « Mais le vrai changement, et c’est quelque chose qui est à la fois historique et important, c’est le fait que nous déplacions l’ambassade à Jérusalem », a-t-il dit, avant d’ajouter que « nous n’y sommes pas encore ».

« Nous prévoyons qu’une version réduite [de l’ambassade] soit opérationnelle au cours de l’an prochaine », a déclaré Trump à Netanyahu.

Le président Donald Trump a estimé jeudi que les Palestiniens avaient « manqué de respect » aux Etats-Unis et annoncé la suspension de plusieurs centaines de millions de dollars d’aide, à moins qu’ils n’acceptent de participer à des pourparlers de paix sous l’égide de Washington.

« Ils nous ont manqué de respect la semaine dernière en refusant de recevoir notre excellent vice-président », Mike Pence, a déclaré Trump, lors d’une rencontre chaleureuse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Forum de Davos, en Suisse. « Nous leur avons donné des centaines de millions » et « cet argent ne leur sera plus versé à moins qu’ils s’assoient et négocient la paix », a-t-il déclaré.

« Ils doivent faire preuve de respect à l’égard des États-Unis, ou nous n’irons pas plus loin. »

« Le sujet le plus difficile des discussions était Jérusalem. Nous avons retiré Jérusalem (des pourparlers), donc nous n’avons plus à en discuter », a martelé Donald Trump.

« Mais [les Palestiniens] doivent aussi respecter ce processus, et ils doivent respecter le fait que les États-Unis les ont énormément soutenus au fil des ans, d’un point de vue financier, entre autres. Donc nous verrons ce qu’il adviendra ce de processus de de paix. Mais ils doivent faire preuve de respect à l’égard des États-Unis, ou nous n’irons pas plus loin. »

« Nous avons une proposition de paix. C’est une excellente proposition pour les Palestiniens (…) nous allons voir ce qu’il se passe », a-t-il poursuivi. Les Israéliens « veulent faire la paix et j’espère que les Palestiniens veulent faire la paix. S’ils le souhaitent, tout le monde sera satisfait au final », a-t-il conclu.

Le président américain a ravivé la vieille querelle sur Jérusalem le 6 décembre en annonçant reconnaître la ville comme la capitale d’Israël. Il rompait ainsi avec des décennies de consensus international selon lequel le statut final de la cité trois fois sainte –l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien– devait être réglé par la négociation.

Pour la direction palestinienne, cette décision a achevé de discréditer les Etats-Unis dans le rôle de médiateur de l’effort de paix.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a gelé les contacts avec les responsables américains, cherchant ailleurs des soutiens dans sa quête d’un Etat indépendant.

Des responsables palestiniens ont rejeté les pressions du président Donald Trump pour les faire revenir aux négociations avec Israël sous les auspices des Etats-Unis.

Le secrétaire général de l’OLP Saëb Erakat a accusé le président Trump de se « livrer à un chantage et de punir le peuple palestinien ».

« Le président Trump pourrait acheter beaucoup de chose avec son argent mais il ne pourra pas acquérir la dignité de notre nation », a-t-il affirmé dans un communiqué.

« Refuser de rencontrer votre oppresseur, ce n’est pas manquer de respect, c’est se respecter soi-même », a déclaré à l’AFP Hanan Ashrawi, haute dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le porte-parole de la présidence de l’Autorité palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a de nouveau rejeté toute tractation sous médiation américaine tant que les Etats-Unis ne reviendraient pas sur la décision annoncée le 6 décembre de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« L’administration américaine continue à s’exclure de la table des négociations si elle ne revient pas sur sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël », a-t-il dit à l’AFP.

Amr Moussa, ancien chef de la Ligue arabe, a déclaré jeudi que les efforts mis en œuvre par le président américain Donald Trump pour parvenir à un accord de paix humiliait les Palestiniens.

« Si l’objectif du président Trump est de s’assure que l’une des parties ressortent vainqueur et l’autre soit un perdant humilié, alors rien ne sortira de ce plan de paix », a déclaré Moussa à Walla News, en marge du Forum de Davos.

« Toutes les questions doivent être sur la table, et les deux parties doivent être prêtes à faire des compromis », a-t-il dit. « Les Palestiniens n’iront nulle part avec un pistolet sur la tempe. »

Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales de Donald Trump au Moyen-Orient, a déclaré que les Etats-Unis continueraient à travailler avec leurs alliés afin de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien « au bon moment ».

« Aujourd’hui, avec un groupe de chefs de mission de l’UE, j’ai échangé avec l’Autorité palestinienne. Nous travaillerons ensemble au bon moment avec tous nos amis et alliés en Europe et au-delà afin de faire avancer notre objectif de paix », a écrit Greenblatt sur Twitter.

« La route vers une paix durable exige des efforts et le soutien de nombreuses personnes », a-t-il dit.

Greenblatt est arrivé hier en Israël afin de rencontrer les envoyés du Quartet du Moyen-Orient dans le but de parvenir à un accord israélo-palestinien, alors que la crise diplomatique entre Ramallah et Washington perdure suite à la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël le mois dernier.

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