Trump songerait à dévoiler le plan de paix même si Abbas maintient le boycott
La Dixième chaîne cite un responsable américain qui affirme que « tous les pays concernés » qui soutiennent un accord « attendent toujours notre plan »

L’administration Trump pourrait dévoiler publiquement sa proposition de paix israélo-palestinienne, et ce même si l’Autorité palestinienne maintient son refus de reprendre les pourparlers négociés par les Etats-Unis, a annoncé jeudi un reportage télévisé israélien.
Selon le reportage de la Dixième chaîne, des hauts-responsables de l’administration américaine ont déclaré que « tous les pays concernés par un accord de paix attendent toujours notre plan. Ils veulent travailler avec nous et ils comprennent qu’il n’y a pas de substitut aux États-Unis en tant que médiateur. »
Le reportage, qui indiquait qu’une décision finale devait encore être prise par l’administration sur la présentation de sa proposition, a été diffusé après que Jason Greenblatt, le négociateur de paix au Moyen-Orient du président Donald Trump, a affirmé dans deux discours cette semaine que les efforts pour la paix israélo-palestinienne était toujours en cours et a exhorté les Palestiniens à revenir à la table des négociations.
Les responsables américains, qui ont souhaité gardé l’anonymat, ont déclaré que l’une des raisons qui pousserait à présenter le plan publiquement serait pour que la communauté internationale puisse accéder à son contenu.
Trump a déclaré à Davos, en Suisse, la semaine dernière, que les Etats-Unis ont « une proposition pour la paix. C’est une excellente proposition pour les Palestiniens. Je pense que c’est une très bonne proposition pour Israël. »
Il a ajouté : « j’espère que les Palestiniens veulent faire la paix. Et s’ils le font, tout le monde sera très heureux à la fin. »
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas boycotte l’administration Trump depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre. Dans le cadre de sa politique pour faire appel à d’autres intervenants, Abbas devrait se rendre en Russie plus tard ce mois-ci pour des entretiens avec le président Vladimir Poutine, et se rendra également à New York pour s’adresser au Conseil de sécurité de l’ONU.
Greenblatt a lancé ses appels lors d’une conférence politique clé en Israël, puis lors d’une réunion spéciale d’un comité de financement pour les Palestiniens.
« Les Etats-Unis sont plus que jamais déterminés à parvenir à un accord garantissant un avenir pacifique et prospère pour les Israéliens et Palestiniens, c’est pourquoi cette administration continue de travailler sur un plan de paix qui puisse amener les deux parties à la table », a déclaré Greenblatt lors d’un discours mardi à la conférence annuelle de l’Institut israélien d’études stratégiques nationales. Cette conférence attire des responsables de la sécurité d’Israël, des régions palestiniennes, des États-Unis et d’autres pays.
« Il est facile de s’éloigner de la table [des négociations] », a-t-il ajouté, « mais cela n’aide personne et réduit, voire élimine les chances de parvenir à un accord de paix global, ce qui serait terrible pour le peuple palestinien ».
La semaine dernière, Trump a suggéré qu’il pourrait abandonner sa tentative d’accord de paix si les Palestiniens ne revenaient pas à la table des pourparlers.
Les Palestiniens ont boudé la tentative de l’administration Trump de relancer les pourparlers de paix depuis le 6 décembre, date à laquelle Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël.
Greenblatt a déclaré que la reconnaissance de Jérusalem n’était pas une tentative de déterminer un résultat final, comme les Palestiniens l’ont accusé de faire.
« Quand le président Trump a pris sa décision historique de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, il ne réécrivait pas l’histoire, il rétablissait une réalité historique », a-t-il défendu. « Le président a été absolument clair sur le fait que les Etats-Unis n’ont pas préjugé sur les questions de statut final, y compris les limites spécifiques de la souveraineté israélienne à Jérusalem ».
Bien que Trump a déclaré le 6 décembre que la décision n’était pas destinée à affecter les résultats des pourparlers de paix, il a déclaré à deux reprises que sa reconnaissance avait retiré Jérusalem, dont le partie orientale est considéré par les Palestiniens comme la future capitale, « de la table » des négociations.
Greenblatt a également lancé un appel lors d’une réunion à Bruxelles de la commission de liaison ad hoc, un regroupement de pays et d’entités engagés à faire avancer le processus de paix.
Greenblatt a rejeté les affirmations selon lesquelles l’administration Trump décourageait les évolutions à cause de la menace de Trump de réduire le financement versé aux Palestiniens pour leur manque de coopération dans les pourparlers de paix.
« Les Etats-Unis ont été le plus grand donateur des Palestiniens de l’histoire », a-t-il déclaré. « En tant que tel, personne ne devrait nous parler de notre aide financière. »
Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami a participé à la réunion de Bruxelles. C’est la première fois qu’un responsable palestinien travaillait avec des responsables américains depuis l’annonce de Trump sur Jérusalem. Greenblatt a remercié Hamdallah pour sa présence, bien que cela ne représente pas une réintégration des Palestiniens dans les consultations sur un plan de paix.
« Je suis particulièrement heureux de vous voir, monsieur le Premier ministre Hamdallah — ce qui, je l’espère, est un signe de l’engagement continu de l’Autorité palestinienne dans le processus que nous avons entrepris ensemble », a-t-il déclaré.







