Trump songerait à dévoiler le plan de paix même si Abbas maintient le boycott
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Trump songerait à dévoiler le plan de paix même si Abbas maintient le boycott

La Dixième chaîne cite un responsable américain qui affirme que « tous les pays concernés » qui soutiennent un accord « attendent toujours notre plan »

Jason Greenblatt, l'ambassadeur de la paix à l'administration Trump, intervient à la conférence de l'INSS, le 30 janvier 2018 (Crédit : Capture d'écran de l'INSS)
Jason Greenblatt, l'ambassadeur de la paix à l'administration Trump, intervient à la conférence de l'INSS, le 30 janvier 2018 (Crédit : Capture d'écran de l'INSS)

L’administration Trump pourrait dévoiler publiquement sa proposition de paix israélo-palestinienne, et ce même si l’Autorité palestinienne maintient son refus de reprendre les pourparlers négociés par les Etats-Unis, a annoncé jeudi un reportage télévisé israélien.

Selon le reportage de la Dixième chaîne, des hauts-responsables de l’administration américaine ont déclaré que « tous les pays concernés par un accord de paix attendent toujours notre plan. Ils veulent travailler avec nous et ils comprennent qu’il n’y a pas de substitut aux États-Unis en tant que médiateur. »

Le reportage, qui indiquait qu’une décision finale devait encore être prise par l’administration sur la présentation de sa proposition, a été diffusé après que Jason Greenblatt, le négociateur de paix au Moyen-Orient du président Donald Trump, a affirmé dans deux discours cette semaine que les efforts pour la paix israélo-palestinienne était toujours en cours et a exhorté les Palestiniens à revenir à la table des négociations.

Les responsables américains, qui ont souhaité gardé l’anonymat, ont déclaré que l’une des raisons qui pousserait à présenter le plan publiquement serait pour que la communauté internationale puisse accéder à son contenu.

Trump a déclaré à Davos, en Suisse, la semaine dernière, que les Etats-Unis ont « une proposition pour la paix. C’est une excellente proposition pour les Palestiniens. Je pense que c’est une très bonne proposition pour Israël. »

Il a ajouté : « j’espère que les Palestiniens veulent faire la paix. Et s’ils le font, tout le monde sera très heureux à la fin. »

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas boycotte l’administration Trump depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre. Dans le cadre de sa politique pour faire appel à d’autres intervenants, Abbas devrait se rendre en Russie plus tard ce mois-ci pour des entretiens avec le président Vladimir Poutine, et se rendra également à New York pour s’adresser au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de leur rencontre à la résidence du président Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 13 avril 2015. (Crédit : Sergei Ilnitsky/Pool/AFP)

Greenblatt a lancé ses appels lors d’une conférence politique clé en Israël, puis lors d’une réunion spéciale d’un comité de financement pour les Palestiniens.

« Les Etats-Unis sont plus que jamais déterminés à parvenir à un accord garantissant un avenir pacifique et prospère pour les Israéliens et Palestiniens, c’est pourquoi cette administration continue de travailler sur un plan de paix qui puisse amener les deux parties à la table », a déclaré Greenblatt lors d’un discours mardi à la conférence annuelle de l’Institut israélien d’études stratégiques nationales. Cette conférence attire des responsables de la sécurité d’Israël, des régions palestiniennes, des États-Unis et d’autres pays.

« Il est facile de s’éloigner de la table [des négociations] », a-t-il ajouté, « mais cela n’aide personne et réduit, voire élimine les chances de parvenir à un accord de paix global, ce qui serait terrible pour le peuple palestinien ».

La semaine dernière, Trump a suggéré qu’il pourrait abandonner sa tentative d’accord de paix si les Palestiniens ne revenaient pas à la table des pourparlers.

Les Palestiniens ont boudé la tentative de l’administration Trump de relancer les pourparlers de paix depuis le 6 décembre, date à laquelle Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Greenblatt a déclaré que la reconnaissance de Jérusalem n’était pas une tentative de déterminer un résultat final, comme les Palestiniens l’ont accusé de faire.

« Quand le président Trump a pris sa décision historique de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, il ne réécrivait pas l’histoire, il rétablissait une réalité historique », a-t-il défendu. « Le président a été absolument clair sur le fait que les Etats-Unis n’ont pas préjugé sur les questions de statut final, y compris les limites spécifiques de la souveraineté israélienne à Jérusalem ».

Bien que Trump a déclaré le 6 décembre que la décision n’était pas destinée à affecter les résultats des pourparlers de paix, il a déclaré à deux reprises que sa reconnaissance avait retiré Jérusalem, dont le partie orientale est considéré par les Palestiniens comme la future capitale, « de la table » des négociations.

Greenblatt a également lancé un appel lors d’une réunion à Bruxelles de la commission de liaison ad hoc, un regroupement de pays et d’entités engagés à faire avancer le processus de paix.

Le président américain Donald Trump s’entretient avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une réunion bilatérale en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 25 janvier 2018 (AFP PHOTO / Nicholas Kamm)

Greenblatt a rejeté les affirmations selon lesquelles l’administration Trump décourageait les évolutions à cause de la menace de Trump de réduire le financement versé aux Palestiniens pour leur manque de coopération dans les pourparlers de paix.

« Les Etats-Unis ont été le plus grand donateur des Palestiniens de l’histoire », a-t-il déclaré. « En tant que tel, personne ne devrait nous parler de notre aide financière. »

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami a participé à la réunion de Bruxelles. C’est la première fois qu’un responsable palestinien travaillait avec des responsables américains depuis l’annonce de Trump sur Jérusalem. Greenblatt a remercié Hamdallah pour sa présence, bien que cela ne représente pas une réintégration des Palestiniens dans les consultations sur un plan de paix.

« Je suis particulièrement heureux de vous voir, monsieur le Premier ministre Hamdallah — ce qui, je l’espère, est un signe de l’engagement continu de l’Autorité palestinienne dans le processus que nous avons entrepris ensemble », a-t-il déclaré.

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