Rechercher

Trump mise sur les sanctions pour faire céder Téhéran plutôt que renouer le dialogue

Washington ne négocie pas avec Téhéran et pourrait viser les banques chinoises ; le chef de la diplomatie iranienne reçoit son homologue qatari pour parler d’Ormuz

Le président américain Donald Trump s’apprête à embarquer à bord d’Air Force One, à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, le 27 août 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)
Le président américain Donald Trump s’apprête à embarquer à bord d’Air Force One, à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, le 27 août 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)

Le président américain Donald Trump ne souhaite plus reconduire l’accord provisoire conclu avec Téhéran en juin et entend désormais miser sur la pression économique pour obtenir des conditions plus favorables en vue de mettre fin à la guerre, selon des sources qui se sont entretenues jeudi avec le Times of Israel.

Trump a lui-même déclaré aux journalistes que ses nouvelles sanctions contre la République islamique pourraient également viser les banques chinoises qui commercent avec elle. Il a par ailleurs affirmé qu’aucune négociation n’était actuellement en cours entre Washington et Téhéran, alors même que le chef de la diplomatie iranienne recevait son homologue qatari, un médiateur clé, pour discuter du détroit d’Ormuz.

L’ancien chef du Mossad David Barnea, l’un des architectes de la guerre américano-israélienne contre la République islamique, a pour sa part salué les nouvelles sanctions de Trump, tout en affirmant qu’il n’y aurait d’autre choix que « d’intensifier les actions économiques, diplomatiques et opérationnelles » contre le régime iranien jusqu’à sa chute.

Ces sanctions, présentées lundi par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, visent les actifs numériques et les secteurs de la technologie, de l’or, de l’aviation et du transport maritime de la République islamique. Des sanctions secondaires pourraient également frapper des entités basées aux Émirats arabes unis, à Hong Kong, en Chine, à Singapour et en Europe impliquées dans le transport de pétrole iranien.

Selon un responsable américain interrogé par le Times of Israel, Trump compte sur les sanctions pour contraindre le régime iranien à capituler et à accepter des conditions plus favorables concernant la limitation de son programme nucléaire et la réouverture du détroit d’Ormuz.

Confirmant certains éléments d’un précédent article du Wall Street Journal, un haut diplomate de l’un des pays médiateurs a indiqué que Trump avait désormais écarté l’idée de relancer le mémorandum d’entente conclu en juin, abandonné quelques jours seulement après sa signature en raison de désaccords sur le détroit d’Ormuz.

Si le Qatar et le Pakistan ont bien tenté de remettre cet accord sur les rails ou d’en négocier un nouveau sur des bases similaires, Trump leur a fait savoir qu’il n’était plus prêt à en accepter les termes, reprochant aux Iraniens de s’être trop souvent dérobés à la dernière minute, selon le diplomate.

Pour que la stratégie de Trump porte ses fruits, les États-Unis devraient être prêts à maintenir la pression suffisamment longtemps pour faire céder Téhéran, a poursuivi le diplomate, qui s’est dit sceptique quant à la capacité de l’administration Trump à tenir dans la durée, alors que la guerre est impopulaire auprès des Américains.

S’adressant aux journalistes dans le Bureau ovale, Trump a assuré ne vouloir « ni parler » aux dirigeants iraniens, « ni les rencontrer ni rien ».

Interrogé sur d’éventuelles sanctions contre la Russie pour la poursuite de ses échanges avec la République islamique, Trump a répondu que « ça dépend », avant de porter un jugement plutôt favorable sur l’attitude de Moscou, estimant que « jusqu’à présent, la Russie s’est plutôt bien comportée en ce qui concerne le détroit d’Ormuz ». « Il faut comprendre une chose : tout ce qu’ils font, nous le faisons aussi », a-t-il ajouté.

À la question de savoir s’il comptait également sanctionner les banques chinoises qui commercent avec la République islamique, Trump a entretenu le doute.

« Qui vous dit que je ne le fais pas ? Vous ne savez pas si je le fais… Je ne vais quand même pas tout vous dire, non ? », a-t-il répondu aux journalistes.

Barnea : les sanctions ne sont qu’une « étape de plus » vers la chute du régime iranien

Barnea, l’ancien chef du Mossad, a qualifié les nouvelles sanctions de Trump de « simple étape supplémentaire » visant à renverser le régime iranien par une escalade des attaques, lors d’un discours qui a été prononcé jeudi lors d’une cérémonie organisée en son honneur par la municipalité de Jérusalem.

Avant la guerre que les États-Unis et Israël avaient lancée conjointement, à la fin du mois de février, « nous avions le sentiment que l’Iran était le problème de l’État d’Israël, que nous devions agir et nous sacrifier seuls pour faire face à cette menace », a expliqué l’ancien chef des services secrets, qui a été remplacé en juin par Roman Gofman après cinq ans à la tête du Mossad.

« Aujourd’hui, le monde entier sait que la question iranienne ne nous concerne pas uniquement », a dit Barnea. « Le monde commence à comprendre que si le problème n’est pas résolu, il touchera tout le monde et partout, que ce soit par des missiles balistiques, le terrorisme ou des armes nucléaires de destruction massive, si jamais (l’Iran) devait en posséder ».

