Tsahal lance une enquête sur les faux chiffres des recrues ultra-orthodoxes
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Tsahal lance une enquête sur les faux chiffres des recrues ultra-orthodoxes

La commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a également annoncé qu'elle allait débattre lundi de cette question

Des soldats du bataillon ultra-orthodoxe Netzah Yehuda de l'armée israélienne sont assis dans un champ sur la base militaire de Peles, dans la vallée du Jourdain. (Yaakov Naumi/Flash90)
Des soldats du bataillon ultra-orthodoxe Netzah Yehuda de l'armée israélienne sont assis dans un champ sur la base militaire de Peles, dans la vallée du Jourdain. (Yaakov Naumi/Flash90)

Mercredi, l’armée israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête sur l’estimation fictive des chiffres des soldats ultra-orthodoxes incorporés dans l’armée, après la diffusion d’un reportage par la chaîne publique Kan.

Selon le reportage, Tsahal a publié, pendant plusieurs années, de faux chiffres sur le nombre d’hommes ultra-orthodoxes ayant rejoint l’armée. Tsahal aurait parfois doublé ou triplé les véritables chiffres, pour donner le sentiment qu’ils étaient plus proches des quotas fixés par la loi que dans la réalité.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a démenti catégoriquement les accusations selon lesquelles les chiffres fictifs s’inscrivaient dans un plan organisé pour tromper les élus ou le public. Selon Tsahal, ce problème est le résultat de méthodes confuses utilisées pour déterminer qui est considéré comme ultra-orthodoxe.

L’armée a déclaré que le chef d’État-major Aviv Kochavi avait chargé le général Roni Numa de mener une enquête sur le sujet. Numa, qui a récemment pris sa retraite, doit établir le nombre exact d’ultra-orthodoxes conscrits entre 2011 et 2018.

La commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a également annoncé qu’elle allait débattre lundi sur la question de ces chiffres, en convoquant des représentants de l’armée et du ministère de la Défense.

Le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi prend la parole lors d’une cérémonie en l’honneur de réservistes exceptionnels de l’armée israélienne à la résidence du président à Jérusalem, le 1er juillet 2019. (Hadas Parush/Flash90)

L’armée a dit que les faux chiffres ont été découverts lors d’un audit interne réalisé il y a quelques semaines. L’information a immédiatement été portée à l’attention de Kohavi, même s’il n’a donné l’ordre à Numa de mener une enquête qu’il y a quelques jours.

« Affirmer que les chiffres sur la conscription des ultra-orthodoxes ont été trafiqués est incorrect », a fait savoir Tsahal. « Une enquête initiale a indiqué qu’il y avait des différences dans le processus de comptage, mais la source de cette différence ne provenait en aucune manière d’une tentative de l’armée de fournir sciemment des chiffres erronés ».

Ces faux chiffres, qui ont été calculés par le service des ressources humaines de Tsahal, ont été envoyés chaque année au chef d’État-major des Armées, au ministre de la Défense et à tous les organes compétents. Les chiffres ont été publiés dans des rapports officiels.

Après la diffusion du reportage de Kan, l’armée a maintenu que les chiffres erronés étaient dus à un changement dans la définition de qui est considéré comme ultra-orthodoxe.

Au départ, Tsahal considérait comme ultra-orthodoxes à la fois les soldats ayant étudié pendant deux ans, ou plus, dans une yeshiva et les recrues respectant un « style de vie haredi ». Ensuite, seuls ceux qui répondaient au premier critère pouvaient être comptés, conformément à la loi.

Selon le reportage de Kan, qui ne citait pas de sources, entre 2011 et 2017, Tsahal aurait inclus, dans son décompte des soldats ultra-orthodoxes, des recrues qui n’étaient pas haredim et certains soldats qui n’étaient même pas religieux.

On ne sait pas clairement comment l’armée avait défini le « style de vie haredi ». Une porte-parole de Tsahal a fait savoir qu’elle examinait la question.

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