Tsahal détruit un tunnel d’attaque du Hamas qui pénétrait à 200 mètres en Israël
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Tsahal détruit un tunnel d’attaque du Hamas qui pénétrait à 200 mètres en Israël

L'armée indique que le tunnel de 1 km creusé depuis la ville de Khan Younès au sud de la bande de Gaza est le 15e détruit par Israël depuis l'an dernier

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L'intérieur d'un tunnel d'attaque du Hamas qui pénétrait en territoire israélien et qui a été détruit par l'armée israélienne le 11 octobre 2018. (Armée israélienne)
L'intérieur d'un tunnel d'attaque du Hamas qui pénétrait en territoire israélien et qui a été détruit par l'armée israélienne le 11 octobre 2018. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a détruit jeudi un tunnel qui pénétrait à quelque 200 mètres dans le territoire israélien à partir de la bande de Gaza. Selon l’armée, ce tunnel a été creusé par le Hamas avec des techniques qui le rendent plus difficile à repérer par les systèmes israéliens.

Selon le porte-parole de Tsahal, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, le tunnel partait de la région de Khan Younès au sud de Gaza, et faisait « partie d’un réseau de tunnels militaires reliés entre eux ».

L’armée a indiqué qu’il s’agissait du 15e tunnel détruit par Israël depuis octobre 2017.

Au cours des deux dernières années, l’armée israélienne a utilisé différents moyens technologiques et de renseignement pour localiser ces tunnels souterrains. Israël craint que le Hamas et d’autres groupes terroristes ne commettent des attaques sur le sol israélien grâce aux tunnels.

L’intérieur d’un tunnel d’attaque du Hamas qui pénétrait en territoire israélien et qui a été détruit par l’armée israélienne le 11 octobre 2018. (Armée israélienne)

Le ministère de la Défense est également en train de construire une nouvelle barrière à la fois extérieure et souterraine autour de la bande de Gaza afin de lutter contre ces tunnels. Elle devrait être achevée l’année prochaine.

Conricus n’explique pas les techniques que le Hamas a utilisées dans la construction de ce tunnel pour éviter sa détection par l’armée israélienne.

« Ce tunnel spécial dans sa construction, indique que le Hamas essaie de défier nos mesures de lutte contre les tunnels. Les terroristes modifient la façon dont ils creusent afin que nous ayons plus de difficulté à les détecter », a expliqué M. Conricus.

« Mais nous disposons de différents moyens technologiques qui nous permettent également de contrer ce problème », a-t-il ajouté.

Selon Conricus, le tunnel qui a été détruit jeudi n’était pas « situé à proximité immédiate d’une localité israélienne », mais il était néanmoins considéré comme une menace pour Israël.

Il a précisé que l’armée le surveillait depuis plusieurs mois avant que la décision ne soit prise de le détruire jeudi matin.

Le porte-parole a expliqué qu’il s’agissait d’un tunnel « complexe » avec de « multiples ramifications ».

« Ce tunnel disposait de l’électricité, ainsi que de matériel de communication, et semblait être de grande qualité », a-t-il indiqué.

L’intérieur d’un tunnel d’attaque du Hamas qui pénétrait en territoire israélien et qui a été détruit par l’armée israélienne le 11 octobre 2018. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a accusé le Hamas de s’investir dans ce réseau de tunnels d’attaque « au détriment du bien-être des habitants de la bande de Gaza, ce qui prouve que le Hamas inflige à sa population des souffrances pour mener à bien ses activités terroristes ».

L’armée a estimé que le tunnel représentait « 3 millions de dollars de ciment, d’équipement électrique et des heures de travail. »

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a promis qu’Israël continuerait à lutter contre la menace des tunnels du Hamas.

« Le tunnel terroriste que nous avons détruit ce matin est encore un tunnel que le Hamas n’aura pas lors de la prochaine guerre. Chaque jour, nous progressons vers la destruction de l’arme que constituent ces tunnels », a-t-il déclaré.

Précédemment jeudi, l’armée israélienne a fermé plusieurs routes situées juste à côté de la bande de Gaza alors qu’elle était en train de détruire le tunnel.

Toujours jeudi, le système de défense aérienne Dôme de fer a été déclenché accidentellement. Il a activé inutilement des sirènes de roquettes dans tout le sud d’Israël, selon l’armée. Tsahal a souligné qu’aucune roquette n’avait été tirée sur Israël depuis la bande de Gaza.

« Un missile d’interception a été tiré depuis le système Dôme de fer à la suite d’une identification erronée », a dit l’armée. « Il n’y a pas eu de tirs depuis la bande de Gaza vers le territoire israélien. »

Les militaires n’ont pas précisé ce que le Dôme de Fer avait mal identifié.

Les sirènes ont retenti à 10h07 dans les régions de Shaar HaNeguev et de Sdot Néguev dans le sud d’Israël, au nord-est de Gaza. Des milliers de résidents se sont précipités dans des abris anti-aériens.

L’armée a déclaré qu’elle avait augmenté la sensibilité de ses systèmes de défense aérienne pendant la récente période de tension accrue. C’est ce qui aurait provoqué la fausse alerte.

En mars, les militaires ont tiré 20 missiles d’interception, d’une valeur totale d’environ 1 million de dollars, après que le système a mal identifié les tirs automatiques venant de la bande de Gaza (dans le cadre d’un exercice d’entraînement de l’organisation terroriste du Hamas). Cet épisode équivaut à la simulation d’une attaque de roquettes de grande ampleur.

Les tensions entre Israël et la bande de Gaza dirigée par le Hamas ont augmenté de façon considérable ces dernières semaines. Les négociations entre les deux parties et les pourparlers séparés entre le Hamas et l’Autorité palestinienne se sont aggravés.

Les pourparlers étant au point mort, le Hamas a accéléré le rythme des émeutes et des manifestations contre Israël, dans le but apparent de faire monter la pression sur le gouvernement israélien. Il a aussi créé de nouvelles unités chargées de maintenir les tensions le long de la clôture de la frontière, notamment pendant la nuit et tôt le matin.

Au moins 140 Palestiniens ont été tués lors des manifestations depuis fin mars, selon les chiffres de l’AP. Le Hamas a reconnu que des dizaines de victimes en étaient membres.

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