Le chef du Mossad, David Barnea, assiste à une cérémonie organisée au musée mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem, alors qu’Israël célèbre la Journée du souvenir de la Shoah, le 23 avril 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Le président Trump, à qui nous devons une grande reconnaissance, comprend bien que le régime radical iranien ne doit pas être laissé en place. La décision prise d’imposer les sanctions les plus sévères à l’Iran a été une décision juste et bienvenue, mais ces sanctions ne constituent qu’une étape de plus », a poursuivi Barnea. « À mon avis, nous n’aurons d’autre choix que d’intensifier les actions économiques, diplomatiques et opérationnelles contre ce régime jusqu’à ce qu’il tombe — et il tombera. »

« Les citoyens iraniens aspirent à sa chute — ils en ont besoin pour entrevoir un peu de lumière », a-t-il ajouté. « Le monde occidental éclairé le souhaite, et il est mené par les États-Unis et Israël avec une détermination plus forte que jamais. »

L’Iran et le Qatar tiennent des pourparlers sur Ormuz alors que le blocus américain étouffe l’approvisionnement en carburant

Depuis le début de la guerre, l’Iran exerce un contrôle strict sur Ormuz, exigeant des navires qu’ils obtiennent une autorisation pour transiter par ce détroit et attaquant ceux qui ne se conforment pas à cette règle.

Un contre-blocus lancé par les États-Unis contre les ports iraniens en avril a étouffé l’approvisionnement en carburant de l’Iran, alors que le pays connaît déjà une pénurie interne.

Jeudi, le service britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO) a indiqué qu’un « projectile non identifié » avait touché un pétrolier dans le détroit d’Ormuz cette semaine, provoquant un incendie qui a ensuite été maîtrisé.

Jeudi également, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré son homologue qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, à Téhéran pour des pourparlers sur le détroit, qui acheminait environ un cinquième des expéditions commerciales mondiales de pétrole avant la guerre.

La visite d’Al Thani a fait suite à une semaine de diplomatie intense en Iran, marquée par des réunions distinctes avec le chef de la diplomatie omanaise et de hauts responsables pakistanais, visant à trouver des moyens de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et de rouvrir le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué publié à l’issue des entretiens, Al Thani a déclaré que ces derniers avaient porté sur les efforts visant à apaiser les tensions et à renforcer la sécurité dans la région.

« Le Qatar estime que le dialogue et la diplomatie restent le meilleur moyen de surmonter les crises », a-t-il écrit sur le réseau social X. « Les discussions ont souligné l’importance de respecter la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, conformément au droit international. »

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a indiqué qu’Al Thani et Araghchi avaient discuté du cadre proposé par l’Iran et Oman pour le détroit d’Ormuz.

Depuis plusieurs semaines, l’Iran est en pourparlers avec Oman, qui donne également sur le détroit d’Ormuz, au sujet d’un accord-cadre qui établirait un « couloir temporaire » pour la navigation et qui prévoirait le déminage des zones que Téhéran affirme avoir été minées pendant la guerre.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien a annoncé mercredi que les deux pays s’étaient mis d’accord sur la part de chacun dans les eaux et sur les recettes éventuelles tirées de la gestion de la voie navigable.

Téhéran a néanmoins insisté sur le fait que le détroit ne serait pas rouvert tant que Washington n’aurait pas satisfait à ses exigences, notamment la levée de son blocus naval, le déblocage des avoirs iraniens à l’étranger et la levée des sanctions pétrolières.

Des motards passent devant un panneau publicitaire représentant le président américain Donald Trump immergé au milieu d’explosions, avec la mention « Grande victoire ! Détroit d’Ormuz », à Téhéran, le 24 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Le vice-président iranien Mohammad Jafar Ghaempanah a déclaré mercredi que le blocus américain empêchait son pays d’importer suffisamment d’essence pour combler le déficit de la production nationale.

« La production d’essence est insuffisante, et en raison du blocus naval américain, nous ne pouvons pas en importer », a-t-il dit, selon l’agence de presse officielle IRNA.

Ces derniers jours, de nombreux Iraniens ont été vus en train de faire la queue devant les stations-service. Le chef de cabinet du président, Mohsen Haji-Mirzaei, a déclaré que les quotas d’essence seraient réexaminés, sans donner plus de détails.

L’Iran, grand producteur de pétrole proposant l’un des carburants les moins chers au monde, subventionne fortement l’essence depuis des années, ce qui rend toute modification des prix politiquement sensible.

Des motos et des voitures font la queue devant une station-service à Téhéran, en Iran, le 25 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Alors que les États-Unis cherchent à étrangler l’économie iranienne, les responsables iraniens ont qualifié ces mesures de « politiques vouées à l’échec » qui ne contraindront pas Téhéran à changer de cap.

« Le pays est en pleine guerre économique », a déclaré le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un communiqué relayé par les médias locaux.

« Nous verrons que le gouvernement… vaincra l’ennemi sur ce terrain également », a-t-il ajouté.

Même avant la guerre, l’économie iranienne était déjà mise à mal par des décennies de sanctions internationales, et le pays souffre depuis longtemps d’une inflation chronique et d’une monnaie en perte de valeur.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.